
Une fois, lors d’une consultation chez mon médecin, une femme gentille marquée par 68, comme toute notre génération, à partir de la situation actuelle, nous en sommes venus à parler du colonel de la Rocque et je lui ai dit, d’après le peu de connaissances que j’avais de lui que ce n’était pas un « fasciste ».
Elle m’a regardé d’un air interloqué :
« J’avais un oncle qui était militant chez La Rocque, on m’a toujours dit qu’il était fasciste« .
Non, malgré la légende noire qui a duré longtemps, le consensus des Historiens récuse ce qualificatif.
Si nous nous projetons, en février 34, lors de l’émeute, il y avait en gros deux camps:
-1) Un camp de Gauche, exaspéré par la condition ouvrière abominable, mais aussi, frappé par la boucherie de 14-18 et, de là, pacifiste et internationaliste.
J’ai regardé le très intéressant documentaire sur le Front Populaire et juin 36, à la télévision.
https://www.france.tv/documentaires/8440839-1936-le-front-populaire-entre-joie-et-coleres.html
On peut y avoir des films sur les nombreuses manifestations des années 34, 35, 36.
A chaque fois des banderoles :
« Pour un désarmement progressif ! »
« Pour un désarmement total !
« Non à la défense nationale ! »
Etc.
Qui étaient les inspirateurs de ces slogans : l’extrême-gauche, le PCF, la SFIO ?
Je ne sais pas : ce qui est sûr c’est que ces années d’errements pacifistes ont été payées cruellement, en juin 40.
Car quoi ?
Ces militants, pensaient-ils, de bonne foi, que nous aurions arrêtés les jeunes brutes du Nazisme, en brandissant à la frontière des roses ou des rameaux d’oliviers ?
Il y a, sur la Toile, une néo-Stalinienne, Annie Lacroix-Riz, coqueluche de personnes aux horizons politiques divers, qui passe son temps à impliquer la Droite, les « fascistes français », le Patronat et compagnie dans la défaite.
Oui, et les agitateurs de banderoles pacifistes des années 30-40 n’ont pas une responsabilité directe, eux ?
Cette politique pacifiste, qui avait ses raisons historiques, je ne le nie pas, nous a conduits à la catastrophe.
Je sais bien qu’on nous explique que le Front Populaire a réarmé, en 36, avec intensité, (j’avais un oncle, ingénieur de l’Air, qui m’avait communiqué sa brochure écrite dans ce sens : je ne suis pas sorti convaincu de sa lecture).
En tous les cas, le temps perdu est perdu et pendant qu’on tapait le carton dans les usines en grève de juin 36, les usines allemandes d’armement tournaient à 70 heures par semaine.
Six ans de palinodies du Front Populaire, puis des Radicaux, de 34 à 40 : un pouvoir aussi impuissant devant le danger, que Macron aujourd’hui avec ses neuf ans, bientôt dix, d’incurie.
Et si les patriotes avaient pris le pouvoir après le 6 février 1934?
Justement il y avait en face:
-2) Un camp de Droite, patriote, « fasciste », comme on voudra.
Oui, parmi eux, il y avait d’authentiques totalitaires comme il y avait, aussi, des totalitaires en masse en face (PCF ultra-stalinisé).
Eux étaient aussi des anciens combattants, comme les autres.
Mais, eux, étaient scandalisés par l’incurie de la Gauche au pouvoir, pendant les années qui courent de 33 à 40: Radicaux, Front Populaire… face au péril allemand.
Ils voulaient un régime autoritaire, « fasciste » même comme disaient leur adversaire, pour contenir ce péril.
A propos de « fasciste », j’ai souvent cité ici la figure lumineuse de Jacques Arthuys, que j’ai découverte lors d’une promenade dans Paris, avec une plaque d’immeuble.
Figure inconnue de moi et admirable.

Inquiet de la situation générale d’après-guerre, il fonde le premier parti français strictement fasciste, en 1925, avec des bases antisémites.
Oui ! Il fonde « le Faisceau », premier parti fasciste français !
Rapidement, il répudie son antisémitisme et mène campagne acharnée, dès les années 30, contre Hitler.
En 1940, il se bat très courageusement.
Il entre dès octobre 40 dans la Résistance et fonde l’OCM.
Il mourra en déportation « Nacht und Nebel, en 1943.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Arthuys
Voilà… je ne sais pas où aurait mené mon uchronie : La Rocque au pouvoir, le 7 février 1934 ..
Mais ce que je sais ,c’est qu’une certaine Gauche, héritière grotesque des internationalistes des années 30, de style Plenel, qui nous fait l’article sans cesse sur la Résistance, comme si c’était sa propriété exclusive, se fiche de notre poire : on l’a vu plus haut avec ses slogans dans les années 30.
Il y a des salauds partout, mais pas du tout là où la doxa les désigne exclusivement (chez les « fachos ») :
Simon Epstein, dans « Un paradoxe français » l’a admirablement montré.

Et surtout, un sain patriotisme, pour ne pas dire un sain nationalisme est meilleur guide qu’un internationalisme et un pacifisme de trahison.
Mieux valait être patriote en 40, les plus décidés (Cagoule, Action Française) partaient pour Londres, qu’internationalistes, les plus décidés (PCF) accueillaient les chars allemands avec des fleurs ou négociaient leur Collaboration avec les autorités d’occupation (20 juin 40). Ci-dessous l’Humanité clandestine de juillet 40.

La leçon historique vaut, nous le comprenons tous, pour aujourd’hui, dans la crise tragique que nous traversons .
Crise où la France peut mourir, comme en 40 …
Antiislam
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