Les juges n’avaient déjà pas une excellente image dans l’opinion publique, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais avec l’affaire Lyhanna, le divorce entre les Français et leur justice est consommé. Ces mêmes Français auront d’autant plus de mal à comprendre que des magistrats – dont aucun n’a eu le moindre mot de compassion ou d’excuse auprès de la famille de la petite fille – entament un mouvement de protestation contre la décision de Gérald Darmanin de suspendre le substitut du parquet d’Auch, en charge de l’enquête, pour « lenteur et négligence dans le traitement du dossier ».
Et devinez comment ils organisent leur fronde ? Dans une boucle WhatsApp, comme des adolescents en colère. Une blague ? Non : des centaines de magistrats ont décidé de se liguer contre le garde des Sceaux, non pas pour défendre l’intérêt général et pour que ne se reproduisent pas des affaires comme celle-là, mais pour protéger l’un des leurs. Peu importe les raisons de la suspension — un rapport administratif accablant, des « dysfonctionnements » – parlons plutôt de manquements criminels – dans le traitement d’une affaire aussi grave que celle de Lyhanna. Non, pour eux, c’est une attaque contre leur corporation.
Des méthodes de voyous, pas de juges
Plutôt que de réfléchir à leur responsabilité dans les « dysfonctionnements » de la justice, ces magistrats ont préféré passer à l’action directe. Parmi les idées géniales échangées dans leur groupe WhatsApp :
- Saturer le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) de courriers pour noyer les instances sous des montagnes de papier.
- Retirer massivement leurs « habilitations mineurs », une mesure qui, si elle était appliquée, paralyserait le traitement des 70 000 procédures impliquant des mineurs. Parce que, visiblement, pour eux, la justice des mineurs peut attendre.
- Une « journée morte » le 29 juin, avec l’appui des avocats, pour faire pression sur le gouvernement. Une grève, donc. Comme des syndicalistes en col bleu, pas comme des serviteurs de l’État.
Des méthodes de voyous qui devraient être sanctionnées par un renvoi pur et simple.
L’hypocrisie du « manque de moyens »
Les magistrats justifient leur colère par un argument imparable : le manque de moyens. Selon eux, Gérald Darmanin leur demande l’impossible en exigeant que les 70 000 procédures impliquant des mineurs soient traitées avant le 14 juillet. Quand il s’agit de défendre leurs privilèges, les magistrats trouvent toujours l’énergie et les ressources nécessaires. Des centaines de messages sur WhatsApp, des tribunes dans la presse, des appels à la grève… Mais pour traiter les dossiers en souffrance, soudain, c’est la pénurie.
Le problème n’est pas le manque de moyens, mais le manque de volonté. Une volonté de travailler, de rendre des comptes, et surtout, de servir l’intérêt général plutôt que leur petite corporation ou leur idéologie. Ce qui est sidérant, c’est l’arrogance avec laquelle ces magistrats agissent. Ils se comportent comme une caste intouchable, au-dessus de toute critique, de toute sanction. Pourtant, ils sont payés par l’État, et leur mission est de servir la justice, pas de la saboter.
Leur réaction à la suspension d’un de leurs collègues est révélatrice : au lieu de se demander si la décision était justifiée, ils ont immédiatement crié à l’atteinte à leur indépendance. Comme si l’indépendance de la justice signifiait l’impunité totale. Comme si un magistrat, une fois nommé, devenait un être sacré, au-dessus de toute critique.
Ce bras de fer entre la magistrature et le ministère de la Justice révèle une vérité crue : en France, la justice n’est plus un service public, mais un bastion de privilégiés. Des privilégiés qui, plutôt que de se remettre en question, préfèrent faire chanter le gouvernement, paralyser le système, et jouer les victimes.
Il est temps que cette caste comprenne qu’elle n’est pas au-dessus des lois
Pour les affaires impliquant des mineurs, un dossier pénal met en moyenne 18 mois avant d’arriver en première instance. Des mois de tergiversations avant que les affaires ne soient enfin prises au sérieux, alors que chaque jour compte pour identifier le coupable, qui est systématiquement un prédateur sexuel multirécidiviste.
En 2023, 1 dossier sur 10 a été égaré ou mal classé dans les tribunaux français, selon un rapport de la Cour des comptes. À Paris, en 2022, plus de 5 000 dossiers pénaux ont été déclarés « introuvables » dans les archives judiciaires. Exemple glaçant : en 2021, un dossier de viols sur mineurs a été retrouvé par hasard dans un placard du tribunal de Bobigny… deux ans après son classement sans suite. Conséquences : des victimes laissées sans réponse, des coupables laissés en liberté, et des familles brisées par l’inaction de la justice.
Dans l’affaire Lyhanna, des pièces essentielles (témoignages, preuves) ont été mal transmises ou oubliées, retardant l’enquête. Des audiences cruciales ont été reportées à plusieurs reprises.
Barella, l’assassin de Lyhanna, a un casier judiciaire vierge !
Aucune condamnation malgré des antécédents connus de pédophilie et de violences avant le meurtre de la fillette de 11 ans. Barella était fiché S (pour dangerosité avérée) depuis 2016, notamment pour des faits de pédopornographie et d’agressions sexuelles sur mineures. Il avait fait l’objet de plusieurs signalements pour comportements inquiétants envers des enfants, y compris des plaintes de familles et d’écoles. En 2020, il avait été interpellé pour détention d’images pédopornographiques, mais l’enquête avait été classée sans suite pour des raisons obscures.
Aucune condamnation pour pédophilie ou agressions sexuelles, alors que son profil psychologique et criminel était clairement identifié comme dangereux.
Les procédures judiciaires à son encontre avaient été lentes, mal suivies, ou abandonnées, lui permettant de rester libre et de poursuivre ses agissements. Les enquêtes pour pédopornographie ou agressions sexuelles peuvent prendre des années en France, pendant lesquelles les suspects restent en liberté. Les signalements (police, Éducation nationale, services sociaux) n’ont pas été centralisés ou pris au sérieux. Comme dans 30 % des affaires de violences sexuelles en France (chiffres INSEE), les plaintes contre Barella n’ont pas abouti, par négligence pure et simple. Le corporatisme judiciaire est patent : les magistrats, plutôt que de prioriser les dossiers sensibles, ont souvent tergiversé, comme le montre la suspension du substitut du parquet d’Auch dans l’affaire Lyhanna.
Si Barella avait été condamné plus tôt ou placé sous surveillance stricte, Lyhanna serait encore en vie. Son cas illustre l’inefficacité mortifère d’un système judiciaire trop lent, trop laxiste et plus préoccupé par ses propres intérêts que par la protection des citoyens.
Barella avait un casier judiciaire vierge alors que Tegnér a été condamné à six mois de prison avec sursis pour avoir fait son travail de journaliste :
Ce qui prouve que lorsque la justice veut trouver des moyens, elle les trouve. Rappelons que Dieudonné – quoi qu’on pense du personnage – mobilise 70 fois plus d’heures de flics et de juges que l’ensemble des affaires de pédocriminalité de France et de Navarre !
En moyenne, 30 % des audiences pénales sont reportées en France, souvent à la dernière minute, selon le ministère de la Justice. Parmi les raisons fréquentes : oubli de convocation des parties ! À Marseille, certains dossiers attendent plus d’un an pour une simple audience de mise en état.
15 % des magistrats sont en arrêt maladie longue durée chaque année (chiffres DGAFP). Un chiffre supérieur à ce que connaît l’Éducation nationale, alors que les conditions de travail dans les salles de classes sont infiniment plus difficiles que dans un tribunal.
Les réseaux pédophiles se sont pas dans le collimateur des juges : un hasard ?
Tant que les magistrats passeront le plus clair de leur temps à protéger leurs privilèges (grèves, blocages, pressions politiques), les Français auront raison de dire à plus de 70 % (sondage Ifop de juin 2025) qu’ « ils ne croient plus en la justice de leur pays ». En 2000, « seulement » 50 % des Français ne faisaient pas confiance à la justice (sondage CEVIPOF). En 2025, ce chiffre a explosé, reflétant un ras-le-bol général.
Le scandale du périscolaire parisien – la gauche parisienne s’en tire à très bon compte… – montre une justice éminemment politisée. Le traitement très laxiste de tous les cas de pédophilie depuis des décennies (entre autres la claire volonté d’étouffer le volet français de l’affaire Epstein) ne laisse guère de doute : les juges défendent leurs petits protégés de la gauche et de l’extrême gauche. Ces gens-là font manifestement partie des mêmes réseaux. On les a vus tenter de donner le change dans le cas de l’affaire Bétharram – une affaire vieille de 50 ans – lorsque les coupables étaient à droite de l’échiquier politique : haro sur le baudet !
Pour mieux cacher les énormes crimes des gens de leur bord politique ?
Henri Dubost
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