Berlioz, l’éternel mal-aimé

Nul n’est prophète en son pays“, dit-on. Voilà une maxime qui pourrait s’appliquer à Berlioz, fort peu apprécié en France de son vivant ; encore aujourd’hui nombre de mes compatriotes font la fine bouche quand j’évoque le nom de ce compositeur totalement hors-normes. Il aura fallu attendre une intégrale Berlioz réalisée par le chef anglais Colin Davis à l’occasion du centenaire de sa mort en 1969 pour que l’on commence à s’intéresser à sa musique, mais il y a encore beaucoup à faire pour une réhabilitation complète.

Hector Berlioz est né le 11 décembre 1803 à la Côte-Saint-André (Isère) et mort le 9 mars 1869 à Paris.

Le Corsaire est une ouverture composée en 1845 et créée le 18 janvier de la même année au Cirque-Olympique des Champs-Élysées à Paris. Insatisfait, Berlioz remania l’œuvre en 1851 et dirigea la seconde version le 8 avril 1854 à Brunswick, en Allemagne. Berlioz n’était pas que compositeur, il était aussi chef d’orchestre, critique musical et écrivain à l’occasion. Il est l’auteur d’un traité d’instrumentation publié en 1844 et révisé en 1855. Sur le site de la Bibliothèque Nationale de France, vous pourrez consulter et télécharger l’ouvrage (version de 1844) :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9641228f/f11.item.texteImage

L’ouverture Le Corsaire est typique de Berlioz, une composition enflammée, une orchestration brillante ce qui peut expliquer l’incompréhension du public français à l’époque, et encore de nos jours, il suffit de contempler cette caricature :

Mais la musique de Berlioz savait aussi se faire intimiste, comme le prouve ce recueil de six mélodies, Les nuits d’été, sur des textes de Théophile Gautier extraits de La Comédie de la mort (1838). Les nuits d’été ont été publiées en 1841 dans une version piano et soliste et orchestrées par la suite. J’ai choisi de vous présenter la version due à Anne Sofie von Otter accompagnée par les musiciens du Louvre dirigés par Marc Minkowski. Si vous suivez mes articles (et j’espère que c’est le cas, non mais !) vous avez déjà vu apprécier Anne Sofie von Otter dans Je suis grise d’Offenbach. Cette soliste est suédoise et parfaitement bilingue, comme vous pouvez le constater. Petit bonus, ces mélodies sont sous-titrées ! Anne Sofie nous emmène littéralement au paradis ! Comme quoi, la Suède est capable de nous donner d’autres choses que des cyborgs tels qu’une certaine Greta T…

J’en ai déjà parlé, Berlioz n’a pas trouvé en France le succès qu’il attendait. Il s’est donc beaucoup déplacé, en Belgique, en Allemagne, en Russie, en Hongrie ; dans ce dernier pays il s’est lié d’amitié avec Franz Liszt, qui a contribué à faire connaître l’œuvre de Berlioz grâce à ses transcriptions pour piano comme La symphonie fantastique ou Harold en Italie (piano et alto). Dans sa vie il aura reçu plusieurs distinctions et pas des moindres (capture d’écran Wikipédia) :

Et maintenant, permettez-moi d’ouvrir une parenthèse : parmi toutes les distinctions reçues par Berlioz, figure la Légion d’honneur.

Mais au fait, c’est quoi, la Légion d’honneur ? Il s’agit de la plus haute distinction française instituée le 19 mai 1802 par le Premier consul de la République, Napoléon Bonaparte. Elle récompense depuis ses origines les militaires comme les civils ayant rendu des services éminents à la Nation.

Force est de constater que depuis quelque temps, elle a tout de la médaille en chocolat. D’abord attribuée à des personnes mises en examen, elle a été remise récemment à un certain Volodymyr Zelensky, et pas n’importe quoi ! Grand-croix, s’il-vous-plaît, le grade le plus élevé ! Berlioz n’a eu droit qu’au titre de chevalier ! Alors que Zelensky, avant son élection ait joué du piano avec son cinquième membre ou qu’il se soit présenté sur scène à poil avec une guitare, c’est déjà pas terrible. Maintenant, qu’il bombarde sa propre population, qu’il fasse l’apologie d’un certain Bandera, que le régiment Azov arbore fièrement des insignes nazis, ça commence à devenir limite. Mais la Légion d’honneur ! Quels services ce bouffon a rendu au pays ? Aucun, il me semble, et j’ajouterai même que Zelensky est un nuisible. Il ruine notre pays avec la complaisance de l’UE et de ses valets, des milliards payés avec nos impôts, il dépouille notre armée avec nos munitions, nos canons et  bientôt nos chars. Cette pourriture n’exclut pas non plus la possibilité d’une troisième guerre mondiale. J’estime que celui qui a remis la plus haute distinction du pays à l’ordure Zelensky a rabaissé la France au niveau d’une république bananière. C’est ni plus ni moins de la haute trahison et le responsable devrait être sévèrement puni. Si on était en état de guerre, pour les traîtres, douze balles dans la peau, pour les demi-traîtres, six balles suffiront (Clemenceau).

Fin de la parenthèse !

On continue avec la Symphonie funèbre et triomphale écrite en 1940 en hommage aux victimes de la Révolution de 1830. La voici, jouée par un orchestre russe, eh oui !

Enfin, difficile de terminer sans évoquer la version Berlioz de la Marseillaise, version devenue officielle, elle fut orchestrée en 1830. À la suite de cette orchestration, Rouget de Lisle écrivit à Berlioz la lettre suivante :

Et voici maintenant cette Marseillaise avec les chœurs et l’orchestre du Capitole sous la direction de Michel Plasson :

Un doigt de complotisme en s’amusant ?

Prochainement, nous nous rendrons en République Tchèque.

Filoxe

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 Commentaires

  1. Bel article, bravo !
    Et, bien évidement, entièrement d’accord avec toi concernant le héros européen du politiquement correcte, l’ordure Zelensky.
    Berlioz était assez atypique, et tous les atypiques ont attiré méfiance et réserve. Mais pour un grand artiste, il faut être très atypique.
    Berlioz a aussi réalisé son Grand Traité d’instrumentation et d’orchestration modernes qui fait encore référence.
    Il a été journaliste et critique musical. Comme il l’a lui-même expliqué, le métier de critique lui permit notamment de s’armer contre les « haines furieuses et presque innombrables » qui se déchaînèrent contre sa musique.

  2. Bonjour,

    Merci Filoxe.

    Je ne connais pratiquement rien à la musique classique.

    Mais je nourris une passion pour la Symphonie fantastique que m’a fait découvrir, longuement, mon professeur de musique de quatrième, au lycée.

    J’ai toujours rêvé de la diabolique Harriet !

    D’ailleurs, malgré mon inculture, je reconnais, à la radio, toujours du premier coup, une oeuvre de Berlioz.

    Que Berlioz soit “mal aimé” me frappe : c’est l’un de nos plus grands génies.

  3. Berlioz a eu aussi son billet de banque. Dix francs pour un tel génie, c’est peu. Merci Filoxe pour cette brillante évocation.

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