Trump ou la dure façon d’apprendre une leçon…

La méthode Trump force le monde à sortir de la naïveté : les alliés ne peuvent plus considérer le soutien américain comme un acquis gratuit. Ils doivent payer le prix fort, s’aligner sans broncher, ou apprendre à se défendre seuls. Dans ce grand jeu transactionnel, Israël se retrouve, lui aussi, inclus dans le lot.

L’Iran ou l’engrenage de la destruction réciproque

Confronté à l’Iran, Trump se heurte brutalement aux ambitions complexes du Moyen-Orient. Face à ce que Washington perçoit comme un manque abyssal d’intégrité et des dérives humanitaires, la relation avec Téhéran est devenue le symbole même de l’apprentissage par la crise. On passe ainsi de la rupture d’un accord à la menace de destruction réciproque.

Après un cessez-le-feu bancal matérialisé par le protocole d’accord de juin 2026, les escarmouches maritimes ont poussé Trump à déclarer le pacte caduc. En qualifiant publiquement les dirigeants iraniens d’« ordures », Trump rejoue en fait le scénario vécu à Gaza face au Hamas. Mais face à ces réalités complexes, le président américain perd de sa fiabilité et de son prestige. Menacé par des projets d’assassinat, il réplique par la force brute, affirmant que 1 000 missiles sont prêts à décimer l’Iran. Pour Téhéran, la diplomatie américaine se résume désormais à un choix binaire : capitulation totale ou anéantissement militaire.

Turquie et Syrie : Le pragmatisme au détriment des alliés

Les alliés régionaux observent avec inquiétude cette imprévisibilité qui peut basculer d’une poignée de main à une guerre ouverte en 48 heures. C’est dans ce contexte que Trump compose avec la Turquie d’Erdogan, un allié opportuniste du « donnant-donnant ». Au grand dam de l’establishment militaire américain et de Jérusalem, Trump privilégie une approche purement commerciale, poussant pour réintégrer Ankara dans le programme des F-35 en échange d’un alignement politique.

Fidèle à sa promesse de mettre fin aux « guerres sans fin », Trump prépare également le retrait des troupes américaines de Syrie. De façon surprenante, il suggère que la Syrie intervienne contre le Hezbollah au Liban, sacrifiant au passage la souveraineté libanaise et la sécurité d’Israël. Trump redéfinit les frontières d’influence et délègue la sécurité à des puissances locales pour rapatrier ses soldats, quitte à ignorer le statut d’Israël comme puissance régionale.

Gaza : Le business de la paix

Sur le dossier palestinien, Trump applique sa méthode de l’homme d’affaires : un « deal » imposé par le haut, centré sur la reconstruction économique plutôt que sur les droits politiques traditionnels. Si son plan de paix promet 10 milliards de dollars pour reconstruire Gaza, il impose un contrôle strict qui écarte les structures antérieures. Pour Israël, ce plan équivaut à l’importation officialisée d’acteurs hostiles – de l’influence turque à la Confrérie musulmane – à sa frontière sud.

Conclusion

Ces quatre théâtres démontrent une chose : sous Trump, la diplomatie n’est plus une affaire de diplomates, c’est une affaire de rapports de force et de transactions commerciales. Qu’il s’agisse de menacer l’Iran de décimation, de vendre des F-35 à la Turquie ou de privatiser la reconstruction de Gaza, les acteurs du Moyen-Orient apprennent à la dure qu’avec Washington, la loyauté idéologique n’existe pas. Seul le deal du jour compte.

Thérèse Zrihen-Dvir

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