Tintin, c’est qui ? C’est moi, c’est vous, c’est nous tous…
Des êtres en quête d’un moyen de meubler leur existence, oscillant entre ironie et provocation, légitimité et imposture. Armés d’une prétendue noblesse de cœur, nous voulons croire qu’il nous faut défendre les bonnes causes. En fin de compte, nous ne sommes que des Don Quichotte, poursuivant l’absurde et frétillant ravissement de l’accomplissement.
Mais nous passons tous à côté de la plaque.
Il y a parmi nous ceux que l’ennui ronge. Ceux qui ne trouvent aucun sujet assez vibrant pour arracher leur quotidien à la monotonie, et insuffler un peu d’aventure dans leur existence — tant pis si cela s’écarte cruellement de la réalité. Alors, sur un coin de table, ils confectionnent à la va-vite un crime, une offense, un viol, un génocide imaginaire. Les bases en sont improbables, souvent obscures. Qu’importe : nous laissons notre colère et notre emportement nous faire déraper, pour finalement épouser la cause à découvert, si ambiguë soit-elle.
Cette espèce de Tintins, on la croise sur tous les fronts. Ils s’abreuvent éhontément des écrits de tel chroniqueur, de tel politicien ou de quelque prêcheur bien-pensant des droits de l’homme. Ils scrutent les hommes d’État, ces conseilleurs et tribuns s’érigeant en sauveurs des laissés-pour-compte — ou du moins, ils aiment le croire. Mais attention : leur cible favorite reste le Juif. Ses actions, ses richesses, ses succès, ses provocations… et jusqu’à son droit de se défendre pour survivre.
C’est stupéfiant à quel point le Juif interpelle, intrigue et parvient à déchaîner des cataclysmes de haine si intenses. Il fait la une de tous les journaux. C’est le chouchou de l’ONU, mais aussi de ces oisifs prêts à défendre n’importe quelle cause, pourvu que le Juif, ou ce qu’il incarne, disparaisse, soit dénigré, haï, battu, et même assassiné.
Il leur faut, sans relâche, effacer toute trace de cette présence qui perturbe inlassablement la marche diabolique de notre planète.
Ces amoureux de la vertu ferment les yeux sur les violences que leurs protégés perpétuent, bec et ongles dégainés, sur leurs propres territoires… dans leurs rues, leurs trains, leurs places préférées.
Aucun avocat ne relève le gant pour hurler son indignation. Par peur, ou par une détresse feutrée suivie de quelques bribes de repentir et de remords tardifs. Car au fond d’eux-mêmes, une satisfaction inavouable les traverse lorsque le Juif en devient la victime.
C’est le prix à payer, se disent-ils, pour assouvir leur idéal. Un cynisme absurde qu’ils ne pourront pourtant plus assumer le jour où cette même violence frappera à leur porte et menacera leurs proches.
Mais d’ici là, ils n’iront jamais jusqu’au bout de leur logique.
Dans le fond, c’est exactement cette stratégie de l’équilibrisme que le président des États-Unis applique à la lettre. Il veut plaire à tout le monde : aux Arabes, aux gauchistes démocrates entichés de pacifisme, aux Iraniens dont l’ambition atomique est illimitée, et aux Israéliens qui ont placé leur destin entre ses mains. Alors il joue à la girouette. Un théâtre qui court après les vents et les courants, pour finalement l’abandonner esseulé, face à de mauvaises cartes sur son échiquier.
Sa récente mise en scène pour déclarer une victoire absolue contre l’Iran en est l’apothéose. Une victoire n’est réelle que lorsque l’ennemi mord la poussière. Or, l’Iran est loin d’avoir abdiqué : il brouille les cartes et menace tout le Moyen-Orient.
Trump incarne à la fois Chamberlain et Churchill. Il rêve d’une guerre esthétique sans casser d’œufs, et ses alliés ne savent plus à quel saint se vouer. Il veut contenter les Qataris, qui ont infiltré et corrompu le tissu national américain à coups de pétrodollars ; les Turcs, qui naviguent à contre-courant ; le Pakistan, qui protège les intérêts iraniens ; et enfin sa propre survie politique ainsi que celle de Netanyahou. Tout cet édifice risque de s’effondrer si l’Iran proclame sa victoire sur la plus grande puissance du monde. D’un même revers de manche, cela réveillera tous les démons assoupis.
En fin de compte, comme le prophétisait Churchill : il a choisi le déshonneur, il aura le déshonneur et la guerre. En attendant, c’est Israël qui voit ses illusions partir en fumée, pris au piège comme toujours au milieu des nations arabes environnantes. C’est le résultat direct si Trump cède au mauvais choix des compromis et se contente d’un accord rafistolé — un contrat qui ne résout rien, mais ouvre grand à l’Iran les portes du nucléaire.
Le proverbe qui dit qu’il faut battre le fer tant qu’il est chaud n’a jamais été aussi cruellement vrai.
Thérèse Zrihen-Dvir
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Bonjour,
Merci Thérèse.
« Un jour, les néo-antisémites jalouseront nos persécutions » (Vladmir Jankélévitch, 1969).
Les antisémites de France ne savent même pas pourquoi ils sont antisémites. Ils sont antisémites par tradition familiale, les mêmes qu’en 1940. La haine atavique et la bêtise la plus crasse, ça donne ça. Une voisine, qui connait ma sympathie et mon affection pour le peuple juif, a déclaré en parlant de ma famille qu’Hitler n’avait pas fini le boulot. Heureusement que nous ne sommes plus sous la botte nazi, sinon je filais droit vers Ravensbrück ou autres lieux. Remarquez que je lui ai rétorqué que sa famille était passée au travers de l’épuration. J’en ai parlé aux gendarmes, mais ils ont refusé de donner suite. Elle est belle! la France. Étonnons- nous après que la Justice disfonctionne et que les actes délictueux soient en recrudescence exponentielle.
Il ne faut pas oublier Xi, Putin, kim…. qui ont décidé de mettre fin à un impérialisme insupportable des yankees ce qui embarasse grandement coin coin qui a les palmes embourbées dans le lisier.