Ils nous prennent pour des jambons, ou, plutôt, pour des gosses de 5 ans privés de dessert. Et le dessert c’est… le permis de conduire…
A se demander ce que fument 24h sur 24 les auteurs de cette dernière tartufferie macronienne. D’ailleurs il est bien placé, celui-là, sur le sujet, mais peu lui chaut, il peut sniffer dans le wagon qui le ramène d’Ukraine avec ses copains Stolz et Merz, il ne conduit jamais… ce n’est donc pas la privation de son permis (l’a-t-il, d’ailleurs) qui va lui faire mal.
C’est la dernière invention de nos génies de la Place Beauvau. Depuis le 18 août, avec la loi RIPOST, le préfet peut te suspendre le permis de conduire pour 6 mois si tu es verbalisé deux fois pour usage de stupéfiants. Même si tu n’étais pas au volant. Même si tu étais chez toi. Même si tu n’as pas de voiture.
On a bien lu. T’es un sale con (je considère que les gens qui se droguent sont des sales cons, je le dis) tu fumes un joint sur ton canapé (un voisin dans l’immeuble en face te dénonce, c’est noté !) contrôlé une deuxième fois six mois plus tard, et hop, le préfet peut te sucrer le permis. Sans juge. Par arrêté. Le tout au nom de la « prévention »: tu es drogué aujourd’hui, tu pourrais conduire demain.
Mais de qui se moque-t-on ?
Parce que pendant ce temps, la drogue, elle, est partout. Vraiment partout. Devant les collèges à 16h30, sur Snap avec livraison à domicile en 20 minutes comme une pizza, dans les halls, dans les gares. Et là, police et justice sont aux abonnés absents. On nous dit « on n’a pas les moyens », « c’est compliqué », « il faut des enquêtes longues ».
Par contre, pour taper sur le permis du consommateur lambda, là on a les moyens. C’est magique.
C’est quoi l’objectif ? Faire croire qu’on agit ? Parce que si on veut vraiment arrêter ce fléau, ce n’est pas en bricolant le Code de la route qu’on va y arriver. C’est une amende carabinée qui fait mal, c’est de la prison ferme pour les trafiquants, c’est des travaux forcés dans les champs pour ceux qui pourrissent les quartiers. Oui, des travaux. Pas de travail, pas de pain. Pas des mesurettes pour faire de la com’.
Et le plus beau, dans leur raisonnement de débiles ils pensent que le camé a peur pour son permis. Mais quelle déconnexion !
Vous croyez sincèrement que le mec qui s’enfile 3 grammes par jour se dit « oh mon dieu, mon permis 12 points » ? Vous croyez que les centaines de milliers de « Nahel » qui roulent tous les jours sans permis, sans assurance, en moto-cross volée, en vont avoir quelque chose à faire de votre suspension préfectorale ?
Vous allez suspendre le permis de gens qui n’en ont déjà pas. C’est Kafka qui fait du zèle.
Le pire, c’est que même la gauche et les assos addictologues avaient dénoncé le truc: c’est inconstitutionnel, ça rompt le lien entre l’infraction et la peine. Le Conseil constitutionnel a validé quand même. On punit un fait futur hypothétique. Du jamais vu.
On ne veut pas d’un État nounou qui nous retire le permis parce qu’on a fait un truc illégal chez soi. Si c’est illégal, sanctionnez-le pour ce que c’est: de la drogue. Pas avec un tour de passe-passe administratif.
On veut un État qui coupe la source. Qui fait fermer les points de deal. Qui arrête la livraison de shit à domicile. Qui met 5 ans ferme, incompressible, pour trafic.
Mais ça, c’est trop dur. Alors on fait ce qu’on sait faire de mieux: emmerder l’automobiliste français.
Christine Tasin
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Ou pire, tu cours faire ton jogging et tu traverses un parking ou la vitesse est limitée à dix kilomètres heures, tu sprintes au-delà de la vitesse autorisée, et tu es flashé par les flics. Suspension du permis ou pas? Ou, quand l’intention sans passage à l’acte peut-elle être punie : Mon voisin me fait chier, j’ai des envies de le tuer. Cat devient du n’importe quoi.
Excellent Argo merci !