
Source : l’observatoire de l’immigration et de la démographie.
« Immigration de travail » : l’avenir d’une illusion | Les explications de l’Observatoire pour Le Point et France Infoll
« L’immigration est-elle une fatalité ?
Depuis plusieurs semaines, la question de « l’immigration de travail » divise le champ politique et les candidats déclarés à l’élection présidentielle de 2027. Si François Ruffin s’y est déclaré hostile, Edouard Philippe ou Gabriel Attal ont affirmé leur souhait de la privilégier .
Nicolas Pouvreau-Monti, directeur de l’OID, a accordé un grand entretien au magazine Le Point sur ce sujet – révélant les réalités de l’immigration de travail, ses effets sur les salaires, la productivité et les comptes publics.
Cliquez pour découvrir l’entretien dans Le Point
Extraits :
« L’immigration ne tire pas à la baisse les salaires de manière générale. Son impact est différencié selon la structure des métiers. Une immigration de travail nombreuse et peu qualifiée a un impact dépressif sur les salaires des travailleurs déjà présents sur le marché du travail qui sont eux-mêmes peu qualifiés – ouvriers ou employés – et qui se trouvent ainsi en concurrence directe avec cette immigration. »
« Le parallèle que François Ruffin fait avec l’industrie automobile est intéressant. L’automobile française a beaucoup recouru à une immigration de travail peu qualifiée dans les années 1960-1970. Cela a contribué à maintenir des salaires relativement bas mais aussi à retarder l’amélioration de la productivité. […] Quand on regarde les secteurs qui emploient le plus d’immigrés, on trouve les employés de maison, les ouvriers non qualifiés du BTP, le gardiennage et la sécurité privée. Nous parlons donc de secteurs à faible valeur ajoutée, abrités de la concurrence internationale, qui profitent d’une main-d’œuvre peu chère – et font payer à la collectivité une partie des coûts associés, via la prime d’activité ou les prestations sociales… »
« Le recours-dépendance à l’immigration dispense de préparer la révolution technologique qui vient. La dynamique de long terme d’une économie, c’est de réduire l’intensité en main-d’œuvre et d’augmenter la productivité. Autrement dit, d’apprendre à faire plus avec moins. La Chine, par exemple, installe à elle seule la moitié des robots industriels du monde ! »
« Si l’on s’en tient aux définitions de l’INSEE : il y a près de 4,5 millions de personnes dans notre pays qui sont aujourd’hui soit au chômage, soit dans le « halo » du chômage. Le recours à l’immigration de travail ne résout pas ce sous-emploi structurel, mais contribue à l’entretenir. C’est une forme de morphine. Qui va toujours de pair avec une immigration familiale, issue de pays où l’insertion des femmes sur le marché du travail est très faible. »
« Il existe un consensus sur le fait que l’immigration n’est pas une solution de long terme à la crise démographique. Il y a 25 ans, un rapport des Nations unies a estimé ce que devait être la migration nette dans les pays développés pour maintenir le ratio âge retraité / âge actif stable sur le demi-siècle qui venait. Dans le cas de la France, cela aurait impliqué une immigration nette de 90 millions de personnes… Puisque les immigrés vieillissent, et qu’il faut alors de nouveaux immigrés pour payer leurs retraites. Il s’agit en réalité d’une pyramide de Ponzi démographique. »
« Par ailleurs, l’immigration en France est l’une des moins au travail d’Europe. Non seulement cette immigration ne finance pas le système de retraite, mais elle est très loin de financer les prestations sociales dont elle bénéficie. Selon l’OCDE, le « ratio budgétaire » entre les recettes publiques apportées par les personnes immigrées en France et les dépenses publiques qui leur sont affectées est déficitaire de 14 points. C’est le troisième plus mauvais en Europe. Il n’y a pas de scénario réaliste dans lequel notre immigration puisse soutenir à long terme les comptes publics. »
Sur ce même sujet de l’immigration de travail, Nicolas Pouvreau-Monti était l’invité de FranceInfo pour débattre face au représentant de Terra Nova.
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