La vie ou le gouffre : les législatives du 27 octobre 2026…

L’État d’Israël s’apprête à vivre l’une des échéances électorales les plus dramatiques de son histoire contemporaine. Alors que le pays panse encore ses plaies et lutte sur plusieurs fronts pour sa survie, le scrutin législatif du 27 octobre prochain transcende les habituels clivages économiques ou sociaux. C’est un choix fondamental de trajectoire existentielle qui se joue : maintenir le cap d’un ancrage souverain et sécuritaire, ou basculer vers des concessions géopolitiques majeures que beaucoup, à droite, qualifient de suicidaires pour l’unique refuge viable des Juifs à travers le monde.

YAIR GOLAN – à GAUCHE TOUTE

Longtemps marginalisée sur l’échiquier politique israélien, la gauche sioniste a opéré une restructuration majeure sous l’impulsion de l’ancien général de l’IDF, Yair Golan. À la tête du parti unifié « Les Démocrates » (fusion des mouvements – travailliste – Avoda et Meretz, Golan mène une campagne virulente contre la coalition actuelle conduite par Benjamin Netanyahu.

Bénéficiant d’une base mobilisée et des sondages récents qui créditent sa formation de 9 à 11 sièges au Parlement, Golan ne cache pas son programme : rompre avec la doctrine de la force militaire exclusive, engager des solutions diplomatiques régionales et prôner une séparation radicale vers une solution à deux États. Pour les partisans d’une ligne de fermeté nationale, cette approche représente un aveuglement coupable, une volonté de réitérer les erreurs passées des accords de paix au moment même où les menaces régionales n’ont jamais été aussi explicites.

L’ambition des partis arabes

Face au bloc de droite de Netanyahu, qui conserve une base solide de fidèles malgré l’absence de majorité absolue automatique dans les enquêtes d’opinion (le Likoud oscille entre 20 et 26 sièges selon les instituts de sondage), la stratégie de l’opposition repose en grande partie sur l’apport arithmétique des partis représentant la minorité arabe d’Israël.

Les listes Hadash-Ta’al, Ra’am et Balad ambitionnent ouvertement de faire tomber la coalition de droite. Représentant ensemble un potentiel de 10 à 13 sièges à la Knesset, ces partis visent à acquérir un rôle de pivot ou de soutien extérieur indispensable à toute coalition alternative (comme le bloc centriste de Gadi Eisenkot ou de Yair Lapid). Les observateurs nationaux alertent sur le danger d’une telle dépendance politique : l’objectif assumé de ces factions est d’exercer un chantage parlementaire pour forcer Israël à plier face aux exigences internationales.

Le plan B d’Ehud Barak : La contestation de rue en cas d’échec

Si l’offensive électorale de Yair Golan et de la gauche unifiée venait à échouer dans les urnes face à la résilience du bloc de droite, le camp universaliste n’envisage pas de désarmer. C’est ici qu’interviennent les projets d’Ehud Barak, ancien Premier ministre et soutien de l’ombre des « Démocrates ».

Barak, qui mène une campagne de harcèlement médiatique d’une virulence extrême contre Netanyahu — l’accusant récemment sur Channel 12 de préparer des escalades militaires pour saboter le scrutin —, a déjà tracé les contours du « jour d’après ».

En cas de victoire confirmée de la droite le 27 octobre, les projets de Barak ne s’orientent pas vers une opposition parlementaire classique, mais vers une insurrection civile et politique globale. Multipliant les appels à « chasser Netanyahu par tous les moyens », Barak et les réseaux militants qui gravitent autour de lui projettent de paralyser le pays par des blocages économiques, des grèves générales et des manifestations de masse d’une ampleur inédite. L’objectif sous-jacent est clair : rendre le pays ingouvernable pour forcer une intervention des institutions judiciaires ou une pression américaine décisive.

Pour le camp national, ce jusqu’au-boutisme est la preuve d’une dérive où la gauche, par dégoût de ne plus détenir les rênes du pouvoir, préfère risquer le chaos intérieur et la guerre civile plutôt que d’accepter le verdict démocratique d’un peuple qui refuse sa propre dissolution. En fait une répétition des émeutes des kaplanistes.

L’ombre d’un État palestinien : Le piège de l’UNIVERSALISME

Le point focal de ces tensions électorales réside dans la pression internationale et interne pour imposer une solution à deux États. Si certains leaders de la gauche, à l’instar de figures des Démocrates comme Gilad Kariv, demandent explicitement la division de la terre, une large majorité de l’opinion publique israélienne y voit une menace existentielle absolue.

Dans le contexte sécuritaire actuel, la création d’une entité souveraine palestinienne aux portes de Tel-Aviv et de Jérusalem est perçue par le camp souverainiste non pas comme une promesse de paix, mais comme une base arrière légale pour la destruction définitive de l’État juif. Céder à cette vision universaliste et confortable – ce conformisme international que dénoncent les esprits lucides – reviendrait à désarmer moralement et physiquement le seul sanctuaire historique du peuple juif.

La vie ou le gouffre

À quelques jours du scrutin, les équilibres restent précaires. Le bloc Netanyahu maintient une légère avance ou un statut d’égalité face au bloc anti-coalition, mais sans garantie de franchir la barre fatidique des 61 sièges requis pour gouverner seuls. Plus que jamais, l’électeur israélien se trouve face à l’injonction biblique du Deutéronome : « J’ai mis devant toi la vie et la mort… Choisis la vie. » Reste à savoir si le petit État juif saura repousser la tentation des illusions diplomatiques et des chantages de rue pour préserver, envers et contre tout, son intégrité et sa survie.

 Thérèse Zrihen-Dvir.

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