Le service public audiovisuel au secours des juges et de leur tyrannie

Hier soir avait lieu une émission « Complément d’enquête » sur la 2. Le sujet était la justice et la polémique qui entoure ses pratiques, son travail, son efficacité, son laxisme.

Il y a plusieurs années j’ai été confronté, au sujet de l’affaire de Callac, à cette émission et j’avais répondu courtoisement pendant plus de deux heures au total aux journalistes qui étaient venus enquêter. À la sortie, il n’était resté que deux minutes et un tableau de moi assez pitoyable. Alors ce soir en regardant l’émission j’étais préparé au pire, d’autant que mon ami Pierre Cassen avait été interviewé pendant 5 heures au total, à propos du site Riposte Laïque et des commentaires « anti-juges » qu’on avait pu y lire. Le visionnage de l’émission ne m’a pas déçu Au total, pour 5 heures d’enregistrement Pierre Cassen a eu droit, comme moi, à environ 2 minutes dans l’émission diffusée ce soir. Tout est donc normal, la 2 est fidèle à ses traditions et à son savoir faire très professionnel.

Mais, venons-en au vif du sujet. Le premier thème présenté fut celui de Bénédicte de Perthuis, la célèbre juge qui a condamné Marine Le Pen à l’inéligibilité, avec exécution provisoire (le jugement de l’appel sera rendu en juillet). Ce qui pose un sacré problème car est-il normal que des juges s’autorisent à rendre inéligible une personne en tête de tous les sondages pour 2027, au simple motif de l’utilisation de fonds européens pour des attachés parlementaires ? Je précise que tout le monde reconnaît qu’il n’y a aucun enrichissement personnel de Marine Le pen dans cette affaire. Certains répondent, oui mais des élus ont voté les textes qui permettent cela. Tu parles d’une réponse. On pourrait aussi dire que les juges soucieux de respecter la séparation des pouvoirs, même si des textes leur en donne le droit, refusent d’utiliser ces moyens qui sont inacceptables. Car enfin, comment une juge, seule, peut-elle priver près de 12 millions de Français de leur candidate, alors que celle-ci n’a fait aucun détournement de fond public et surtout qu’il est prouvé qu’il n’y a aucun enrichissement personnel ? C’est énorme d’oser faire cela. Pourtant certains osent dire que cette décision incroyable prouve qu’il y a respect de la séparation des pouvoirs.

De ce fait, les réactions n’ont pas manqué. Plusieurs ont été assez violentes, sans passer aux actes, mais en paroles et en images. Ainsi ce tweet « Ce que mérite cette salope… » assortie de la photo d’une guillotine. Ou cet autre tweet « Il faut la tuer cette chienne ». Pour les deux des condamnations à plusieurs mois de prison avec sursis et de très lourdes amendes. Et c’est là que Riposte Laïque fut mis en avant par le journaliste, pour des commentaires déplacés de la part de lecteurs. Pierre Cassen condamna sans ambiguïté ces dérapages et reconnut une erreur des personnes chargées de la modération d’avoir laissé passer de tels commentaires. À tel point que RL publia un article intitulé « Aux commentateurs inconscients qui mettent RL en danger ». On pouvait difficilement faire mieux pour prendre ses distances avec ce type de commentaires. Mais le journaliste se contenta de rapporter la chose mais visiblement ne considéra nullement que c’était une preuve suffisante que RL était mieux que certains le disaient, en tout cas ne hurlait pas avec les loups en appelant à la violence contre ces magistrats.

En vérité, la 2 s’est évertuée à faire passer le message : « l’action des juges est collective, il est déplacé de mettre en cause telle ou telle personne individuellement ». Et le Président du tribunal judiciaire de Paris, pour preuve, de nous expliquer que la justice des juges est collégiale. L’exemple de Sarkozy fut même invoqué. Il paraît que 30 juges différents sont intervenus durant l’ensemble de la procédure. La morale de cette histoire est donc simple : s’en prendre à Bénédicte de Perthuis est donc totalement déplacé. Si l’on veut s’en prendre à quelqu’un c’est à l’appareil judiciare dans son ensemble qu’il faut le faire.

Second gros thème de l’émission : les juges sont-ils des « juges rouges » ?

Et l’émission de la 2 de mettre en avant l’Institut Pour la Justice (IPJ), dirigé par Pierre-Marie Sève qui a produit un documentaire qui dénonce le syndicat de la magistrature, exposant que ce syndicat est un syndicat politique dont les juges sont avant tout des juges politiques politiques échappant à tout contrôle. Et la 2 ne manqua pas à cette occasion de faire le petit croc en jambe qui va bien en informant que l’IPJ avait « récupéré » la mort de Lola pour appeler à un rassemblement place Denfert-Rochereau. Ce qui aurait été digne, c’était le silence… n’est-ce pas ? Ah cette 2, on ne se refait pas.

Reste que le corps de la magistrature pose un vrai problème. Est-il normal que les juges puissent se syndiquer ? C’est interdit pour les militaires par exemple. Ce devrait l’être aussi pour les juges. En effet, des juges du syndicat de la magistrature sont chaque année à la fête de l’Humanité. Ils y tiennent des stands dont le thème est par exemple « la police qui tue ». Qui croit sérieusement que de tels juges lorsqu’ils jugent dans leurs tribunaux sont impartiaux et exercent leur métier sans tenir compte de leur opinions de gauchistes ?Et qu’on ne me dise pas qu’ils ne sont qu’une poignée. Pourtant le visionnage du documentaire de la 2, même s’il rappelle l’existence en 2013 du « mur des cons » du syndicat de la magistrature, donne la parole à sa responsable Judith Allenbach qui nous tient un discours bien tranquillisant, très loin des outrances habituelles de ce regroupement gauchiste. Et la même d’ajouter « C’est les conditions dans lesquelles on travaille qui posent problème ». Argument systématiquement invoqué par la gauche. Exactement comme le président du tribunal judiciaire de Paris qui déclare aussi que les problèmes de la justice aujourd’hui ce sont la lenteur et les conditions de travail. Il ira même jusqu’à dire : « La liberté syndicale est un droit constitutionnel. C’est caricatural de considérer que parce que vous êtes dans un syndicat vous jugez dans un certain sens ». Donc si l’on suit ce raisonnement, il n’y a pas de justice qui rende des verdicts « au nom du peuple français », mais qui sont à l’opposé de ce que le peuple souhaite.

En vérité le problème c’est que tout ces gens, avec l’aide des journalistes de la 2, camouflent le rôle des magistrats et demandent qu’on considère les juges comme des victimes, et qu’en conséquence il convient de les plaindre et de les soutenir. Pas de les accabler. Sauf que seulement 49 % des Français ont confiance dans leur justice selon un récent sondage… c’est bien qu’il doit y avoir un problème. De plus les actions de ces juges sont à l’index à l’international. Pour preuve, le juge français Guilloux qui travaille pour la CPI (Cour Pénale International) vient d’être, suite à ses décisions, victime d’un retour de bâton des USA. Il a été banni, ce qui a de nombreuses conséquences : le territoire américain lui est interdit ainsi qu’à sa famille, il ne peut plus utiliser de carte de crédit américaine (MasterCard,…), de même les services comme Amazon lui sont inaccessibles, comme certaines locations de chambre ou d’appartement,…etc. Steve Bannon résume la chose en ces termes : « Si vous commencez une guerre judiciaire, vous n’êtes plus le bienvenu aux USA ». Ce qui amène ces juges à pleurnicher et se plaindre, avec la complicité de la 2 dont le documentaire va indiscutablement dans le sens d’une victimisation des juges.

Reste que les juges sont l’objet de multiples critiques pour leurs actions en France. D’une mansuétude coupable lorsqu’il s’agit de gauchistes, de black blocs, d’émeutiers de banlieue ou de racailles, ils sont à l’inverse à travers tout le pays d’un dureté incroyable contre les patriotes, les militants de droite ou les citoyens qui refusent de se faire agresser sans réagir. Tous les courants politiques sont également leurs victimes : le PCF, le PS, le Modem, le RN, LFI… etc. Qui ne se souvient par exemple de Mélenchon hurlant et tentant d’empêcher la perquisition de ses locaux en 2018 et sa condamnation à 3 mois de prison avec sursis et de lourdes amendes. Rappelons également qu’il a une épée de Damoclès au dessus de la tête pour le rejet de ses comptes de campagne de 2017 et qu’il pourrait très bien se retrouver dans la même situation que Marine Le Pen si le pouvoir décidait d’appuyer sur le bouton.

Vers la fin de l’émission, le journaliste pose la question suivante au président du tribunal judiciaire de Paris : « Y a-t-il de la haine des juges contre Sarkozy ». la réponse du président est stupéfiante et lourde de sens : « Je ne vais pas répondre ».

En vérité, les juges passent leur temps à se victimiser et ce soir on a eu la preuve que la 2 les aide à faire croire à ces calembredaines. Les juges ne sont nullement des victimes, ni des vaches sacrées auxquelles il serait impossible de faire la moindre critique. C’est même clairement l’inverse. On parlait jusque récemment du « gouvernement des juges » qui aurait supplanté le pouvoir politique. Il serait plus conforme à la réalité de parler de la « tyrannie des juges ». Marine Le Pen l’a fort bien résumé dans ce documentaire : « Il fut un temps où l’on prenait une balle. Maintenant on prend une balle judiciaire ».

Bernard GERMAIN

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3 Commentaires

  1. En Chine, au huitième siècle, sous la dynastie des Tang, le juge était RESPONSABLE de ses décisions. Un verdict reconnu injuste faisait encourir au juge la même peine que celle infligée…

    • Bonjour,

      :=)

      Un flic dérape d’un millimètre dans sa procédure : les chats-fourrés lui tombent sur le poil et le cassent.

      Mais, eux, ils peuvent commettre les pires saloperies dans leurs décisions et il ne leur arrive STRICTEMENT rien !!

  2. Les Juges rendent leur jugement au nom du Peuple Français ! Mais de quel Peuple ? Où le Peuple ? Je voudrais bien que l’on demande au vrai Peuple, celui dont je fais partie, mon avis avant de rendre tout jugement !!!