Bonjour à toutes et à tous, aujourd’hui j’ai le plaisir d’accueillir une artiste engagée, Amélie Paul, provocatrice, mais aussi profondément sincère. Elle a su, à travers ses œuvres, questionner notre société, et aujourd’hui, elle accepte de partager son parcours, ses engagements et ses projets.
Préparez-vous, on entre dans un univers sans compromis.
Les nouvelles de la vérité brutale
1. Pour commencer, pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours artistique ?
J’ai toujours su que je voulais travailler dans le milieu artistique, mais dans mon patelin, ça ne semblait pas vraiment envisageable. Alors je suis allée étudier en communication… pour travailler derrière la caméra. Sauf que moi, je voulais être DEVANT.
Je suis passée par le mannequinat, la télé, la comédie, puis le chant, avec plusieurs années en tournée à l’international. J’ai aussi animé des émissions, lancé un groupe de musique et exploré d’autres passions comme la naturopathie.
Bref, j’ai touché à beaucoup de choses avant de comprendre que ce que j’aimais vraiment, c’était m’exprimer librement, dire ce que les gens pensent tout bas… et faire rire avec ça.
Je suis devenue humoriste, mais pas au sens classique du terme. D’abord par le biais de capsules vidéo et maintenant avec mon « seule en scène » intitulé « Le fabuleux destin d’Amélie« .
Je suis arrivée là un peu comme on tombe dans l’eau froide: sans trop savoir nager, mais avec l’instinct de survie et l’envie de faire bouger les lignes.
Je suis arrivée là un peu comme on tombe dans l’eau froide: sans trop savoir nager, mais avec l’instinct de survie et l’envie de faire bouger les lignes.
J’ai longtemps été dans le paraître, avant de réaliser que ce qui m’intéressait vraiment, c’était d’être vraie.
Et étrangement, c’est à ce moment-là que le public est arrivé.
Et étrangement, c’est à ce moment-là que le public est arrivé.
2. Votre travail aborde des thématiques fortes liées à notre société. Qu’est-ce qui vous pousse à traiter ces sujets ?
Parce que je suis incapable de faire semblant que tout va bien quand ça ne va pas. Et ça pousse fort en dedans… Si je ne parle pas et que je ne dénonce pas les incohérences et absurdités de notre société, je meurs!
L’humour, pour moi, c’est une façon de rester vivante… et de dédramatiser ce qui devient parfois trop lourd. J’ai aussi cette pulsion d’essayer d’être du bon côté de l’histoire, même si ça veut dire me faire brasser / bousculer, parfois violemment, dans le présent.
Je suis fascinée par les contradictions humaines.
On veut la vérité… mais on ne veut pas être dérangés.
On veut la liberté… mais sans en payer le prix.
On veut la vérité… mais on ne veut pas être dérangés.
On veut la liberté… mais sans en payer le prix.
Moi, j’observe ça et j’en ris.
Parce que si on ne peut plus rire de ce qui nous dérange, on devient vite très sérieux… et très contrôlables.
Parce que si on ne peut plus rire de ce qui nous dérange, on devient vite très sérieux… et très contrôlables.
3. Est-ce important pour vous de faire réfléchir, de provoquer, ou simplement de divertir ?
Les trois. Mais surtout provoquer, je carbure à ça.
Je suis un paradoxe ambulant… j’ai besoin de me faire aimer, je ne veux jamais déplaire, mais j’ai aussi besoin de provoquer et… inéluctablement, je me fais souvent haïr pour ça.
Je suis un paradoxe ambulant… j’ai besoin de me faire aimer, je ne veux jamais déplaire, mais j’ai aussi besoin de provoquer et… inéluctablement, je me fais souvent haïr pour ça.
Mais je ne fais pas de l’humour pour donner des leçons.
Je fais de l’humour pour créer un moment où les gens se disent: “OK… j’avais jamais vu ça comme ça.”
Je fais de l’humour pour créer un moment où les gens se disent: “OK… j’avais jamais vu ça comme ça.”
Si en plus ils rient… j’ai gagné.
Si en plus ils repartent avec une petite fissure dans leurs certitudes et leurs dogmes… jackpot!
Si en plus ils repartent avec une petite fissure dans leurs certitudes et leurs dogmes… jackpot!
4. Avez-vous déjà hésité à aborder certains sujets par crainte des réactions ?
Oui, il m’arrive de m’auto-censurer pour ne pas aller trop loin.
Je pourrais oser davantage, mais je dois parfois me canaliser pour ne pas trop diviser sur certains sujets.
Je pourrais oser davantage, mais je dois parfois me canaliser pour ne pas trop diviser sur certains sujets.
J’ai aussi un côté un peu naïf: ce qui me semble banal peut être, pour d’autres, la fin du monde.
Mais à chaque fois que j’ai censuré une idée… je l’ai regretté.
Et à chaque fois que j’ai été sincère, même maladroite, ça a touché.
Et à chaque fois que j’ai été sincère, même maladroite, ça a touché.
Donc aujourd’hui, ma règle est simple :
si ça me fait un peu peur… c’est probablement que je dois le dire.
si ça me fait un peu peur… c’est probablement que je dois le dire.
5. Selon vous, y a-t-il aujourd’hui une forme de censure dans le milieu artistique ?
Énorme! Il y a certains sujets interdits sous peine d’être excommunié! La santé par exemple. Tout ce qui touchait les mesures sanitaires durant la période covid ou la santé naturelle en général. D’ailleurs, certains artistes qui ont remis en question le narratif dominant ont payé le prix fort.
Le problème, c’est que ça finit par appauvrir l’art.
Quand tu commences à calculer chaque mot pour ne pas déranger, tu ne fais plus de l’art… tu fais de la communication. Pour ne pas dire de la propagande.
Quand tu commences à calculer chaque mot pour ne pas déranger, tu ne fais plus de l’art… tu fais de la communication. Pour ne pas dire de la propagande.
Moi, je préfère prendre le risque d’être imparfaite que de devenir inoffensive ou inintéressante.
6. Vos prises de position sur le covid ont suscité des réactions, notamment au Canada. Comment avez-vous vécu cette période ?
J’en parle justement dans mon spectacle, « Le fabuleux destin d’Amélie Paul ».
Je reviens sur tout ce que j’ai vécu au Québec par rapport à mes prises de position pendant la covid.
Je reviens sur tout ce que j’ai vécu au Québec par rapport à mes prises de position pendant la covid.
J’ai payé le prix fort.
Ça a été une période très difficile, j’ai eu peur de tout perdre à un moment donné.
Ça a été une période très difficile, j’ai eu peur de tout perdre à un moment donné.
Mais avec le recul, je peux dire que ça a été un cadeau évolutif. Un effondrement qui m’a permis de rebondir plus haut.
Ça m’a permis de me repositionner, de reprendre mon pouvoir et de le canaliser dans la création.
Et c’est de là qu’est né ce spectacle.
7. Pouvez-vous nous parler de votre dernier spectacle ?
Le fabuleux destin d’Amélie Paul, c’est un spectacle à mon image :
Un mélange d’autodérision, de sujets piquants, parfois trash… mais toujours de la profondeur.
Un mélange d’autodérision, de sujets piquants, parfois trash… mais toujours de la profondeur.
Je passe mes messages en brassant la cage, en bousculant, avec des petites vérités qui piquent et qui font rire, parfois jaune.
Je parle de moi, de « la dissidence », mais aussi des plus conformistes… et je me moque de tout le monde.
Je parle de moi, de « la dissidence », mais aussi des plus conformistes… et je me moque de tout le monde.
On traverse nos contradictions, nos peurs, la sexualité…
C’est un spectacle où on rit beaucoup, où on réfléchit aussi… mais surtout, d’où on ressort rempli.
C’est un spectacle où on rit beaucoup, où on réfléchit aussi… mais surtout, d’où on ressort rempli.
Au fond, c’est une tentative de réconciliation entre des mondes devenus très divisés.
Rappeler qu’on peut avoir des opinions différentes, sans se détester pour autant.
Rappeler qu’on peut avoir des opinions différentes, sans se détester pour autant.
8. Quel message souhaitez-vous transmettre à travers cette nouvelle création ?
Que la joie, c’est subversif.
Dans un monde où tout pousse à la division, à la peur, à la réaction, rire et rester ouvert… c’est presque un acte de résistance.
Et que c’est l’humour et la joie qui vont sauver le monde!
9. Qu’est-ce qui vous motive à continuer, même face aux difficultés ou aux critiques ?
Le public. Les gens qui me disent qu’ils ont tenu bon dans des moments sombres grâce à mon humour.
Et puis il y a aussi ce sentiment d’être exactement à ma place.
D’être en train de défricher quelque chose, de participer, à ma façon, à l’émergence d’un nouveau monde artistique.
D’être en train de défricher quelque chose, de participer, à ma façon, à l’émergence d’un nouveau monde artistique.
10. Avec le recul, referiez-vous les mêmes choix ?
Oui. Il paraît que tout est parfait. Et aujourd’hui, je crois que je suis bien récompensée!
11. Si vous deviez résumer votre démarche artistique en une phrase, quelle serait-elle ?
Transformer nos contradictions, nos peurs et nos malaises… en quelque chose qu’on peut enfin regarder… et en rire.
12. Enfin, avez-vous un message que vous souhaitez adresser au public ?
Venez me voir en spectacle. Vous allez apprendre à me connaître, et peut-être réaliser que l’image que vous vous faisiez de moi était, au fond, assez loin de la réalité.
On va rire, se moquer de nous-mêmes, se réconcilier… et peut-être, au passage, se reconnaître un peu.
Pour réserver vos billets pour Le fabuleux destin d’Amélie Paul: https://ameliepaul.com/
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