Pour un médecin à la retraite, choisir un excellent médecin devient rapidement aussi difficile que pour un patient.
Un lecteur m’a écrit « Pour vous médecin cest facile de consulter un bon médecin et pas un mauvais, mais pas pour moi ! » C’est vrai, mais après ma retraite je me suis rapidement trouvé dans la même situation difficile que tout patient : les collègues appréciés ? A la retraite ou décédés.
Juste un exemple personnel et instructif d’hospitalisation. Vu ma brève expérience personnelle, un médecin généraliste (paniqué par mon électrocardiogramme ou incompétent ?) m’ayant envoyé en ambulance dans l’hôpital proche, transport auquel je me suis opposé à ce médecin puis à l’ambulancier diplômé qui n’appelait pas le médecin responsable de ce service de sauvetage. Finalement, encadré par un médecin qui me semblait pas simplement ignorant, incompétent et /ou stressé mais obtus et autoritaire, assisté de trois employées soumises prêtes à jouer les aides en psychiatrie pour m’injecter Dieu sait quoi, et d’un ambulancier diplômé (de plus avec un assistant) soumis à ce médecin appelant, j’ai choisi de rester en vie, me suis tu en espérant qu’on m’apporte une décharge à signer.
A entendre des connaissances ayant été prises en charge dans cet hôpital proche comprenant quelques centaines de lits aigus, cet établissement public m’a semblé avoir bien des problèmes de qualité, de déontologie, d’encadrement, de personnel et de médiocrité à corriger. Problèmes pour certains, mentionnés, dans un e-mail, au Médecin chef du Service où j’avais été hospitalisé moins de 48 h puis au Directeur médical ; problèmes qui m’ont semblé dus aussi au laisser aller, au manque de déontologie, aux irrespect de lois, et parce que, tout comme la sécurité sociale hospitalière anglaise ou française, cet hôpital engage beaucoup trop de médecins et d’infirmières de la diversité et donc de culture étrangère. En outre dans mon pays, les bien trop nombreux frontaliers (dont bien du personnel soignant), venant, en réalité, de Paris et du nord de la France, mais se domiciliant en Savoie, (maintenant on trouve aussi de plus en plus de Belges…) ont une culture du travail très différente de la Suisse, ce qui selon la Loi de Meijer est de plus en plus néfaste pour la Suisse, surtout qu’il y a un chômage croissant en Suisse (un peu plus de 5 % maintenant en comptabilisant les chômeurs ne touchant pas l’assurance chômage), avec un bonne proportion de jeunes et moins jeunes universitaires, ce qui est très révoltant. La situation a bien changé depuis 1950–1975 où le chômage était inexistant en Suisse! Et ce sera pire si les Suisses se soumettent et donnent la Suisse à l’UE, avant que l’UE et ses pays soumis s’effondrent en cascade comme les pays de l’URSS.
Qui peut croire que la qualité des soins aux patients va s’améliorer quand un petit hôpital public achète un robot chirurgical qui coûte des millions ? N’oublions pas que le grand chirurgien français Auguste Nélaton (1807-1873), celui de la sonde vésicale de Nélaton, a affirmé la bonne anesthésiologie va tuer la bonne chirurgie. Certains « progrès » malmenés ont déséquilibré nos systèmes de santé. Quand, comme le fait la Sécurité sociale anglaise dans ses hôpitaux, sont engagés comme médecins et infirmières des digital natives, on prépare le terrain pour l’arrivée de médecins soumis à l’intelligence artificielle, sans les avoir convaincus que pour le moment l’IA est inexplicable, imprévisible et surtout incontrôlable. Bref, après cette brève expérience d’hospitalisation, ayant finalement un diagnostic manquant de la précision nécessaire pour choisir entre les alternatives thérapeutiques, j’ai prospecté et j’ai choisi un autre établissement hospitalier dans lequel un chirurgien cardiaque excellent et expérimenté le Professeur Maurizio Taramasso est intervenu avec succès et efficacité.
J’ai lu le rapport annuel 2025 de cet hôpital où j’ai été amené aux Urgences en ambulance. J’ai été surpris de ne pas y trouver en priorité des indicateurs précis de résultats dénommés aussi PoKey Performance Indicators KPI. Pourtant ces indicateurs sont la priorité dans un établissement sanitaire. Ils dépassent la simple gestion administrative, devenue bien trop bureaucratique, pour toucher directement à l’efficience clinique, la sécurité, la qualité des diagnostics et des soins et la gestion des ressources humaines tant médicales que soignantes.
Tout pilotage sélectif d’un établissement s’appuie, en priorité, sur ces indicateurs qui fournissent des informations exploitables et indispensables pour garantir des soins de haute qualité, l’efficacité opérationnelle, le meilleur personnel, la conformité réglementaire, la viabilité financière, etc. Tout choix par un patient ou un médecin en formation postgraduée repose sur ces indicateurs précis de résultats, comme je l’ai du reste rappelé dans des exposés il y a 45 ans et une fois de plus dans un court article récent répertoriant les cinq catégories de telles clefs de performance: Qualité clinique et Sécurité des soins (Résultats patients). Efficience opérationnelle et Gestion des lits. Management et Performance de l’équipe médicale et infirmière. Performance Médico-Économique. Expérience Patient. (https://resistancerepublicaine.com/2026/10/10/avez-vous-choisi-le-bon-medecin-chef-pour-vous-prendre-en-charge/)
Comme je pouvais m’y attendre, dans ce rapport je n’ai trouvé qu’un indicateur précis de résultats: « Au cours des deux dernières années, l’hôpital a enregistré une augmentation de 68 % des cas d’incivilités envers le personnel médico-soignant, médico-thérapeutique, technique, d’intendance, de restauration ou administratif. » Des agents de sécurité sont en renfort chaque semaine. » Cet hôpital fait comme tant de nos élus avec la criminalité, il choisit de s’attaquer pas aux causes et à leurs exécutants, mais aux conséquences sur leur délicat personnel, cela en oubliant les patients; ne sont-ils plus la priorité ?
De mon temps il n’y avait pas d’agents de sécurité dans nos hôpitaux ! L’état de notre système de santé se dégrade; si nos élus et nos autorités sont incapables de le remettre rapidement d’aplomb, se rendre aux Urgences dans de plus en plus nombreux établissements hospitaliers publiques suisses, ce sera se rendre directement dans le tiers-monde, comme en France. Un pays, qui au lieu de choyer les siens, augmente ses dettes pour aider les autres et importe le tiers-monde, devient rapidement le tiers-monde.
https://resistancerepublicaine.com/2026/10/24/vous-vous-plaignez-davoir-bien-de-la-peine-a-acceder-a-un-medecin-vous-avez-raison/
Choqué par cette découverte, pour comparer, j’ai cherché alors le Rapport annuel 2025 de l’hôpital cantonal où j’ai été médecin chef 20 ans et qui comprend un peu plus de 630 lits aigus. Je n’y ai trouvé comme indicateurs précis de résultats, qu’un graphique sur l’absentéisme du personnel, guère instructif et inutilisable pour diminuer cet absentéisme, un autre sur la satisfaction des patients en 2024 et 2025 pas plus instructif et passant à côté des problèmes, mais plusieurs indicateurs avec de jolis graphiques coloriés sur la durabilité de l’hôpital et de certains de ses services, en particulier l’anesthésiologie, soit la diminution de la production du CO2, cela en diminuant l’utilisation du protoxyde d’azote qui pourtant est un déchet industriel (ce qui devrait plaire aux écolodingos) et certains agents anesthésiques volatils, ce qui semble être devenu, vu le nombre de courbes et graphiques, la priorité des soins bien trop coûteux de cet hôpital.
Quand j’ai pris ma retraite en 2000, je n’imaginais pas que les coûts de la santé augmenteraient tellement plus que les versements de l’AVS (Assurance-Vieillesse et Survivants le dit 1er pilier social du système de prévoyance en Suisse) et les salaires, que certains hôpitaux publiques se féliciteraient dans leur rapport annuel d’avoir fait des millions de bénéfice et/ou de diminuer la production de CO2 alors que nos primes d’assurances augmenteraient tellement, que des taxes supplémentaires et des augmentations de la TVA pourraient encore être créées, que tant de mes jeunes collègues médecins endoctrinés deviendraient semblables à ceux formés à la Lumumba à Moscou, l’Université de l’amitié des peuples et que des réglementations ineptes pourraient être ajoutées aux réglementations ineptes. Médecin cadre hospitalier retraité j’ai été contraint d’observer que l’inimaginable pouvait se concrétiser.
Malheureusement la médecine et les soins reflètent le déclin généralisé de la société, déclin orchestré évidemment.
Ma curiosité insatisfaite, j’ai lu le rapport annuel du Herzzentrum (centre de cardiologie) auquel j’ai finalement fait le choix de me confier où opère le chirurgien conseillé par le Professeur de chirurgie cardiaque Thierry Carrel que je connais depuis très longtemps. et qui a fait que son service de chirurgie cardiaque à l’Inselspital était devenu le meilleur de Suisse. Ce centre de cardiologie s’est révélé excellent: qualité, hygiène, sécurité, efficacité, résultats, infirmières compétentes pour la très grande majorité autochtones. Pourquoi? Parce que tant le chirurgien que le cardiologue qui m’ont pris en charge étaient excellents et très expérimentés. Il est bien connu que les bons cadres médecins attirent de bons collaborateurs autochtones alors que les cadres médecins médiocres peinent à trouver des infirmières instrumentistes, des infirmières anesthésistes etc, et n’attirent pas de bons personnels autochtones, ce qui est devenu la triste réalité hospitalière manifeste depuis 50 ans.
Ce rapport annuel contenait, des éléments indispensables prouvant que j’avais fait un bon choix, non seulement tout un chapitre d’indicateurs précis de résultats mais aussi leur comparaison à ceux d’autres services de cardiologie et de chirurgie (EACTS – Programm zur Qualitätsverbesserung).
Avec le conseil d’un bon médecin que l’on connait personnellement et à qui on demande « que feriez-vous si vous étiez à ma place », connaître leurs indicateurs précis de résultats / clés de performance est ce qu’il y a de plus utile et sûr dans une démarche pour choisir un établissement hospitalier, un médecin cadre, un cabinet de groupe, un libre praticien, le centre de santé de son village et ne pas être déçu par la suite. Le web, à la condition d’être bien utilisé et d’avoir un esprit bien critique, est un outil utile pour trouver de tels indicateurs.
PD. Dr. méd. Dominique Schwander
novembre 2026
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La perte abyssale de niveau dès le primaire se retrouve au final dans toutes les études et dans toutes les professions jusqu’au plombier ( expérience vécue de l’artisan qui ne sait pas lire son catalogue pour commander une pièce).