C’est une supplication que je lance tout simplement parce que c’est l’évidence même. Je précise tout de suite que je ne suis pas, comme des centaines de milliers de Français, béat devant son éloquence, son intense travail de recherche et de synthèse aboutissant à l’élaboration de propositions d’évidences pour sauver la France ou encore, devant son charme et sa beauté soulignés par sa jeunesse (certains machos osent parler de ses cuisses que d’autres lui reprochent de trop exposer !) et enfin, devant son sourire un peu trop artificiel inspiré par son communicant qui a oublié de lui préciser qu’un sourire naturel ne s’arrête jamais brutalement quand notamment un adversaire vous tient tête mais au contraire s’achève paisiblement. En fait, tout cela n’est que détails somme toute secondaires.
J’ai du mal à la suivre concernant certaines de ses prises de position que je ne partage pas totalement. D’abord, elle refuse fermement le « Frexit » que beaucoup envisagent comme une vraie libération mais elle s’empresse d’affirmer que la France possède de larges marges de manœuvre au sein des traités actuels, à condition d’avoir la volonté politique de les utiliser pour imposer ses intérêts nationaux comme n’hésite pas à le faire l’Allemagne. C’est donc la lâcheté et la pusillanimité de la France qu’elle vise ! Je note avec intérêt qu’elle exige une réduction drastique et immédiate de l’enveloppe budgétaire de l’Europe qu’elle souhaite diviser par deux comme, bien sûr, elle souhaite diviser par deux la contribution française. Là je dis bravo ! S’agissant de la guerre en Ukraine, je ne la suis absolument pas quand elle affirme soutenir le maintien des aides militaires parce que « la responsabilité de la guerre revient à la Russie ». Elle est même allée récemment à critiquer Trump de fragiliser l’Ukraine face aux bombardements russes. À côté de cela, elle s’est cependant opposée à la livraison de missiles à longue portée, à l’envoi de soldats français puis à la livraison d’avions de chasse français, inquiète de l’affaiblissement de notre chasse. Personnellement, j’aurais préféré qu’elle condamne tout simplement cette guerre que je considère débile à cause du nombre de morts considérables et de destructions considérables qui se produisent dans les deux pays, mais également à cause de la crispation considérable créée dans cette partie de l’Europe, crispation qu’une minuscule étincelle pourra faire repartir de plus belle après la paix revenue. Enfin, je lui reproche de ne pas saisir les aspects négatifs du capitalisme qui a été, par ses excès inouïs, à l’origine des dernières guerres et notamment à l’origine du communisme et du nazisme. En ce domaine, elle ne fait preuve d’aucune imagination (au contraire !) pour entrevoir un système économique qui en respecterait les acteurs comme je l’ai conçu dans mon essai « L’Urgence démocratique ».
Certains vont d’emblée me dire que mon enthousiasme pour Sarah Knafo n’est finalement pas très débordant. Et bien, détrompez-vous ! Parce que moi ce qui m’importe, c’est la stratégie ! Stratégie qui consiste à offrir le maximum de chances au camp patriote pour que la France sorte enfin de sa dégénérescence. Tout le monde sait qu’Éric zemmour s’est déclaré récemment candidat à l’élection présidentielle. C’est vrai qu’entre Sarah Knafo et Éric Zemmour, il y a manifestement une complémentarité stratégique et une répartition des rôles : à la première les chiffres et au second le constat, mais la matrice idéologique, l’identité nationale est amplement partagée ! Sarah Knafo met des chiffres, des audits et des concepts technologiques sur une vision de la France et même du monde fondamentalement axée sur la préservation de l’identité française. Il n’y a donc pas d’opposition entre les deux personnalités.
Alors, pourquoi plutôt Knafo que Zemmour ? D’abord, elle a, et de loin, un profil bien plus consensuel et moderne que lui. Là où Zemmour est perçu comme un idéologue clivant et focalisé sur les fractures historiques et culturelles, Knafo réussit à élargir le discours. Par son positionnement sur la souveraineté technologique, l’intelligence artificielle, l’économie de marché et les crypto-actifs, elle projette une image résolument tournée vers l’avenir. Et puis et surtout, il y a le plafond de verre des 3 % d’Éric Zemmour qui traduit une usure de son image de candidat perçu comme un polémiste du passé enfermé dans un combat bien trop limité à l’identité française, alors qu’elle est ouverte sur le grand large si je puis dire, avec sa jeunesse, sa passion, son imagination, sa joie même, autant de qualités qui s’opposent au caractère parfois austère et cassant de son compagnon. Or, et là, c’est important de le souligner car c’est le cœur de la thèse que je suis en train de développer, il faut absolument se rappeler que lors du 1er tour des élections municipales de Paris le 15 mars dernier, Sarah Knafo a obtenu un score de 10,40 % soit 84 809 voix… alors qu’elle avait déclaré sa candidature le 8 janvier soit deux mois auparavant ! Il y a en cette jeune femme une dynamique quasi-phénoménale : regardez également les ventes de son livre « Le Casse du siècle » : 270 000 après sa date de parution le 2 septembre ! C’est fou.
Donc, franchement, Éric Zemmour, pour le bien de la France, a tout intérêt à se retirer au profit de Sarah Knafo. En effet, aujourd’hui, il y a tout lieu de croire que Marine le Pen deviendra présidente de la République. Évidemment, il ne s’agit pas ici de croire que Sarah deviendra Présidente, c’est une vue naïve de l’esprit ! Par contre, si elle parvenait à hisser Reconquête à un score bien supérieur à celui de son compagnon qui est donc de 3 %, par exemple à 6 % et pourquoi pas à 10 % comme lors des municipales, sa position au soir du premier tour deviendrait centrale. Elle lui offrirait une légitimité démocratique incontestable pour négocier un accord de gouvernement avec Jordan Bardella qui deviendra Premier ministre – tout le monde le sait – d’autant que, contrairement à Zemmour, ses relations avec Marine Le Pen ne sont pas exécrables. Elle serait en position de force pour exiger l’entrée de Reconquête dans une coalition gouvernementale en obtenant soit le ministère des Finances et du Budget, soit le ministère de l’Intérieur. Si Marine Le Pen veut l’emporter en 2027, elle ne pourra pas faire la fine bouche avec Reconquête d’autant plus si Sarah Knafo obtient un score de 7 ou 8 % par exemple, au risque de pousser les électeurs de Sarah à l’abstention ! Souvenons-nous, début septembre, Sarah n’a pas hésité à déclarer, avec son grand sourire habituel, s’agissant de sa participation à un gouvernement Bardella « Pourquoi pas ? ». C’est dans un exemple comme celui-ci qu’on s’aperçoit que son pragmatisme franchement décontracté est bien plus constructif et donc plus intéressant pour nous patriotes qui aspirons à une régénérescence de la France que l’idéologie figée et les rancœurs partisanes d’Éric Zemmour. Puisse t-il en prendre conscience. Nous serons alors parvenus, ENFIN, à édifier un VRAI FRONT PATRIOTE !!!
Philippe ARNON
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ZEMMOUR est trop clivant…