Suspendre des catholiques deviendrait plus urgent que de freiner les appels à la haine islamiste ?

Elon Musk a encore prouvé ce week-end que X n’est pas tout à fait le réseau social ordinaire. En quelques heures, après une simple alerte d’Alice Cordier et un laconique « Checking  » les comptes de la Marche pour la Vie, d’Academia Christiana, de Notre-Dame de Chrétienté et de l’abbé Matthieu Raffray sont revenus en ligne. Ils avaient été suspendus sans explication claire, sans notification préalable digne de ce nom, en pleine vague de décisions opaques.

Je suis athée. Je n’adhère à aucun dogme, je n’attends ni résurrection ni jugement dernier. Mais je défends farouchement le droit de ceux qui y croient de pouvoir le dire, de le défendre, quitte à avoir des débats houleux mais libres entre deux camps opposés. 

Le catholicisme contemporain, en Europe, n’appelle pas à la mort des mécréants, n’impose pas la charia, ne menace pas de décapitation ceux qui caricaturent le Christ ou qui refusent la messe. Ses positions sur l’avortement, l’euthanasie ou le mariage peuvent choquer, irriter, même scandaliser, elles me choquent, m’irritent, me scandalisent mais il ne me viendrait pas à l’idée d’en interdire l’émission si j’en avais le pouvoir. Elles restent dans le registre de la conviction morale et de l’engagement politique. Rien qui justifie, dans une société libre, la disparition pure et simple de comptes twitter.

Or c’est précisément ce qui s’est produit. Des organisations pro-vie, traditionalistes, chrétiennes conservatrices… ont été privées de communication sur les réseaux. Comme si, dans l’algorithme ou dans les équipes de modération, le catholicisme assumé était devenu plus toxique que d’autres discours.

Pendant ce temps, la plateforme regorge de contenus islamistes : apologie djihadiste, justification des attentats, haine explicite des juifs, des chrétiens, des mécréants   des homos, des femmes notamment non voilées, appels à l’application de la charia, glorification de martyrs… Ces comptes prospèrent partout et  sans trouble. L’impunité est frappante. le deux poids deux mesures plus qu’inquiétant.

On nous parle sans cesse de haine, de désinformation, de danger pour la démocratie. Curieuse sélectivité. Le dogme catholique d’aujourd’hui ne produit ni fatwas ni tribunaux de la charia en France. L’islamisme politique, lui, en produit. Et pourtant, c’est le catholique qui se retrouve dans le collimateur.

Est-ce une simple erreur de modération, un bug, une pression externe mal gérée ? Ou le symptôme d’une logique plus profonde, d’une entreprise plus qu’inquiétante ? Une partie des élites occidentales, des ONG, des administrations et même de certaines équipes techniques des plateformes semble avoir intériorisé une hiérarchie des sensibilités : le christianisme serait le coupable historique, l’islam le minoritaire à protéger coûte que coûte. Résultat : on suspend le pro-vie français pendant que l’on tolère, voire que l’on amplifie, des discours qui, ailleurs dans le monde, se traduisent par des églises brûlées, des apostats exécutés et des femmes lapidées.

Elon Musk a rectifié le tir. C’est à son honneur. Mais le fait même qu’il ait fallu son intervention personnelle pour rétablir des comptes qui n’avaient rien de criminel révèle un problème structurel. La liberté d’expression ne peut pas dépendre du bon vouloir d’un milliardaire, aussi bien intentionné soit-il. Elle doit être la règle par défaut, pas l’exception arrachée à la dernière minute.

On n’assiste pas à une révolution mondiale orchestrée depuis un QG unique. Mais on voit bien un basculement culturel : le christianisme est traité comme une relique embarrassante qu’il faut museler, tandis que l’islamisme bénéficie d’une indulgence structurelle, par peur, par idéologie ou par pure lâcheté. Si l’on continue ainsi, les réseaux ne deviendront pas  uniquement « islamiques ». Ils deviendront simplement des espaces où seuls certains dogmes ont le droit de s’exprimer sans crainte, et où d’autres sont priés de se taire.

Un athée cohérent, comme moi, ne demande pas la victoire du christianisme. Il demande l’égalité de traitement. Que les catholiques puissent défendre leur vision du monde sans être suspendus, à l’heure où même les islamistes le font déjà !  Que la critique soit libre dans les deux sens. Que la loi, et non l’idéologie des modérateurs, fixe les limites. Par ailleurs c’est un autre problème, faut-il vraiment l’égalité entre christianisme et islamisme alors que le premier défend des positions sociétales certes discutables mais n’incite ni à poignarder ni à tuer ni à multiplier les horreurs commises aux cris de Allah Akbar comme le fait le second ? 

Bref, ce qui s’est passé ce week-end, ce n’est plus de la liberté d’expression. C’est une sélection confessionnelle déguisée. Et celle-là, même l’athée que je suis a le devoir de la refuser. 

Question de la Béotienne que je suis : qui, sur twitter et sans doute ailleurs, a lancé la lutte (finale ?) contre les cathos tradis en épargnant soigneusement les seuls vraiment dangereux, à savoir les islamos ? Qui sont ces gens au bras long dans les réseaux sociaux ? 

Christine Tasin

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2 Commentaires

  1. Le début du titre: « suspendre des catholiques », j’ai de suite pensé à encore suspendre des catholiques à une grue par le cou.
    Ben oui, déformation à cause de ce qui nous arrive dans le monde par l’islam.
    Freiner l’appel à islamiste ne suffit plus. Il faut tout simplement et pour avoir la paix sur terre, supprimer l’islam chez nous. Chacun chez soi, un point c’est tout … Nous chez nous, les musulmans chez eux !
    Jamais nous ne pourrons accepter la culture musulmane mais de la façon où nous la laissons s’imposer elle nous deviendra obligatoire et nous en mourrons !

  2. Et tous les curés vautrës dans un pseudo dialogue islamo-chrétien que les mahométans n’ont jamais sollicité. Quelques rares, comme l’eudiste François Jourdain etc les mettent en garde contre la manipulation naïve du totalitarisme islamique dont le but est affirmé coram populo. L’islam est en guerre depuis 1500 ans pour s’imposer au monde entier. Ce sont ses textes fondateurs. L’Église le comprendra-t-elle un jour ?
    Merci Christine de le nous rappeler sans cesse.