Bally Bagayoko et la liberté d’antenne : quand la lutte contre le RN oublie le droit…

Vouloir combattre le Rassemblement National est une position politique légitime. Vouloir l’interdire de médias ne l’est pas.
En demandant sur LCI l’interdiction du premier parti de France à la télévision, Bally Bagayoko ne défend pas la démocratie contre l’extrême droite, il défend une démocratie sans contradiction.
Le problème est triple :
Juridique : l’Arcom impose l’équité. Interdire le RN, c’est sortir du cadre républicain que l’on prétend défendre. On ne combat pas une idée en l’empêchant de s’exprimer, on la combat en la contredisant.
Politique : Assimiler le RN, qui rassemble des millions d’électeurs, à un « groupuscule raciste dissous » est une facilité rhétorique. Si le RN est raciste, que la justice le dissolve. Tant qu’il est légal et financé par l’Etat, il a le droit d’antenne. Sinon, ce n’est plus de l’antifascisme, c’est de la censure préventive.
Stratégique : A Orléans, après Trappes, le pays avait besoin d’unité et de justice. Pas d’une surenchère qui alimente exactement le sentiment de deux poids deux mesures dénoncé par une partie des Français: « on me censure, donc j’ai raison« .
Bally Bagayoko, élu d’une ville populaire qu’il connaît, aurait beaucoup à dire sur l’insécurité, le logement, les trafics autour de la gare de Saint-Denis. Le choix de faire de l’interdiction médiatique son marqueur national l’enferme dans une posture : celle de celui qui veut éteindre la télé au lieu d’allumer le débat.
On ne défend pas la République en éteignant des micros.
Jeanne La Pucelle

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