Il faut comprendre que, pour nous, les plus de 60 ans, la lecture quasi quotidienne des faits-divers avec leur lot de maltraitance des seniors au sein même des Ehpad où en principe il y a du monde, de la surveillance, une éthique… ça fait peur !
Alors je commençais à me dire que, finalement, la solution des robots déjà pas mal utilisés au Japon, était une piste à approfondir, d’autant plus que je crois que les progrès font que bientôt les robots ressembleront énormément à des humains.
Mais voilà, j’en discute avec des amis qui ont des objections qui tiennent la route. Je vous fais profiter des arguments des uns et des autres. Et vous, comment voyez-vous les choses ? De toutes les manières, le retour aux pratiques d’autrefois (les aînés restant à la maison, chez leurs enfants, jusqu’au bout) ce n’est plus dans l’air de temps pour tout un tas de raisons, bonnes ou mauvaises. Alors quoi ?

Avec le vieillissement de la population, la question des soins aux personnes âgées devient effectivement urgente. En France, les Ehpad font régulièrement l’objet de scandales liés à la maltraitance, au manque de personnel et à la surcharge des soignants. On me dit qu’ailleurs, en Corée par exemple c’est très différent… Certes mais ce n’est plus la France, plus nos habitudes, plus le français… Dans ce contexte, l’idée de confier une partie des tâches à des robots séduit de plus en plus. La Chine, où plus d’un tiers de la population aura plus de 60 ans en 2035, mise massivement sur cette technologie : des robots comme Xiao Le qui rappellent les médicaments, détectent les chutes, passent des appels vidéo et tiennent compagnie. Ce robot Xiao Le (illustration du paragraphe ci-contre) vient d’ailleurs de réussir son examen pour entrer à la fac de médecins… (une solution pour ne plus avoir à importer des médecins algériens ou autres qui n’ont pas tous une formation correcte ?) Vendus à plus de 100 000 exemplaires en quelques mois, ils apparaissent comme une réponse pratique à la pénurie de main-d’œuvre (près de 3 millions de soignants manquants). Effectivement, un robot ne se fatigue pas, ne s’énerve pas, ne maltraite pas. Il offre une sécurité 24h/24, réduit les risques d’abus et soulage les familles. Pour les tâches répétitives (distribuer des repas, aider à la mobilité, surveiller les constantes vitales), les robots présentent des avantages évidents en termes de fiabilité et de coût à long terme.
Néanmoins l’article de Courrier International met le doigt sur un problème de fond : les êtres humains ont besoin d’empathie véritable. Un robot peut-il vraiment la manifester ?
Moi, en bonne béotienne je serais tentée de répondre : Pourquoi les robots ne pourraient-ils pas manifester de l’empathie s’ils sont codés pour cela ?
Techniquement, les progrès sont impressionnants. Grâce à l’IA, il paraît que les robots peuvent :
– Reconnaître les émotions via la voix, le visage ou la posture.
– Répondre avec des phrases adaptées ( « Je vois que vous semblez triste aujourd’hui, voulez-vous en parler ? » ).
– Simuler de l’humour, de la patience ou de la douceur.
Des robots comme Paro Personal Robot (ci-contre, le bébé phoque thérapeutique) ou d’autres compagnons émotionnels réduisent déjà l’anxiété et la solitude chez les personnes âgées, notamment celles atteintes de démence. Des études montrent qu’ils stimulent les interactions et améliorent l’humeur.
Cependant, de nombreux experts estiment qu’il s’agit d’une simulation, pas d’une émotion réelle. Un robot ne ressent pas la compassion. Il calcule la réponse la plus appropriée selon ses algorithmes. Pour beaucoup de seniors, cette différence est perceptible et peut créer un sentiment de vide ou de déshumanisation. Le soin n’est pas seulement fonctionnel : c’est une relation humaine faite de toucher, d’humour spontané, de silences partagés et d’attention sincère. Déléguer cela entièrement aux machines risque d’augmenter l’isolement émotionnel, même si la sécurité physique est assurée.
Un complément, pas un remplacement ?
La plupart des spécialistes s’accordent sur un scénario hybride :
– Robots pour les tâches logistiques, la surveillance et la stimulation cognitive.
– Humains pour l’empathie, le contact physique et les relations profondes.
Cela permettrait de libérer du temps aux soignants pour qu’ils se concentrent sur ce qu’ils font le mieux : être présents. Les robots pourraient même aider à détecter des signes de maltraitance ou de détresse que des humains épuisés pourraient manquer.
Problèmes à résoudre : coût élevé, protection des données personnelles, acceptation par les seniors (certains y voient une forme de déshumanisation), et, sans doute la question éthique, la plus importante, de créer un attachement à une machine incapable de réciprocité authentique…
Je dirais quant à moi que les robots c’est un outil génial, extraordinaire mais je ne vois pas une société où le robot serait le substitut de tout échange humain. En tout cas on n’en est pas là, peut-être que dans un avenir ( lointain ?) les robots auront remplacé les hommes devenus des ectoplasmes répétant en boucle le coran et auront récréé un monde digne de ce nom avec des robots ? A moins que les Résistants/survivants se soient envolés sur une autre planète avec Elon Musk ?
Christine Tasin
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Relire Asimov…