Marine et Sarah terriblement décevantes l’une sur l’islam, l’autre sur l’Ukraine !

Marine et Sarah… Excellentes souvent mais tellement décevantes par ailleurs !

Le constat est cruel, mais il n’est pas rare face à Marine Le Pen et Sarah Knafo,  deux figures de premier plan qui, sur de nombreux sujets, semblent plus lucides  et surtout plus compétentes que la moyenne de la classe politique française sur des sujets essentiels :   immigration, identité, souveraineté, critique de l’européisme béat… Or elles se retrouvent, sur des points eux aussi centraux, à tenir des positions qui laissent perplexes, voire exaspèrent une partie de leur électorat potentiel. 

 Marine Le Pen et l’islam : la distinction qui fâche

Le 15 octobre dernier, Marine Le Pen a une fois de plus affirmé clairement :  Oui, l’islam est compatible avec la République, je l’ai dit dix fois.  Elle a immédiatement ajouté que ce qui ne l’est pas, c’est la charia et le fondamentalisme islamiste. Les musulmans respectueux du cadre républicain n’auraient aucune raison de s’inquiéter. Vraiment ? La charia n’aurait pas de rapport avec les musulmans ? Vraiment ?

Cette distinction – religion versus idéologie politique – est classique et politiquement prudente et ce n’est pas moi qui ai été condamnée moult fois pour avoir dit ce que je pensais de l’islam qui vais dire le contraire. Mais il y a une différence entre esquiver un sujet brûlant et dire clairement des mensonges ! Certes, en disant cela, Marine permet de ne pas apparaître comme hostiles à des millions de musulmanss. Elle s’accompagne, d’ailleurs, dans le projet RN, de mesures fortes : référendum sur la lutte contre les idéologies islamistes, interdiction progressive du voile dans l’espace public, etc. Bref, le beurre et l’argent du beurre.

Pourtant, la réalité historique de l’islam et les enquêtes d’opinion rendent cette affirmation difficile à digérer pour beaucoup qui ont vraiment l’impression que Marine se paye leur tête. Elle ne peut pas ne pas savoir ce que tout le monde voit, dit, répète…. Les enquêtes Ifop récentes (2025) montrent une tendance nette : une part significative des musulmans de France place les règles religieuses au-dessus des lois de la République (autour de 44 à 49 % selon les formulations, avec des chiffres nettement plus élevés chez les 15-24 ans, où plus de la moitié jugent la charia prioritaire sur certains sujets). La pratique religieuse s’intensifie, et la bienveillance pour des positions « islamistes » progresse.

Dire que l’islam (au singulier) est compatible, c’est faire comme si les textes, la doctrine… et l’évolution sociologique n’avaient pas d’importance. Or la charia, dans ses formulations classiques, entre en contradiction avec l’égalité homme-femme, la liberté de conscience, la laïcité et la primauté de la loi civile. La question n’est pas de savoir si des musulmans individuellement  peuvent s’intégrer (beaucoup le font), mais si une communauté dont une fraction croissante priorise la norme religieuse sur la norme nationale pose un problème structurel. Sur ce point, la formulation de Marine Le Pen apparaît à beaucoup comme un détour stratégique plutôt qu’un diagnostic. et ce n’est pas rassurant.. Certes vous me direz qu’entre le relativisme de Marine et le mondialiste Glucksmann on ne peut pas hésiter, mais quand même, Marine doit savoir ce que l’on pense, ce que l’on veut et s’y préparer. 

Sarah Knafo et l’Ukraine : la relativisation qui irrite

Sarah Knafo, toujours saluée (en tout cas pour moi et je ne suis pas la seule !) pour sa rigueur et sa clarté sur d’autres sujets, adopte sur la guerre en Ukraine une ligne qui insiste sur le coût pour la France, les risques d’escalade et la nécessité d’une sortie négociée.  Ok. Mais  là où je la prends sur le fait, c’est qu’elle  ment (comme Macron ou Der Leyen, pas des références d’honnêteté intellectuelle !!!) ou à tout le moins elle n’a pas étudié le sujet, c’est étonnant…

Parce qu’il la dérange ? Elle a affirmé que la responsabilité de la guerre reviendrait à la Russie, tout en critiquant les livraisons d’armes longues portées, les sanctions sans analyse des conséquences européennes, et l’idée que la France devrait continuer à financer massivement alors qu’elle manque de pas mal de choses chez elle. Certes, cette position n’est pas absurde en soi. La France a des intérêts propres, une dissuasion nucléaire à préserver, et un budget sous pression. Raison de plus pour cesser de financer et encourager cette gabegie et ce conflit qui pourrait nous entraîner dans une guerre mondiale, non ??? Or au lieu de développer cela elle relativise, comme si des centaines de milliards de plus ou de moins ça comptait pour du beurre ! Et je ne parle pas du prix du sang… si la guerre éclate !

Sarah, l’excellente Sarah Knafo qui selon moi est le seul homme d’Etat avec les capacités de nous sortir du trou et de l’enfer qui  vient ne devrait pas relativiser l’absurde, injuste et aberrante guerre que l’Ukraine et ses alliés font à la Russie. Ne jamais oublier que les accords de Minsk étaient justement un piège pour donner le temps à l’Ukraine de s’armer pour combattre la Russie, comme Merkel et Hollande l’ont avoué. Faut-il rappeler que si Poutine est parti en guerre c’est pour protéger les russophones ukrainiens condamnés par Zelensky et son prédécesseur à rester au fond des caves pendant que les enfants ukrainiens allaient à l’école.! (1)

 

 Le piège de la respectabilité ?

Pourquoi ces positions ? Plusieurs hypothèses. La recherche de respectabilité institutionnelle : ne pas apparaître comme « extrémiste » sur l’islam pour élargir l’électorat, ne pas paraître « pro-Poutine » pour rester audible dans le débat européen. Le calcul électoral : Marine Le Pen vise le centre-droit et une partie des électeurs musulmans modérés ; Sarah Knafo s’inscrit dans une ligne souverainiste critique de l’engagement occidental sans limite. Ou simplement une conviction sincère ?,

Le résultat, pour une partie de l’opinion qui les suit par ailleurs, est une impression de double jeu ou de cécité sélective. On peut être excellent sur le diagnostic migratoire, sécuritaire ou institutionnel, et décevoir profondément dès qu’il s’agit de nommer clairement les tensions doctrinales de l’islam ou de refuser de relativiser des agressions de pays à pays.

La question posée – « à quel jeu jouent-elles ? » – mérite d’être posée sans caricature. Ni Marine Le Pen ni Sarah Knafo ne sont les pires options disponibles. Mais l’exigence de cohérence n’est pas une lubie. Sur l’islam comme sur l’Ukraine, le réel a la mauvaise habitude de ne pas se plier aux formules diplomatiques., et les Français en ont par-dessus la tête de la langue de bois et d’être pris pour des jobards ! Et c’est précisément ce réel que beaucoup attendent encore de voir pleinement assumé.

Christine Tasin

(1)  Petro Porochenko le 23 octobre 2014, lors d’un discours au théâtre d’Odessa.
« Chez nous, les enfants iront à l’école et dans les jardins d’enfants. Chez eux, ils resteront assis dans les sous-sols. Parce qu’ils ne savent rien faire ! C’est précisément ainsi que nous gagnerons cette guerre. » [1, 2]

 129 total views,  129 views today

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Soyez le premier à commenter