Interview de l’artiste canadien patriote Junior Dayoungztar !

Encore une interview d’un artiste Canadien. Artiste de hip-hop  partageant nos idées.

1. Pour commencer, peux-tu te présenter rapidement et nous parler de ton parcours, entre le Québec et le Japon ?

Je suis Junior Dayoungztar, rappeur, auteur-compositeur-interprète originaire de Montréal. J’ai grandi dans un environnement difficile et la musique a toujours été mon moyen de m’exprimer. J’ai connu des hauts et des bas, autant dans ma vie personnelle que dans ma carrière artistique, mais j’ai toujours continué à avancer. Aujourd’hui, je développe ma carrière de manière indépendante et je m’intéresse beaucoup au Japon, un pays qui m’inspire par sa culture, son respect des traditions et son sens de l’identité nationale.

 

2. Qu’est-ce qui t’a poussé à partir vivre au Japon, et comment cette expérience a influencé ta musique ?

J’avais besoin de découvrir autre chose que ce que j’avais connu toute ma vie. Le Japon m’a attiré parce que c’est un pays qui a su préserver son identité malgré les changements du monde moderne. Cette expérience a renforcé certaines de mes réflexions sur la culture, les traditions et l’appartenance. Musicalement, ça m’a poussé à être encore plus authentique et à assumer pleinement qui je suis, même lorsque mes opinions ne plaisent pas à tout le monde.

 

3. Tu as pris des positions très critiques sur l’immigration et le multiculturalisme. Peux-tu nous expliquer ce qui nourrit ces réflexions, et comment tu perçois les débats actuels autour de ces questions ?

Mes réflexions viennent principalement de mes observations personnelles, de mes voyages et de mon intérêt pour les questions d’identité culturelle. Je pense qu’on devrait pouvoir discuter d’immigration, d’intégration et de multiculturalisme sans être immédiatement attaqué ou étiqueté. À mes yeux, un pays a le droit de vouloir préserver sa culture, ses valeurs et sa cohésion sociale. Je ne juge pas les gens selon leur origine, mais je crois que lorsqu’on choisit de vivre dans un pays, il est normal de respecter sa culture, ses lois et son mode de vie.

 

4. Comment penses-tu que ton public au Japon réagit à ces messages, par rapport à celui du Québec ?

Je remarque qu’au Japon, les discussions sur l’identité culturelle et la préservation des traditions sont souvent abordées de manière plus naturelle. Au Québec, certains sujets sont devenus extrêmement polarisants. Peu importe où je suis, je sais que certaines personnes seront d’accord avec moi et d’autres non. Mon objectif n’est pas de plaire à tout le monde, mais d’ouvrir des discussions que plusieurs évitent.

 

5. Ton dernier projet, il parle de quoi exactement, et qu’est-ce que tu espères déclencher chez ceux qui t’écoutent ?

Mon dernier projet parle de mon parcours, de mes erreurs, de ma vision du monde, de liberté d’expression et de dépassement de soi. J’aborde des sujets controversés parce que je crois que l’art doit parfois déranger et faire réfléchir. Je ne cherche pas à imposer mes idées aux gens. J’espère simplement pousser les auditeurs à réfléchir par eux-mêmes plutôt qu’à répéter automatiquement ce qu’on leur dit de penser.

 

6. Quel impact espères-tu avoir sur la scène hip-hop québécoise ou même internationale ? J’aimerais démontrer qu’il est possible de réussir sans suivre les tendances ou chercher constamment l’approbation des autres. Je veux montrer qu’un artiste indépendant peut bâtir quelque chose de réel en restant fidèle à lui-même. Sur le plan international, j’aimerais créer des ponts entre différentes cultures et prouver qu’un artiste francophone de Montréal peut rejoindre des auditeurs partout dans le monde.

 

7. Tu as exprimé une hostilité envers l’islam. Peux-tu nous expliquer ce qui, selon toi, alimente ce sentiment, et comment tu fais la part des choses entre tes convictions personnelles et ton expression artistique ?

Quand j’étais plus jeune, j’ai tenu des propos que je considère aujourd’hui comme dégradants et condamnables. Je les regrette. Quand on est jeune, mal entouré et influençable, on peut facilement dire des choses qu’on ne referait plus jamais. J’assume cette partie de mon passé. Aujourd’hui, je suis chrétien et j’ai pris le temps de lire le Coran ainsi que d’étudier différentes religions. Ce qui me dérange, c’est ce que je considère comme un double standard dans notre société. Plusieurs personnes m’ont condamné pour certaines paroles dans mes chansons, parfois avec raison. Pourtant, lorsque je critique certains passages ou certaines idées religieuses après les avoir lus, on me traite immédiatement d’islamophobe. Selon moi, dans une société libre, toutes les religions, toutes les idéologies et toutes les croyances doivent pouvoir être critiquées. Je fais une distinction importante entre les idées et les individus. Mes critiques visent des doctrines ou des textes, pas les personnes elles-mêmes. Je respecte le droit de chacun de pratiquer sa religion, mais je crois aussi que personne ne devrait être à l’abri de la critique. Mon message est simple : avant de condamner ceux qui critiquent une religion, prenez le temps de lire les textes et de vous informer. Ensuite, formez-vous votre propre opinion.

8. Pour finir, quel message tu voudrais vraiment laisser à ceux qui te découvrent aujourd’hui ?

Ne laissez jamais les autres penser à votre place. Informez-vous, remettez les choses en question et développez votre propre vision du monde. Vous n’êtes pas obligés d’être d’accord avec moi, mais je crois que la liberté d’expression, le débat et l’esprit critique sont essentiels. Et surtout, peu importe d’où vous venez ou ce que vous avez vécu, ne laissez personne vous dire ce que vous êtes capable d’accomplir.

Interview par AlainRRBretagne

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