Restaurons la loi Le Chapelier, au profit non des bourgeois mais des ouvriers !

 

La loi Le Chapelier de 1791 fait partie de notre héritage révolutionnaire, et pourtant une unanimité semble régner pour la stigmatiser comme étant une affreuse loi qui témoignerait du règne des Bourgeois, une preuve de ce que 1789 est une révolution bourgeoise et non populaire. L’image de l’ouvrier opprimé, libéré par les syndicats, correspond peut-être à une réalité historique, mais pas contemporaine !

Si vous cherchez des informations sur cette loi sur internet, vous tomberez sur de nombreuses publications syndicales qui honnissent cette loi.

D’autres sites, plus neutres, comme Hérodote, se contentent de la résumer ainsi :

14 juin 1791

Le Chapelier interdit les associations professionnelles

 

Le 14 juin 1791, dans un souci de cohérence avec le décret d’Allarde qui proclame la liberté d’entreprendre et interdit les corporations, l’Assemblée constituante française interdit la reconstitution de toute association professionnelle tant de patrons que de salariés. L’article second de la loi du député Isaac Le Chapelier énonce : « Les citoyens d’un même état ou profession, les entrepreneurs, ceux qui ont boutique ouverte ne pourront, lorsqu’ils se trouveront ensemble, se nommer ni présidents, ni secrétaires, ni syndics, tenir des registres, prendre des arrêtés ou délibération, former des règlements sur leurs prétendus intérêts communs ».

Cette loi révolutionnaire fut bienvenue à l’origine car elle mit fin aux dérives corporatistes de l’Ancien Régime : protection des nantis, entraves à l’épanouissement professionnel des ouvriers et compagnons. Mais au XIXe siècle, par un effet pervers, elle entrava la création de syndicats. Elle fut pour cette raison abolie sous le Second Empire, le 25 mai 1864…

 

Bien sûr, en tant que patriote de gauche, favorable aux avancées sociales, à la défense du vrai peuple, aux 35 heures, aux (seulement hélas) 5 semaines de congés payés, je ne peux que saluer les progrès sociaux qui ont eu lieu aux XIXème et XXème siècles. Mais associer systématiquement les syndicats à la défense des travailleurs n’a aucun sens au XXIème siècle !

On nous promet une régression des droits des travailleurs salariés si les syndicats disparaissaient. On ne peut être davantage dans l’erreur en le prétendant !

Dans l’entreprise où je travaille, plusieurs syndicats se sont ligués contre un collègue handicapé et ont obtenu qu’il soit mis à l’isolement. Ce collègue avait le tort de dire aux autres leurs vérités en face et notamment de leur reprocher le mépris qui lui était témoigné. Nous ne sommes que deux, le médecin du travail et moi, à nous battre pour défendre cet homme et l’aider dans ses démarches afin que soit reconnue la discrimination qu’il subit. Par pure démagogie, les deux syndicats concernés ont choisi de s’acharner sur un handicapé parce que leur base électorale le réclamait, et ce par pure jalousie : notre collègue a le tort d’être mieux payé que les autres parce qu’ils avait acquis un niveau de qualification élevé avant que sa vie bascule. Voilà qui a fini d’achever le dégoût que j’avais déjà de longue date de certains syndicats, en tant que fidèle lecteur et contributeur dilettante de la patriosphère…

Ce que prohibait la Loi le Chapelier, ce n’était pas le fait d’avoir des revendications et de les exprimer. C’est tout à fait normal. C’est plutôt la sclérose qui s’installe quand cette mouvance revendicative s’institutionnalise et réclame une reconnaissance juridique en tant qu’organe, en tant que personne morale.

Fervent défenseur du droit du travail à la française, dont les 35 heures, ou encore les 5 semaines de congés payés, je ne crois pas que les syndicats soient, en général et sauf exception, des alliés des travailleurs.

En effet, combien sont-ils à être devenus des officines politiques, des annexes de LFI, des instruments anti-RN, alors que le RN n’a jamais menacé les droits des salariés ?

Et quel paradoxe de voir les mêmes stigmatiser la Loi le Chapelier, alors qu’en vertu de cette loi, les syndicats de patrons étaient aussi interdits, si bien que leur ennemi juré, le MEDEF, n’existerait plus si on rétablissait la Loi le Chapelier !

Quel besoin ont, en effet, nos politiques ayant des ambitions nationales d’aller montrer patte blanche au MEDEF pour préparer les élections ? De s’entendre dire que si telle ou telle loi est votée, il faut s’attendre à des pertes d’emplois ? On serait beaucoup plus choqué que nos candidats aillent prendre avis chez telle ou telle entreprise. Le vêtement syndical permet à un collectif de patrons de peser dans une campagne électorale, en concurrence ou au détriment du peuple puisque le programme va être élaboré aussi en fonction…

Dans les entreprises, on sait bien que les fonctions syndicales, obligatoires à partir d’un certain seuil d’effectif (pour simplifier), permettent des dispenses d’horaires et de charges de travail, octroient une protection particulière contre les sanctions en cas de manquement professionnel, ce qui a pour effet que le travail qui n’est pas fait par le représentant syndical se reporte sur les autres travailleurs. Dans la structure qui m’emploie, il nous est arrivé de refuser des congés parce qu’il n’y aurait pas assez de personnel le jour de telle réunion avec les instances…

Alors, ce peut être un mal pour un bien, si la réunion a pour finalité de prendre en considération les intérêts des salariés, mais ce n’est pas toujours le cas. Un groupe influent de personnels peuvent monopoliser la fonction syndicale et créer des exclusions par là-même. L’exemple que je donnais de notre collègue handicapé qui subit un acharnement de la part de certains syndicats m’en donne une preuve quotidienne…

Surtout, quel est l’intérêt de réserver une place de choix dans les entreprises à des organismes qui prétendent nous dire pour qui voter, et qui vont pointer du doigt le Rassemblement national d’une manière obsessionnelle et quasiment unanime ? On voit bien que cette dérive politique des syndicats les éloigne de leur objet, à savoir la défense des salariés dans telle structure dans les questions de travail qui les oppose à leurs employeurs.

Des syndicats opposés à la maîtrise des frontières et partisans d’une gauche qui prône le laxisme pénal peuvent-ils vraiment prétendre être du côté du peuple besogneux ?

Que dire encore du fait que les 2/3 de la cotisation viennent en déduction des impôts, alors qu’il s’agit de financer des officines d’extrême-gauche, pour un certain nombre, qu’on voit dans la rue pour empêcher des meetings politiques par exemple ? Est-il normal de s’exonérer ainsi de financer les routes, les hôpitaux, les prisons, les écoles… pour consacrer l’économie d’impôt à financer des organismes qui veulent empêcher la liberté de réunion et d’expression de leurs opposants ?

Pourquoi donc, auraient-ils droit, eux, à ces libertés, qu’ils dénient aux autres ?

Donc pas de syndicat, égale plus d’impôts pour payer les profs, infirmiers, surveillants de prison, policiers etc. autrement dit les chevilles ouvrières de l’Etat !

Au lieu de cela, nombre d’entre eux leur versent des cotisations depuis des décennies, comprenne qui pourra !

Peut-être que ces réflexions sur une loi de 1791 vous paraîtront surannées, mais elles ne le sont pas car de nouveaux maires fraîchement élus ont décidé de prendre le taureau par les cornes, dont l’admirable Christophe Barthès à Carcassonne ou encore le maire de Saint-Avold en Moselle.

https://france3-regions.franceinfo.fr/grand-est/moselle/metz/polemique-le-maire-rn-interdit-la-fete-de-la-cgt-pour-raisons-de-securite-le-rn-s-attaque-a-la-cgt-et-aux-travailleurs-montrant-ainsi-son-vrai-visage-reagit-le-syndicat-3342842.html

Il n’est évidemment pas dans leurs pouvoirs d’interdire un ou des syndicats, mais ils usent ainsi de leurs pouvoirs légaux pour montrer qu’ils ne se laisseront pas éternellement stigmatiser injustement par un syndicat…

La CGT réaffirme lutter contre le RN, devenu le premier parti de France, qui caracole en tête des sondages grâce à un vote ultra-populaire de gens qui paraissent sans doute trop « bidochon » et pas assez « nouvelle France » aux intéressés…

https://www.la-croix.com/economie/presidentielle-2027-a-son-congres-la-cgt-reaffirme-sa-lutte-contre-le-rassemblement-national-20260603

L’affrontement promet d’être terrible mais n’oublions pas que derrière tous les discours moralisateurs, il y a deux siècles, les Révolutionnaires épris de libertés savaient que les syndicats ne produiraient rien de bon à long terme et voulaient s’en prémunir.

On a bien trop sali cette pauvre loi Le Chapelier comme étant l’oeuvre de Bourgeois opprimant le peuple, tout en oubliant que la gauche caviar ne fait pas la dégoûtée devant des homards et des truffes de nos jours… Bref, autres temps, autres moeurs, d’aucuns disent que les antifascistes d’hier sont les fascistes d’aujourd’hui…

Alors, bien sûr, certains syndicats ne sont pas aussi nuisibles que d’autres, voire rendent de réels services aux travailleurs, mais cette action pourrait tout à fait être remplacée par un renforcement des droits individuels des salariés. Par exemple, l’argent public récupéré grâce à la fin de la déductibilité de la cotisation au niveau fiscal pourrait permettre de financer des heures de consultation gratuites d’avocats en droit du travail, ou encore l’achat d’ouvrages spécialisés en droit du travail pour que le salarié puisse se défendre juridiquement !

La France a de nouveau rendez-vous avec l’Histoire et ne doit pas renier son passé, son ADN. Si cette loi a été votée et a été en vigueur 75 ans, c’est qu’elle avait une raison d’être. Nous sommes arrivés bien au-delà du temps où notre patience a pu tolérer tous les affronts qu’on nous fait subir au nom de la liberté syndicale. Le peuple de France devra lutter contre l’oppression, la sclérose de corporations qui, sous couvert de bons sentiments, sont liberticides…

Les patriotes ont un rendez-vous à honorer, celui de leur révolution à venir !

Maxime

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1 Commentaire

  1. Bonjour, les syndicats? D’ignobles parasites dont il faut se debarasser d’urgence! Je n’ai jamais connu, dans ma vie, une action positive en faveur des ouvriers de la part de ces vermines! Je ne souhaite qu’une chose, qu’ils disparaissent! Les travailleurs sont très bien capables de se défendre seuls. Bonne journée.