Vous entendez souvent les antisémites accuser les Juifs d’influencer la politique du monde à leur avantage. Les mêmes vilains canards sont atteints de cécité quant au Qatar.
Le Qatar a injecté des millions dans les grandes universités canadiennes dans le cadre d’une stratégie de « soft power », comme aux Etats-Unis, et les campus canadiens sont devenus des foyers d’activisme anti-israélien intense et de mobilisation politique liée aux objectifs de l’islam.
- À l’Université de Toronto, au moins six projets ont reçu entre 2,7 et 4,2 millions de dollars canadiens par l’intermédiaire du Fonds national de recherche du Qatar.
- À l’université de Waterloo, les financements de recherche liés à l’État qatari ont dépassé 3,8 millions de dollars canadiens et l’investissement total du Qatar a dépassé 10,5 millions de dollars canadiens si l’on inclut les étudiants parrainés.
Les universités occidentales financées par le Qatar voient une montée de l’antisémitisme, d’activisme pro-Hamas, et la présence de groupes tels que « Students for Justice in Palestine » – c’est une pure coïncidence.
- L’université de Waterloo a mis fin à son partenariat avec le Technion israélien à la suite de pressions militantes soutenues, tout en conservant ses relations avec le Qatar. Encore une coïncidence.
Et en France ?
La France est beaucoup moins transparente que le Canada ou les Etats-Unis : le gouvernement considère que les Français n’ont pas le droit d’en savoir autant sur le fonctionnement de leurs élus que les citoyens canadiens ou américains.
Comme elle ne dispose pas d’un régime complet de divulgation publique des financements étrangers comparable au système américain, la vision d’ensemble des subventions, bourses ou contrats est moins transparente et les montants publiquement déclarés sont plus modestes.
Cependant, des liens larges existent dans les domaines scientifique, technique et de la recherche, notamment une collaboration via les mécanismes du Fonds national de recherche du Qatar et d’autres échanges.
- La Fondation du Qatar entretient un partenariat de longue date et de grande envergure avec HEC Paris, qui effectue l’exploitation d’un campus à Doha (rattaché à Education City). Ce partenariat remonte à environ 2010 et a été prolongé pour une nouvelle décennie en 2024 ; le Qatar apporte un soutien substantiel à la formation commerciale et la formation des cadres.
D’autres établissements français ont conclu des accords de coopération universitaire :
- Sciences Po a signé un protocole d’accord et un accord d’échange d’étudiants et d’enseignants avec le Doha Institute for Graduate Studies.
- Paris 1 Panthéon-Sorbonne entretient des partenariats (notamment avec l’université de Lusail) et a précédemment bénéficié d’un soutien qatari (estimé à environ 1,8 million d’euros) pour accueillir des « étudiants réfugiés ».
Les efforts d’influence du Qatar en France vont au-delà des universités
Pendant que les gros titres des journaux parlent d’acquisitions prestigieuses, les investissements du Qatar se sont concentrés sur les associations islamiques, les écoles coraniques (par exemple, des financements avérés via Qatar Charity à des institutions telles que le lycée Averroès) et les réseaux connexes. Les mesures anti-séparatistes adoptées après 2021 ont renforcé la surveillance et les contraintes, elles n’ont rien changé.
L’activisme anti-israélien sur les campus français et les tensions qui en découlent ont occupé le devant de la scène en France (comme ailleurs en Occident), et certains commentaires établissent un lien entre les centres ou les canaux de financement liés au Qatar et une influence idéologique. Tout le monde se trompe : il s’agit là encore de pure coïncidence.
Comme les magiciens
Les magiciens ont un truc : ils agitent une main de manière spectaculaire pour que nous la regardions, alors que le tour de passe-passe, c’est l’autre main qui l’accomplit, et nous n’y voyons rien.
De la même manière, les investissements spectaculaires du Qatar en France (rachat du PSG, parts importantes de l’immobilier des Champs-Élysées, hôtels de luxe, engagements de plusieurs milliards d’euros annoncés lors des visites d’État) font régulièrement la une des journaux économiques et généralistes. C’est la partie visible du soft power, valorisée par les médias. En parallèle, l’autre main s’adonne à des opérations d’influence discrètes reçoivent une couverture médiatique bien plus discrète – elle a rarement le même poids dans les gros titres.
- Les financements via Qatar Charity et d’autres structures vers des mosquées, associations et établissements scolaires (documentés notamment dans Qatar Papers de Chesnot et Malbrunot) ont fait l’objet d’enquêtes, mais restent traités comme des sujets « communautaires », marginaux, ou de sécurité intérieure plutôt que comme une stratégie globale d’influence.
- Les partenariats universitaires (HEC Paris à Doha avec la Qatar Foundation, accords Sciences Po / Doha Institute, liens avec Paris 1) sont présentés sous l’angle de la coopération académique et de l’internationalisation, rarement comme des leviers d’influence idéologique ou de soft power.
- Les efforts de communication, de lobbying et de présence médiatique font l’objet de reportages occasionnels (Libération, Marianne, Le Point, etc.), mais n’occupent pas le même espace que les annonces d’investissements bling-bling.
Là encore, il serait injuste de dire que rien n’est fait. La France agit, mais timidement, parce que les dirigeants français ne sont ni des courageux, ni des audacieux, ni des créatifs.
Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz.com.
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La rooue a tourné. les anciens dominés sont devenus les nouveaux dominants.
Rappelons que le Qatar, spéculateur immobilier, est exonéré de la taxation immobilière sur les +values en France. Ce régime exorbitant du droit commun est un scandale M’sieurs-Dames les candidats de 2027 !!!
Excellent rappel, merci qui ? Merci Sarkozy