Pour réduire le nombre de malfrats, il faut des peines plus longues lors du 1er emprisonnement

A l’heure où la mode est de relâcher nombre de voleurs, agresseurs etc. pour « ne pas permettre qu’ils s’endurcissent » en prison au contact des plus vieux, un ancien médecin des prisons s’élève en faux et le démontre : Des peines plus longues prononcées dès le début d’une carrière criminelle sont le seul moyen d’empêcher efficacement la récidive.

https://www.fdesouche.com/2026/09/21/theodore-dalrymple-jai-ete-medecin-en-prison-et-ai-interroge-des-centaines-de-detenus-en-toute-confidentialite-presque-tous-reconnaissaient-entre-5-et-20-fois-plus-de-crimes-que-ceux-p/

Bref, si on l’avait consulté et écouté on n’aurait sans doute pas les chiffres effrayants de la délinquance et des prisons pleines à craquer ! 

Des peines plus longues dès le début de la carrière criminelle : le seul moyen efficace de freiner la récidive ?

À l’heure où, dans de nombreux pays européens, la doctrine dominante consiste à éviter l’incarcération des délinquants pour « ne pas les endurci »r  au contact des plus expérimentés, un ancien médecin des prisons britanniques, Theodore Dalrymple (pseudonyme d’Anthony Daniels), apporte un témoignage frontalement contraire. Dans un texte publié en août 2026 dans The Telegraph, il affirme, fort de quinze années passées à soigner et à écouter des centaines de détenus en toute confidentialité, que seules des peines nettement plus longues prononcées tôt dans une trajectoire criminelle permettent réellement d’enrayer la récidive.

Ce que les détenus disent vraiment

Dalrymple raconte avoir interrogé, sans jamais transmettre l’information, des centaines de prisonniers sur le nombre réel de faits qu’ils avaient commis, et non seulement ceux pour lesquels ils avaient été condamnés. Presque tous ont reconnu avoir perpétré entre cinq et vingt fois plus d’infractions que celles retenues par la justice. Les statistiques officielles confirment d’ailleurs cet écart massif entre le taux de condamnation et le taux réel de délinquance.

Cette concentration de la criminalité entre les mains d’une minorité de multi-récidivistes est, selon lui, une donnée essentielle. Une part importante des vols, cambriolages et agressions qui rendent la vie insupportable dans certains quartiers est le fait d’un nombre relativement restreint d’individus. Or, ces carrières commencent jeunes. Les intéressés enchaînent les peines courtes, les mesures alternatives et les sorties anticipées. Ils ne sont véritablement mis hors d’état de nuire que lorsque leurs actes deviennent trop graves pour que la justice continue à fermer les yeux. À ce stade, le mal est déjà fait : des dizaines, parfois des centaines d’infractions ont été commises.

 Pourquoi les peines courtes échouent

La criminalité, rappelle Dalrymple, est largement un jeu de jeunes. Elle décroît fortement avec l’âge, hormis pour certains types d’infractions. Des peines longues prononcées tôt interrompraient le va-et-vient perpétuel entre prison et liberté. Elles offriraient au temps – et non à une prétendue réhabilitation  morale – la possibilité de faire son œuvre. La prison n’est pas une thérapie de l’âme. Le crime n’est pas une maladie. Le simple fait de soustraire durablement un multi-récidiviste à la société pendant les années où il est le plus actif réduit mécaniquement le volume de délits.

L’argument du coût est souvent opposé. Dalrymple répond que ne pas incarcérer ces récidivistes a aussi un prix très élevé : engorgement des tribunaux, mobilisation permanente des forces de l’ordre, souffrance des victimes et dégradation de la qualité de vie dans les quartiers concernés. Comparer le taux de récidive après une peine de prison à celui observé après une mesure non carcérale est d’ailleurs trompeur : la plupart des détenus ont déjà épuisé, sans succès, les solutions alternatives.

Le confort des cellules n’est pas le sujet

L’ancien médecin des prisons s’inscrit également en faux contre l’idée selon laquelle l’amélioration des conditions matérielles de détention serait le problème. Les cellules modernes ressemblent parfois à des chambres d’hôtel bas de gamme. Pour lui, ce n’est pas là que réside l’essentiel. La punition, dans un État civilisé, consiste d’abord dans la privation de liberté elle-même. Créer délibérément des conditions sordides risque d’engendrer le sadisme et n’est pas nécessaire. Ce qui compte, c’est la durée de la peine, et surtout le moment où elle est prononcée.

Une évidence qui échappe aux décideurs

Si l’on combine la concentration de la criminalité sur une minorité et l’effet de l’âge, la conclusion s’impose : des peines plus longues dès les premières récidives limiteraient considérablement le nombre d’infractions. Dalrymple regrette que cette évidence semble échapper durablement aux responsables politiques et aux administrations.

Le constat est d’autant plus troublant que, dans de nombreux pays européens, on observe simultanément une hausse de la délinquance de voie publique, des prisons saturées et une tendance persistante à la libération anticipée ou à l’évitement de l’incarcération pour les multi-récidivistes. Le témoignage de Theodore Dalrymple, fondé sur des centaines d’entretiens confidentiels, invite à reconsidérer radicalement cette approche.

Christine  Tasin

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