A toutes les femmes musulmanes

À toutes les femmes musulmanes

Femme enfermée, couvée sous un mâle insensible

Oh ! jeune liberté, convoitée telle une cible,

C’est en mâle arrogant qu’il étouffe ta peau

Sous ce drap noir poo vache épargné au troupeau.

 

Il couvre tout ton corps comme un produit de foire,

Qui vaut le temps juteux qu’est fraîche toute poire.

Tu fus presque achetée à ton père, à ton oncle

Comme au médecin qu’on paie pour couper un furoncle.

 

Il t’a bien martelé que tes pauvres consœurs

Vont à la dure usine au matin jusqu’au soir

Trimer pour leur famille au prix de la sueur

Dont ta maison-prison t’épargne le devoir.

 

Il t’a fait croire au mythe où l’insouciante esclave

A bien plus belle vie que l’ouvrier qui bave

Pour un maigre salaire, au lieu de tes bijoux

Que les jours, les années te deviendront des poux.

 

Il dépeint les bureaux et l’usine qui tenaillent

La femme libérée où ses talents travaillent.

« Factice liberté ! », dira-t-il en ignare.

Au lieu que de produire, il aime la bagarre.

 

Au lieu d’avoir usine en efforts créatifs

Il asservit la femme en hadiths bien poussifs

Qui rebutent l’esprit habitué aux Lumières

Dont jamais la paresse a vicié les manières.

 

Don Juan du couteau, de la gifle et du viol,

À visage de femme lançant du vitriol,

Avez-vous la conscience au moins de l’animal

Qui pour manger ne pousse aussi bas dans le mal ?

 

Ton maître cloue ta vie sur croissant marital,

T’interdit l’envoutant parfum occidental.

Et dans la rue sans lui ta laideur accoutrée

Dit à tous ton silence et ta prison mariée.

 

Ton cœur a-t-il besoin d’une laisse à tout chien

Qui dit à ton époux que tu ne pèses rien ?

Que tu n’iras ailleurs que selon son caprice ?

Que ta propre vertu ne nourrit que son vice ?

 

Toi, femme au voile en deuil de ta propre personne,

As-tu l’oreille ouverte aux cris dont l’air résonne ?

Il porte un fort message à ton corps recouvert

D’un tissu aussi noir que la nuit du désert.

 

Lève un regard au ciel où vibrent les étoiles.

Imagine les yeux des marins à leurs voiles

Qui dénudent en pensée au grand vent de la mer

Tes bras tant désirés dans leur voyage amer.

 

Vois tous ces beaux garçons dont les yeux s’illuminent,

T’imaginent toute autre, au lieu qu’ils ne fulminent

À te voir accablée d’un lourd manteau de toile

Sur ton corps asservi, plus beau que toute étoile.

 

Tout ton cœur le ressent. Il vit ces sombres choses

Par peur et sans les clés ouvrant tes portes closes.

Va donc, brise ta chaîne au feu des vérités

Qui peuplent tous les ciels dotés de libertés.

 

Il est plus que stressant de sortir de prison

Quand on est chien nourri depuis que nourrisson.

Pousse cœur et raison à rêver aux fenêtres,

Au grand air parfumé tonifiant tous les êtres.

 

L’Occident est le havre où tes rois t’ont menée

  Si d’un coup sec et fort

    Ton âme en fait l’effort,

Les beaux jours à tes pieds seront de fleurs semées.

 

Écoute ta raison dont on t’a tant privée.

L’écriture sacrée est de folie gavée.

Suis cette voie narrée par tout sens et pensée

Que toute femme libre a dans son cœur tracée.

 

 

C’est au soir de sa vie que droits chemins se voient.

La jeunesse, apeurée par les chiens qui aboient,

À la bouée des vieux pour guide et pour stratège,

Vaincra en cassant net et la chaine et le piège.

Jacques Légaré 

né en 1948

comme à mes 17 ans.

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