Wall Street monte, le baril baisse : Trump jubile mais pour Israël, c’est Munich !

 

Annoncé une quarantaine de fois par Donald Trump, avec des cris de victoire tous azimuts, c’est finalement une capitulation de l’Amérique qui ressort du protocole d’accord entre Washington et Téhéran, signé mercredi  à Versailles. Trump est vaincu, mais il exulte, c’est assez remarquable.

Alors que la signature de ce « deal en or massif »  scelle une nouvelle débâcle militaire dont les États-Unis ont le secret depuis la guerre du Vietnam, Trump pavoise et se permet même d’insulter Netanyahu, qui voit tous les buts de guerre initiaux abandonnés sans aucun état d’âme par  l’hôte de la Maison-Blanche.

“Je pense que de grandes choses vont se produire au Moyen-Orient. Et, très important : le prix du pétrole a chuté aujourd’hui, tandis que la Bourse s’est envolée. L’accord que nous avons conclu avec l’Iran va apporter au monde entier beaucoup de bienfaits.”

À part la réouverture du détroit d’Ormuz qui était libre d’accès avant la guerre, Trump n’a rien obtenu, remettant à plus tard le règlement des points essentiels qui ont justifié les bombardements du 28 février. Tout cela dans le dos d’Israël, mis devant le fait accompli.

Lâché en rase campagne alors que la menace nucléaire iranienne est toujours présente et que les proxys de Téhéran sont loin d’être anéantis, Netanyahu se voit contraint  de respecter un cessez-le-feu inopportun contre l’avis des 80 % d’Israéliens qui veulent liquider le Hezbollah une bonne fois pour toutes.

Le dur à cuire Itamar Ben Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, n’a pas fait dans la dentelle, comme à son habitude :

« Tout le Liban doit brûler », a-t-il exigé vendredi, après la mort de quatre soldats israéliens.

Voilà où Donald Trump, plus irrésolu que jamais et bien piètre chef de guerre, a mené Israël : à un nouveau Munich.

Non content de traiter Netanyahu de fou et d’ingrat, Trump ajoute, avec sa finesse habituelle : « Tu serais en prison si ce n’était pas pour moi. Je te sauve le cul. Tout le monde te déteste maintenant. Tout le monde déteste Israël à cause de cela ».

La trahison de Trump à l’égard d’Israël est impardonnable. Comment a-t-il pu faiblir à ce point et reculer, alors que selon les officiers israéliens mais aussi américains, la victoire était acquise avec quelques frappes de plus, aussi bien en 2025 qu’en 2026. Par deux fois, il a stoppé les opérations en plein élan, au moment où l’Iran était à bout.

25 000 frappes pour rien, alors que 2 000 de plus sur les ponts, les voies ferrées et les infrastructures pétrolières mettaient fin à la guerre par une capitulation iranienne ! Cela restera dans les annales comme une défaite impensable. Les deux plus puissantes aviations du monde sont tenues en échec par manque de détermination de « l’homme soi-disant le plus puissant du monde ».

Moyennant quoi, les Iraniens crient victoire et on les comprend :

« Avec la grâce de Dieu Tout-Puissant et sous la direction du Leader de la Révolution islamique, le peuple iranien et ses combattants ont démontré que les ennemis américains et sionistes, humiliés, n’avaient d’autre choix que d’accepter la défaite et de se rendre »

Contre une ouverture contrôlée du détroit d’Ormuz, qui a toujours été libre d’accès par le passé, les Iraniens ont obtenu l’arrêt des bombardements, la fin du blocus naval américain, la fin des sanctions, le déblocage de leurs avoirs gelés et une promesse de plusieurs centaines de milliards de dollars pour la reconstruction du pays. Pour un Iran qui a été « vaincu et humilié », c’est un pactole inespéré.

Pour le reste, nucléaire, stocks d’uranium enrichi, missiles et soutien aux proxys qui veulent rayer Israël de la carte, nul doute que Trump cédera sur tout, à la veille des midterms et par crainte d’une nouvelle fermeture  du détroit d’Ormuz. Quant à la sécurité d’Israël, ce  n’est plus une priorité, ni pour l’Amérique, ni pour l’Europe. C’est ce que Trump appelle le nouveau Moyen-Orient : un Iran plus arrogant que jamais, avec un Israël plus menacé que jamais.

Finalement, même à Munich, Hitler n’avait pas obtenu autant.

En attendant, les Iraniens, sortis renforcés de cette guerre, viennent de repousser la signature officielle du protocole prévue à Genève ce vendredi 19 juin. Ce n’est déjà plus Trump qui gère le calendrier, mais les mollahs. Inutile de préciser que les négociations qui doivent durer 60 jours ne sont pas près d’aboutir, surtout aux conditions d’Israël. Les enturbannés n’ont pas fini de faire danser le Donald !

Si on avait dit aux mollahs que le Grand Satan était leur principal allié contre Israël, ils auraient hurlé au fou. Pourtant, avec 300 milliards de reconstruction, 100 milliards d’avoirs gelés et 60 milliards de revenus pétroliers à venir, la théocratie chiite va pouvoir se réarmer sans compter et continuer de massacrer son peuple. Merci Donald !

Et le pire, c’est qu’au G7, le monde qu’on dit civilisé a applaudi à cette débâcle monumentale.

Jacques Guillemain

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