Le sondage fantôme qui ressuscite Hollande et enterre la réalité

Le sondage qui fait monter les ratés... Qui a pu commander des sondages tellement bidonnés qu’ils mettent Hollande l’incapable devant le dangereux Mélenchon, qui, lui, n’a peur de rien et est capable du pire mais a derrière lui « la nouvelle France » tout aussi déterminée et sans états d’âme que Baba Yoko ?

Décidément, les sondeurs ont de l’humour. Selon le dernier baromètre Elabe pour Les Échos, l’homme qui a laissé la France exsangue après cinq ans d’inaction, de renoncements et de « ça va mieux » mensongers, caracolerait en tête des personnalités de gauche avec 46 % d’image positive !  Il devancerait  Mélenchon, en chute libre à 41 %. Un « coup de froid  » pour LFI, nous dit-on.

On est surtout en plein délire statistique.

Comment un personnage aussi discrédité, symbole vivant de l’impuissance socialiste, pourrait-il soudain redevenir le chouchou d’un électorat de gauche ? Huit points gagnés en un mois, comme par enchantement. Et sans scooter !

Pendant ce temps, Mélenchon, qui incarne une gauche déterminée qui ne tremble pas devant le politiquement correct, reculerait. Derrière lui, une « nouvelle France » – celle des quartiers, des jeunes radicalisés, des militants sans états d’âme – reste mobilisée comme jamais. Et. il reculerait ? Lui, implacable, enraciné, prêt à tout pour imposer sa vision ?

Les sondeurs, eux, préfèrent visiblement ignorer cette réalité de terrain.

Quant aux scores accordés aux has-been macronistes – Darmanin, Attal, Philippe – ils relèvent de la science-fiction pure. Des chiffres lunaires, déconnectés de la vie quotidienne des Français : insécurité galopante, pouvoir d’achat en berne, services publics exsangues, école au fond du trou… Soit les Français sont devenus collectivement amnésiques et idiots, soit ce sondage est entièrement orienté, bidonné, ou calibré pour fabriquer un récit médiatique commode : Voyez, la gauche raisonnable revient, le centre tient bon, tout va bien dans le meilleur des mondes.

Ces enquêtes d’opinion, réalisées sur des échantillons Internet souvent biaisés, pondérés selon des critères opaques, servent trop souvent à légitimer des dynamiques artificielles. On fait remonter Hollande pour enterrer Mélenchon et maintenir l’illusion d’un centre viable. C’est commode pour les médias et les officines qui rêvent encore d’un second tour Macron bis contre le RN. Mais la rue, les manifestations, les urnes locales et le ras-le-bol général racontent une autre histoire.

À neuf mois de 2027, ce genre de baromètre sent le bidonnage à plein nez. Il ne reflète pas l’opinion populaire, mais l’opinion que l’on veut imposer au peuple. Hollande l’incapable en sauveur ? Mélenchon relégué alors qu’il porte la flamme d’une gauche radicale assumée ? On croit rêver.

Les Français ne sont pas idiots. Mais certains sondeurs, et ceux qui les commandent, les prennent clairement pour des pigeons. La suite de la campagne dira qui a raison : les panels virtuels ou la réalité  du pays.

Christine Tasin

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