Ursula von der Leyen et l’hyper-présidence : ambition personnelle et verticalisation du pouvoir européen
Depuis sa reconduction en 2024, Ursula von der Leyen a accéléré une transformation déjà engagée lors de son premier mandat : la Commission européenne passe d’une institution collégiale à une structure de plus en plus présidentielle, centrée sur son cabinet au 13ᵉ étage du Berlaymont.
Des sources internes, rapportées par Politico et des médias bruxellois, décrivent un fonctionnement pyramidal. « Absolument tout se décide au cabinet de la présidente », résume un haut fonctionnaire. Deux personnes tiennent les rênes : der Leyen elle-même et son directeur de cabinet de longue date, Björn Seibert. Les commissaires, y compris certains vice-présidents, sont souvent mis à l’écart ou maintenus occupés dans des « groupes de projet » transversaux qui diluent les responsabilités. Les directeurs généraux, souvent nommés ou proches de la présidente, gagnent en influence directe, tandis que la collégialité prévue par les traités s’érode.
Cette évolution s’appuie sur les crises (Covid, Ukraine, tensions géopolitiques) qui ont permis à la présidente de la Commission de s’imposer comme le visage visible de l’Union, parfois au-delà de ses compétences formelles. Elle a renforcé le contrôle de la communication, réduit le nombre de porte-parole, et concentré les arbitrages budgétaires et politiques majeurs. La réforme administrative en cours – meilleure coordination des services, intégration de l’intelligence artificielle, simplification – est présentée comme un gain d’efficacité. Mais d’anciens hauts responsables, comme Jean-Luc Demarty (ex-directeur général Commerce et Agriculture), alertent : sans retour à une vraie collégialité, la centralisation autour d’une seule personne risque d’en limiter les bénéfices et de fragiliser l’institution.
Ambition personnelle et figure « impériale «
Le style de der Leyen révèle une ambition claire : faire de la présidence de la Commission un véritable centre de pouvoir exécutif, capable de parler et d’agir au nom de l’Europe face aux États membres et au monde. Dans un contexte où les dirigeants nationaux (France, Allemagne) apparaissent affaiblis ou polarisés, elle s’est positionnée comme le pivot opérationnel. Des critiques parlent d’ »hyper-présidente », de « reine Ursula » ou même d’ »empereur » : une figure qui concentre l’initiative, la communication et le contrôle, au-dessus des présidents et chefs de gouvernement nationaux. Cette personnalisation du pouvoir n’est pas seulement technique ; elle s’inscrit dans une vision/volonté d’une Union plus unie et plus capable d’agir collectivement, où la Commission et surtout sa présidente assume un rôle de leadership géopolitique et économique, bref cela ressemble furieusement à un glissement vers l’impératrice Ursula…
Alors, vers une Europe des régions ou au contraire… ?
L’idée d’une « Europe des régions » (subsidiarité renforcée, rôle accru des collectivités territoriales) ne semble pas être pour l’heure le chemin privilégié. Les propositions de cadre financier pluriannuel 2028-2034 vont plutôt dans le sens d’une recentralisation : fusion de programmes (cohésion, agriculture…), plans nationaux et régionaux contrôlés davantage par les États et Bruxelles, réduction du rôle direct des régions et des villes dans l’allocation des fonds. Des élus locaux et le Comité européen des régions y voient une triple centralisation qui éloigne le projet européen des territoires.
En résumé, les desseins de der Leyen apparaissent, sous prétexte d’efficacité et d’unité » la construction d’un Commission hyper-présidentielle, capable de trancher rapidement et de représenter l’Europe d’une seule voix. Ce modèle renforce le poids de la présidence face aux États-nations, mais au prix d’une collégialité affaiblie et d’une distance accrue avec les niveaux régionaux. Qu’il s’agisse d’ambition personnelle ou de conviction institutionnelle, le résultat est le même : un exécutif européen de plus en plus vertical, où le 13ᵉ étage du Berlaymont concentre un pouvoir inédit. Reste à voir si cette hyper-présidence consolidera durablement l’Union ou générera des résistances institutionnelles et politiques… Pour l’heure le Fûhrer Der Leyen fait bien ce qu’elle veut, se fichant complétement et des peuples (régions comme Etats) et de leurs dirigeants, comme on l’a vu pour le Mercosur. Et c’est ce monstre impérial que l’on n’a ni voulu ni choisi qui nous jette tête baissée dans la mondialisation sauvage et la guerre avec la Russie avec l’aide efficace des Macron de l’Europe.
Robespierre, reviens ! Il y a du boulot pour libérer à nouveau les peuples !
Christine Tasin
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