Montebourg résume le désastre : ces patrons qui ont vendu la France

Arnaud Montebourg : « Pour les patrons qui ont vendu nos grandes entreprises, le prix de la trahison de la France, c’est 15 millions ».

Nouvel extrait de l’interview d’Olivier Lluansi et Arnaud Montebourg sur la chaîne internet Thinkerview.

(Video et lien vers l’émission en bas de ce post).

Arnaud Montebourg y liste certaines affaires où de grands dirigeants ont organisé la vente d’un fleuron industriel français à des intérêts étrangers :

Contre une rémunération personnelle importante, dit-il. – Parfois sous la pression d’une opération de déstabilisation par des services secrets étrangers

Cela pose deux questions, selon lui :

Le manque de patriotisme de certaines élites ; – La naïveté de beaucoup de nos chefs d’entreprise et dirigeants concernant la guerre économique.

Selon Arnaud Montebourg, les services secrets français n’avaient pas reçu, à l’époque où il était ministre (sous Hollande, gouvernement Ayrault puis Valls), l’instruction de surveiller les agissements américains en matière d’espionnage économique. Pour l’ancien ministre, cette instruction aurait dû venir du pouvoir politique. Elle n’est pas venue malgré les révélations de Snowden. Le sujet de notre inculture en matière d’intelligence économique y est clairement posé.

Bien avant la création du SISSE en 2016, l’agitation était déjà palpable dès 2010. J’ai alors assisté, au sein de la DGE et d’autres ministères, à des empoignades verbales – polies mais fermes. Lors des interventions publiques, on comprenait entre les lignes qu’un affrontement doctrinal féroce secouait l’administration : d’un côté, les souverainistes attachés à la protection de nos technologies ; de l’autre, les mondialistes partisans de l’ouverture. Pendant ce choc des cultures en coulisses, la logique du capitalisme pur raflait la mise, illustrée par le fameux syndrome du « chèque à 15 millions ». Rien d’illégal, donc éthique. Pour la morale …

Réactions d’auditeurs sous la video 

Pourtant, l’histoire est complexe et le tableau n’est pas tout noir. On oublie facilement que ces ventes ont parfois permis de sauver ou de préserver des emplois, et que les trajectoires industrielles de l’époque n’étaient pas toujours favorables. Juger hier avec les yeux d’aujourd’hui reste un exercice délicat. Mais alors que le bruit du canon tonne presqu’à nos fenêtres, ces crises ne doivent pas nous faire perdre la raison. Elles doivent, au contraire, inciter à réfléchir avec encore plus de profondeur aux orientations stratégiques qui doivent être prise pour l’avenir.

Ce discours protectionniste, populiste et proche du complotisme, ignore les fondamentaux de la vie économique – les entreprises, ça se vend et ça s’achète, rien de dramatique là-dedans -, l’importance des investisseurs étrangers – heureusement qu’ils sont là, sinon beaucoup d’entreprises se vendraient moins bien voire pas du tout – et la situation nette de la France, qui est largement positive dans cette mondialisation – notre position nette extérieure en capital est positive et nous sommes les champions d’Europe des grands groupes, 16 sur 50 sociétés de l’Euro Stoxx 50. Par ailleurs, le rôle des conseils d’administration n’est pas de bloquer toute tentative d’achat de leur société, mais au contraire d’étudier les offres et d’en apprécier la qualité potentielle. Il peut être normal de prévoir des clauses particulières pour certains actifs réellement stratégiques pour le pays, mais ceux-ci sont l’exception. Pour le reste, c’est aux boards et in fine aux actionnaires de décider du sort des offres, certainement pas aux politiques.
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Et que fallait il faire? Nationaliser? Nous sommes un tout petit pays face aux USA. Et puisque l’Europe n’a pas su contrôler ses flux de savoirs et savoir-faire. Airbus est peut-être la seule illustration de partage européen réussie De plus, vous fustigez les écoutes à juste titre, cependant de nombreux chercheurs, universitaires font le beurre des organisations US et aujourd’hui chinoises. A l’image de l’arn messager, je pense, trouver en France et développer chez … mais pas chez Sanofi qui licencie! Marcegaglia va implanter bientôt une sidérurgie électrique la plus propre du monde en France, et nous avons laissé Arcelor tombé aux mains des Indiens. Nous souffrons et avons souffert de l’avidité prédatrice des autres, certes, mais aussi et surtout de la vénalité de nos dirigeants et d’actionnaires de politiciens sans vision. Des français ont eu froid cet hiver encore, des boulangers ont fermé alors que nous ne savons que faire de notre électricité. B.Arnault « pleure » sur les taxes américaines et sur l’impôt français alors que son groupe est fait de cadeaux de la France. L’Europe est notre seul refuge face au reste du monde, soit on y travaille, soit on continuera de souffrir et observer notre infortune. Les talents sont ici. 🙏
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(J’ai vraiment, mais vraiment, du mal à écouter tous ces (ex) politiques qui , en poste ne font rien ou n’importe quoi et, une fois dans le privé, découvre la vie et donne des leçons sur ce qu’il aurait fallu faire, ce qu’il faut faire, etc… Personnellement : C’est insupportable. Avec les elections présidentielles en approche : est ce une coïncidence ? S) .

Les services spécialisés français n’avaient pas besoin d’instructions particulières pour agir dans la défense des intérêts fondamentaux de la nation, sinon il n’y aurait jamais eu l’affaire Farewell. Peut-être que les services spécialisés, dont ceux du Minarm et suite au départ en retraite de la génération dite Farewell de 1991 à 1997, n’avaient plus le niveau de compétence requis au regard des affaires Gemplus, Alstom, BNP voire de l’attentat de Karachi avec le rapport désuet (Rapport Nautilus) d’un ex commissaire de la dst employé par DCN International. Heureusement qu’à la même époque, la direction des constructions navales, administration centrale de l’État, a monté ses propres opérations alégales réussies qui ont permis sa transformation en la rayonnante Naval Group.

 

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Les autorités ET les syndicats devraient se mobiliser lorsque des « pépites » risquent le démantèlement (Thomson, Brandt, Charles Jourdan, Air Littoral, Free Lance, ….) ou de partir à l’étranger (Zodiac, Tryba, Le Creuset, ….). Une sorte de fonds souverain s’imposerait pour prendre, temporairement le capital des sociétés menacées et envoyer une équipe compétente pour assister les premiers pas de l’entreprise une fois « sauvée ». Une réforme des tribunaux de commerce s’impose

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