Il y a quinze jours, c’était l’émoi général en Allemagne, en France et dans toute l’Europe : l’AfD était arrivée largement en tête d’une élection régionale, avec près de 45 %, dans la Saxe-Anhalt. Bien sûr, immédiatement, le parti d’Alice Weidel était qualifié de néo-nazi par toute la caste politicienne et les médias, et même le RN, par Tanguy interposé, se sentait obligé de donner le coup de pied de l’âne. Seul Reconquête se réjouissait de cette percée, y voyant la concrétisation de son refus de l’immigration massive.
Bien sûr, pas grand monde n’avait étudié le programme de l’AfD, qui, parmi ses principales mesures, ose défendre la sortie de l’Union européenne, bien que l’Allemagne y fasse la loi, un rapprochement avec Poutine contre la politique belliciste de l’UE, et la remigration massive des clandestins et des immigrés qui n’ont rien à faire en Allemagne.
Certains diront que les scores de l’AfD ne sont possibles que dans l’ancienne Allemagne de l’Est, et que ce dimanche, les deux élections régionales, dans la ville de Berlin et la région de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, seront moins favorables aux identitaires allemands. Nous aurons la réponse dans quelques heures.
Mais ce qui est intéressant de constater, c’est qu’aucun candidat patriote ne reprend les trois thèmes mis en avant par l’AfD : la sortie de l’Union européenne, le rapprochement avec la Russie, et donc la fin du financement de l’Ukraine pour continuer une guerre perdue, et une remigration massive.
Par exemple, Florian Philippot, si combatif sur la sortie de l’UE et le rapprochement avec la Russie, ne parle jamais de l’islam, ni de remigration, même s’il combat l’invasion migratoire.
Nicolas Dupont-Aignan, qui s’est beaucoup rapproché des Patriotes de Philippot sur la sortie de l’UE et la Russie, ne parle jamais, lui non plus, d’islam ni de remigration.
Éric Zemmour, si courageux sur la remigration et l’islam, ne veut pas entendre parler de la sortie de l’UE, et se met au diapason de l’ensemble de la classe politique en critiquant, lui aussi, Poutine.
Marine Le Pen, dont le parti a refusé de siéger à Bruxelles avec l’AfD, contrairement à Reconquête, ne veut pas entendre parler de remigration, ni de sortie de l’UE, ce qu’elle mettait en avant jusqu’en 2017, mais a assuré que la France ne subventionnerait plus l’Ukraine si elle arrivait au pouvoir.
Nous savons que ces trois positions sont combattues par les macronistes, et par l’ensemble de la gauche, même si Mélenchon, qui les combat tous les trois, est plus malin pour mieux dissimuler son jeu.
Mais par contre, dans la sphère patriote, aucun chef de parti n’est capable de reprendre les trois principaux axes du programme de l’AfD, pourtant totalement adaptable à la France. Est-ce par réelle conviction, ou parce qu’ils sont convaincus que les Français ne sont pas mûrs pour un tel programme, et que le mettre en avant dans notre pays serait un suicide politique ?
Nous ne sommes pas capables de répondre à cette question, nous ne faisons qu’un constat, en attendant le résultat des élections allemandes du jour.
Cyrano
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Au royaume des hypocrites, les faux-culs sont rois. Nos partis politiques en guise de remède ne proposent que des placebos.