« Si c’était l’Aïd… »: le nouveau code pénal de l’hypothétique

À Fleury-les-Aubrais, un homme de 41 ans nommé Halime a croisé, un dimanche matin après une nuit blanche très alcoolisée, un groupe de militants du Rassemblement national en plein tractage. Fixant le conseiller municipal Guillaume Boutard (photo ci-dessus), il a lâché cette phrase délicate :
« Si c’était l’Aïd, ça serait comme les moutons, on vous aurait égorgés. »

L’élu a porté plainte pour menaces de mort à l’encontre d’un élu. Deux mois de détention provisoire. Le procureur a requis six mois de prison dont trois ferme, plus interdiction du marché. Et puis, jeudi 20 août, le tribunal correctionnel d’Orléans a tranché : relaxe !  Motif : le délit n’est pas constitué.

Ah, ces conditionnels… ces hypothèses… on ne m’a jamais montré la grammaire sous cet angle (hélas ! ou tant mieux ?) !  quand je chantais « si j’avais un marteau ».

Sont incroyables, ces « si » magiques qui transforment une menace d’égorgement en simple commentaire météorologique sur le calendrier musulman.

On imagine déjà le nouveau code de procédure pénale :

  Je vais te tuer  → délit.
–  Si j’avais un couteau, je te tuerais  → débat philosophique.
Si c’était l’Aïd, on vous aurait égorgés comme des moutons conversation culturelle passionnante, non constitutive.

On se demande ce qu’il aurait fallu dire pour que le délit soit enfin constitué. Peut-être : « C’est l’Aïd aujourd’hui et vous êtes des moutons. » Ou alors un présent de l’indicatif bien sec, sans conditionnel de politesse. Les juges semblent avoir découvert une nouvelle jurisprudence : la menace n’existe que si elle est formulée au présent de l’indicatif et accompagnée d’un planning précis.

Deux mois derrière les barreaux pour une phrase qui, selon la justice, n’existait pas vraiment. Le prévenu a donc été retenu pour rien, le temps que le tribunal découvre que le conditionnel est une circonstance atténuante majeure. On espère qu’il a pu méditer, en prison, sur les subtilités de la conjugaison française.

Guillaume Boutard, lui, a dû apprécier la leçon de droit. Quand un individu vous regarde dans les yeux et évoque votre égorgement rituel, il faut d’abord vérifier si le verbe est au conditionnel. Sinon, ce n’est qu’une simple opinion.

À quoi jouent les juges ? À un jeu de société très français Trouve la faille grammaticale. Le gagnant est celui qui transforme une menace en simple hypothèse. Et dans ce jeu-là, Halime vient de gagner la partie.

Prochaine étape logique : si quelqu’un dit Si j’avais une kalachnikov… on organisera un atelier d’écriture créative plutôt qu’un procès. Parce que, après tout, ce n’est pas encore l’Aïd.

Oui, je sais, sérieusement vous n’avez pas le coeur à rire. Mais on ne va quand même pas pleurer à cause de ces salopards. Préparez votre défense avec vos voisins au cas où l’Aïd donne des idées à certains…

Christine Tasin

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3 Commentaires

  1. Je me rappelle les paroles délicates que nous adressaient les petits algériens en 1962 quand on passait devant leur bidonville pour se rendre à l’école : on tuera vos pères en Algérie, et on baisera vos mères et vos sœurs. Je constate que rien n’a changé en soixante-deux ans. Je constate aussi que le dénommé Halime enfreint les règles de l’islam en ce qui concerne l’alcool. Quelle bande de guignols !

  2. Je suis pour l’application de la charia pour les gens de religion musulmane.
    Bien plus efficace que notre code juridique verbeux .
    Quand on importe le tiers-Monde, il faut aussi importer le système judiciaire qui va avec