Combien de temps encore nos policiers mettront leur vie en danger par peur d’abattre de dangereux agresseurs et de se retrouver en prison comme trop d’entre eux ?
À Toulouse, lundi 10 août 2026, deux policiers municipaux, un homme de 48 ans et une femme de 34 ans, patrouillent rue d’Austerlitz, en plein centre-ville. Un individu s’approche de leur véhicule, prétextant un renseignement. Il sort un couteau à huîtres, puis deux autres lames. Il frappe. La pointe d’un couteau effleure la carotide de l’un des agents. Le gilet pare-balles de sa collègue est profondément entaillé au flanc. Selon l’adjoint à la sécurité de Toulouse, Émilion Esnault, l’assaillant a crié Allah Akbar à plusieurs reprises, semblant déterminé à commettre un meurtre ». Les agents le maîtrisent au bâton télescopique et au gaz lacrymogène. Ils s’en sortent avec des blessures légères. L’agresseur, légèrement alcoolisé, est placé en psychiatrie. Le parquet antiterroriste ne s’est pas saisi.
Quelques jours plus tôt, à Perpignan, un refus d’obtempérer tourne au carambolage. Cinq policiers sont blessés. Le fuyard, soupçonné d’avoir jeté de la cocaïne pendant la poursuite, prend la fuite. Près de Nantes, d’autres équipages ont déjà été percutés dans des circonstances similaires, certains grièvement. Ces scènes se répètent. Elles ne choquent plus vraiment. Elles devraient.
La question n’est pas pourquoi ces agressions ? Elle est plus crue : combien de temps encore des policiers accepteront-ils de risquer d’avoir la gorge tranchée plutôt que d’ouvrir le feu, de peur de se retrouver eux-mêmes sur le banc des accusés ?
Car la peur existe. Elle est documentée, mesurée, commentée en interne. Des policiers ont été condamnés pour des tirs lors de refus d’obtempérer. D’autres ont écopé de peines lourdes après des interventions où la légitime défense n’a pas été retenue. Des procédures s’éternisent. Des carrières sont brisées. Le message, même s’il n’est jamais formulé ainsi officiellement, circule : mieux vaut être blessé (ou mort) que d’être jugé. Mieux vaut laisser le couteau s’approcher de la carotide que de tirer et de devoir prouver, mois après mois, que la menace était actuelle, réelle et justifiée !
Le cadre légal existe. L’article 122-5 du code pénal et les dispositions du code de la sécurité intérieure autorisent l’usage de la force, y compris létale, en cas de danger imminent. La jurisprudence de la Cour de cassation a parfois validé des non-lieux. Une proposition de loi visant à instaurer une présomption de légitime défense a même été votée récemment. Mais sur le terrain, la réalité est autre. Chaque seconde compte. Chaque geste est filmé. Chaque tir déclenche une enquête, une mise en examen possible, une pression médiatique et politique. Pendant ce temps, l’agresseur au couteau ou le conducteur qui fonce à contresens bénéficie souvent d’un traitement plus clément, quand ce n’est pas d’une hospitalisation psychiatrique rapide.
Les chiffres des agressions contre les forces de l’ordre ne cessent de grimper. Les refus d’obtempérer se multiplient. Les attaques à l’arme blanche aussi. À Toulouse, les agents ont choisi de ne pas sortir leur arme à feu face à la foule !!!!. Courage ? Discipline ? Ou calcul froid face à un système judiciaire qui peut transformer un acte de survie en faute professionnelle ?
Pourtant, ce n’est pas une question de droit de tuer. C’est une question de survie opérationnelle. Un policier qui hésite une fraction de seconde de trop parce qu’il imagine déjà le tribunal de Bobigny, la une des journaux ou la suspension administrative, n’est plus pleinement opérationnel. Et un pays qui demande à ses agents de s’exposer sans leur garantir une protection juridique claire et rapide les trahit.
Les syndicats le disent depuis des années. Les élus locaux, parfois, le reconnaissent après les faits. Les ministres de l’Intérieur successifs multiplient les déclarations de soutien. Mais les procédures judiciaires suivent leur cours, lentes et imprévisibles. Résultat : la dissuasion fonctionne à l’envers. Elle dissuade d’abord ceux qui sont censés protéger.
Combien de temps encore ? Jusqu’à ce qu’un agent meure parce qu’il a trop réfléchi. Jusqu’à ce qu’un collègue, après avoir vu la lame frôler la carotide de son coéquipier, décide que le risque judiciaire n’en vaut plus la peine. Ou jusqu’à ce que la société française choisisse enfin de dire clairement : un policier qui neutralise une menace mortelle n’est pas un suspect. Il est en service.
En attendant, à Toulouse, Perpignan ou ailleurs, ils continuent de sortir. Ils continuent de s’approcher. Ils continuent de risquer leur gorge. Et certains, en silence, se demandent encore s’ils ont vraiment le droit de se défendre.
Le jour où plus personne n’aura plus rien à perdre, ça va être terrible. Il arrive que les caves se rebiffent… Et comme ils sont en train d’accélérer les choses, espérant nous priver de l’élection de 2027, tout est possible.
Christine Tasin
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