Arythmie cardiaque 1 : tout savoir, tout comprendre, que faire ?

Prises en charge de patients et qualité des soins:  progressivement à la dérive et dispendieuses.

Vous sentez votre cœur battre soudainement comme s’il avait perdu son rythme normal. Vos battements de cœur deviennent soudainement perceptibles, donnant l’impression que votre cœur bat trop fort, trop vite ou de manière irrégulière. Est-ce rare ? Non. Est-ce un symptôme dangereux ou pas ? Devez-vous courir chez un médecin, appeler l’ambulance ou pas ? Souvent impressionnantes et sources d’angoisse, savez-vous que ces palpitations sont bénignes dans la majorité des cas?

Savoir reconnaître soi-même ses signes et symptômes pathologiques et leurs causes, se surveiller et se prendre en charge soi-même devient nécessaire.  Par exemple connaître les signes et symptômes cardiaques auxquels vous devez prêter attention pourra faire la différence parce que certaines arythmies nécessitent une prise en charge médicale rapide et d’autres pas. Surtout qu’il est de plus en plus difficile d’être reçu et examiné par un bon médecin, bien formé et expérimenté, parlant couramment notre langue nationale et imprégné de notre culture et de nos valeurs nationales. 

Juste deux exemples pour vous illustrer que nos systèmes de santé se dévoient et que nous courons le risque que, très bientôt, comme c’est déjà le cas au Canada, il ne vous sera permis de poser qu’une seule question au médecin qui vous reçoit en consultation, cela évidemment de plus en plus brièvement, que vous attendrez des mois pour être reçu par un médecin spécialiste, avoir l’IRM que ce dernier vous prescrira, être opéré, etc. 

Premier exemple. Une après-midi d’un jour de semaine, l’épouse retraitée d’un médecin présente une tachyarythmie qui, après quelques heures ne disparaît toujours pas. Son époux appelle le confrère cardiologue (qui l’avait examiné lui) et le prie de faire rapidement un ECG à son épouse, pour appréhender/diagnostiquer cette arythmie. Ce cardiologue répond « allez vite aux urgence de l’hôpital publique… je ne prends pas d’urgence ». Arrivé au service d’urgence de cet hôpital de plusieurs centaines de lits, l’époux demande qu’on fasse un ECG rapidement pour préciser cette tachyarythmie. Bien que ce service d’urgence n’ait eu aucun patient alité à ce moment, mais que des patients assis, donc pas d’urgence vitale, vu le manque de logique médicale et d’encadrement, l’attente se prolonge puis la priorité est donnée par un jeune infirmer à la bureaucratie administrative. Ce dernier, formé dans une Haute Ecole de Santé, remplit des formulaires sur un ordinateur puis prend enfin la pression artérielle, toujours pas d’ECG, puis ordonne à la patiente d’aller s’asseoir avec d’autres patients qui attendent. Après plus d’une heure dans ce service hospitalier d’urgence, toujours sans ECG, la tachyarythmie disparaît, le couple renonce à l’ECG et rentre à la maison. La semaine suivante, curieux plus que préoccupés, ils consultent un cardiologue. Celui-ci adepte de la Via positiva ne trouvant rien de particulier à l’ECG et à l’examen clinique, prescrit un coûteux Holter pour une semaine. Lequel est négatif et ne montre aucun épisode de tachyarythmie. Parce que l’équipe d’un grand service d’urgence n’a pas le sens des priorités en médecine, pas de bref et simple ECG diagnostic mais attente, frustration et coût abusif pour rien! Savez-vous combien de temps prend la réalisation d’un électrocardiogramme (ECG) de repos standard par une infirmière ou un technicien ? Entre 5 et 10 minutes au total. La majeure partie du temps est consacrée à l’installation du patient en position allongée, au déshabillage du haut de son corps et à la pose des électrodes (patches) sur la poitrine, les bras et les jambes. Une fois quon appuie sur le bouton de l’appareil, l’enregistrement de l’activité cardiaque elle-même est très rapide, ne durant généralement que quelques secondes, le plus souvent environ 10 secondes! Les appareils actuels sont computorisés et donnent immédiatement une interprétation de l’ECG. Le contrôle de cette interprétation de l’ECG est faite ultérieurement par un médecin. 

Deuxième exemple. Un médecin octogénaire traité adéquatement pour hypertension et prédiabète avec que deux médicaments spécifiques plus 500 mg d’Aspirine, en bonne santé et condition physique pour son âge,  habituellement bradycarde, présente une arythmie avec une fréquence ventriculaire par minute régulière, autour de 100/min, sans aucun autre signe ou symptôme clinique. Après trois jours d’une dose quotidienne croissante de bêtabloquant sans succès et un sentiment de légère fatigue associée aux doses croissantes de bêtabloquant, suspectant comme étiologie un trouble valvulaire cardiaque, il prend rendez-vous et le jour venu prend sa voiture et va chez un généraliste dans le village voisin pour avoir un ECG et savoir si il a, en particulier, un flutter auriculaire, voire une fibrillation auriculaire et si il nécessite prochainement ou rapidement une échographie cardiaque et/ou une cardioversion. Là, l’appareil d’ECG computorisé affiche immédiatement flutter auriculaire avec une fréquence cardiaque de 92/min, soit guère rapide. Le médecin généraliste panique et, sans vraiment examiner le patient et faire son anamnèse, appelle le service de sauvetage. Le patient lui explique patiemment  qu’il est venu seul en voiture et qu’il se sent tout à fait capable de rentrer chez lui et de se rendre à l’hôpital avec son épouse pour faire une échocardiographie afin de chercher la cause de ce flutter. Ce généraliste persiste, malgré le refus du patient et de son épouse également médecin appelée au téléphone, et aussitôt affirme observer que les deux moitiés du visage de ce confrère présentent une asymétrie et qu’il a certainement fait un accident vasculaire cérébral (AVC), bref qu’il s’agit d’une urgence vitale!  Ce généraliste ne vous semble-t-il pas un médecin incapable de prendre conscience de ses propres problèmes aux racines de ses erreurs, en particulier du phénomène appelé biais cognitif comprenant: biais de confirmation, surconfiance et ancrage avec clôture prématurée ? Ce biais cognitif a comme conséquence qu’un médecin insuffisamment formé, inexpérimenté, stressé ou pas, ne parvient pas à remettre en question son propre jugement malgré des résultats négatifs et le manque d’arguments. Finalement le patient se soumet, craignant que ce médecin généraliste paniqué, incapable de gérer son stress et inexpérimenté, puisqu’il ne l’a guère examiné, se jette sur lui avec ses trois assistantes agitées, pour lui injecter Dieu seul sait quoi ! Il se laisse emmener à un grand hôpital de la ville la plus proche par l’équipe de l’ambulance qui accepte de faire un court détour pour passer à son domicile dans le village voisin, pour laisser les clefs de leur voiture et écouter son épouse. Le lendemain, après admission par le service d’urgence, une échocardiographie montrant une insuffisance de la valve mitrale et de nombreux examens coûteux pour  faire  preuve par A + B de l’absence d’un accident vasculaire cérébral (AVC), le patient rentre chez lui. Curieusement cette fois pas en ambulance, pourtant, il n’avait présenté aucun changement clinique, toujours avec son flutter auriculaire, si ce cet octogénaire était désormais fortement anticoagulé. Une cardioversion, n’a pu être faite qu’après plusieurs semaines sous anticoagulant. Par la suite une échographie cardiaque trans-oesophagienne confirmant une valve cardiaque insuffisante a été faite juste avant que le patient a été pris en charge par un chirurgien cardiaque expérimenté. L’assurance du patient ne recourant même pas à des algorithmes comptables de contrôle n’a pas refusé de payer sa part de ces frais du « sauvetage » urgent indu.

Tant ce médecin généraliste de nationalité étrangère ayant étudié à l’étranger, que le bureau des plaintes du médecin cantonal, que le directeur de l’assurance maladie du patient, que l’ombudsman cantonal, que l’ombudsman fédéral, que l’hôpital et son service de sauvetage ont estimé, d’une part que cette prise en charge avait été adéquate et, d’autre part ont tous conclu que ce médecin n’avait aucun besoin d’améliorer ses connaissances, ses comportements et son expérience en médecine d’urgence, ni de payer lui ces frais d’ambulance absolument non-nécessaires du point de vue médical. Pourtant en Suisse, la loi sur lassurance-maladie (LAMal) exige que tout traitement réponde aux critères EAE d’Efficacité, d’Adéquation et d’Économicité, cela impérativement. En France, La Haute Autorité de Santé (HAS) définit le concept de la qualité des soins comme « le degré avec lequel les soins de santé prodigués à la population atteignent le résultat attendu et sont conformes aux données actualisées de la science ». Une belle définition englobante qui regroupe la sécurité des actes médicaux, leur efficience, leur accessibilité, leur pertinence et la réactivité du système aux attentes des patients, comme vous l’avez tous sûrement vécu.

Conclusion

Si même des médecins sont si peu écoutés et certains de nos médecins si peu efficients…, imaginez ce que vous et les retraités peuvent espérer. Soyons tous bien conscients que:

  1. Actuellement de plus en plus souvent, sauf nous les patients impliqués,  nombreux sont les citoyens-contribuables qui  se foutent des coûts de la santé et de la qualité des soins médicaux. 
  1. Il est donc devenu vraiment nécessaire que chacun de nous acquière rapidement de bien meilleures connaissance en médecine.

PD. Dr. méd. Dominique Schwander

mai 2026

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3 Commentaires

  1. Oops , « J’ai été à moitié étonné sachant que dans sa forme persistante la FA ne fonctionne pas ou peut être sujette à récidive . » Comprenez dans sa forme chronique ( installation définitive ).

  2. Dans le premier exemple donné je pense qu’il s’agissait de fibrillation auriculaire paroxystique !!! .En 2023 au début de mon problème de FA c’est ce qui c’est produit .Puis avec le temps la FA c’est reproduite aléatoirement mais les épisodes étaient plus fréquents dans le temps .Elle c’est transformé en fibrillation auriculaire persistante !!! .Aujourd’hui elle est devenue de la fibrillation auriculaire chronique !!! .J’ai fait de nombreuses recherches sur le sujet , le 13 Mai j’ai subi une cardioversion qui n’a été efficace que 24 heures .J’ai été à moitié étonné sachant que dans sa forme persistante la FA ne fonctionne pas ou peut être sujette à récidive . Mon conseil à tous et plus particulièrement à ceux ayant plus de 50 ans !!! n’hésitez pas a acheter un tensiomètre de qualité qui en plus de prendre votre tension détectera la fibrillation auriculaire , affichera et enregistrera un ECG . https://www.omron-healthcare.fr/produits/complete cout moyen 160 euro

  3. Bonjour @Dr.Dominique Schwander ;

    Merci pour ces deux pages d’articles que vous offrez à RR et donc à ses lecteurs.
    Sans oublier ces remerciements pour toutes vos autres contributions d’utilité publique.