
Depuis une vingtaine d’années, le halal a pris une grande part dans l’alimentation et le mode de vie des Français de confession musulmane. Cette norme récente – et en constante extension – est le produit de la rencontre entre des logiques de marché et un islam plus rigoriste. Par Héloïse de Neuville et Rémi Barbet, journal La Croix 26 mai 2026
Marché du halal et mouton de l’Aïd : tradition et business…
Les dynamiques de l’islam mondial
Il faut remonter aux années 1960 pour comprendre comment cette norme s’est imposée dans l’assiette des fidèles de l’islam. À l’époque, les travailleurs immigrés de confession musulmane ne se posent guère la question du caractère « licite » (halal signifie « licite » ou « permis » en arabe, à l’opposé de haram, qui renvoie à ce qui est interdit) de ce qu’ils mangent. La plupart achètent leur viande chez le boucher du quartier, en évitant le porc, interdit en islam, au même titre que l’alcool. Mais manger « halal » – de la viande d’un animal saigné vivant – reste une pratique confinée aux grandes occasions.
Peu à peu, cette permission va pourtant être écrasée par les dynamiques de l’islam mondial. Avec la révolution iranienne de 1979, les mollahs commencent à exiger un contrôle musulman sur l’abattage de la viande qu’ils importent, obligeant les abattoirs néo-zélandais et australiens à négocier un protocole halal industriel. Une pression amplifiée par une deuxième dynamique, distincte : l’expansion de l’islam rigoriste saoudien, financé par les pétrodollars à partir des années 1970, qui remet en cause toutes les normes juridiques classiques de l’islam.
Financer un islam de France indépendant
L’histoire du halal en France est toutefois plus complexe que celle d’un sous-produit d’un islamisme mondialisé. « La demande pour un accès à la nourriture halal commence à vraiment émerger dans le mi-temps des années 1970 avec le regroupement familial », retrace Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration. Les familles immigrées s’installant pour de bon en France deviennent alors soucieuses de transmission des rites alimentaires.
Pour répondre à cette demande de halal sur le sol français, le personnel politique va organiser les choses – et même les encourager. Car, derrière la liberté religieuse, se cache un enjeu brûlant pour les pouvoirs publics : comment faire émerger un islam de France autonome, débarrassé de la tutelle de l’Algérie, du Maroc ou de l’Arabie saoudite ? L’idée est alors de permettre à un organe de représentation nationale, qui pourrait constituer le vaisseau d’un islam de France unifié et indépendant des puissances étrangères, de percevoir les revenus du halal.
Le modèle à copier existe déjà : le consistoire israélite, qui finance le culte juif en France grâce aux revenus de la certification casher. Au milieu des années 1990, le ministre de l’intérieur Charles Pasqua signe donc les arrêtés qui confèrent à trois grandes mosquées – Paris, Lyon, Évry – le droit exclusif d’habiliter les sacrificateurs musulmans – ces bouchers dont la présence dans les abattoirs est indispensable pour que la viande soit reconnue halal. Les trois mosquées créent rapidement leurs propres agences de certification halal et commencent à percevoir des redevances sur chaque kilo de viande certifiée.
Les familles musulmanes, perçues comme de « gros mangeurs de viande », sont repérées comme de nouveaux débouchés des filières bovine et ovine en pleine crise de confiance. Les abattoirs, également intéressés par l’export dans les pays musulmans, investissent alors dans des équipements appropriés. Le halal se professionnalise. Selon des chiffres exclusifs du ministère de l’agriculture transmis à La Croix, 43 % des abattoirs d’ovins et de bovins français sont désormais habilités à abattre de la viande sans étourdissement.

« Le marché halal, tel qu’il existe aujourd’hui, est le fruit d’une rencontre entre deux forces a priori antagonistes mais objectivement alliées : le fondamentalisme islamique, qui rompt avec la pratique libérale de la licéité de la nourriture des Gens du livre, et le néolibéralisme marchand, qui libère les échanges et mondialise les normes techniques. Ces deux forces se sont trouvées », résume Florence Bergeaud-Blackler.
La guerre du « faux halal »
Las, le modèle, poussé par la classe politique, d’un culte musulman financé par une redevance sur le kilo de viande halal échoue sur les rivalités intra-musulmanes. Les trois grandes mosquées – qui ont désormais acquis une indépendance financière grâce au halal – n’entendent pas voir leurs revenus de certification s’envoler vers un organe de représentation nationale.
Autre point d’achoppement : la définition même de la norme halal, qui varie d’un courant à l’autre de l’islam. Au cœur de ce désaccord, une question technique aux implications considérables : l’étourdissement pratiqué dans les abattoirs est-il compatible avec la loi islamique ? Jusqu’en 2016, le recteur de la Grande Mosquée de Paris affirme que l’étourdissement électrique qui insensibilise l’animal sans le tuer (dit « réversible ») est licite dans l’islam.
Puis débarque la génération Internet, façonnée par un islam rigoriste et plus identitaire. À partir de 2008, des sites musulmans militants comme Al-Kanz, fondé par Fateh Kimouche, multiplient des campagnes, sur fonds d’abus réels et supposés, dénonçant le « faux halal » : les trois grandes mosquées certifieraient de la viande d’animaux tués – et non seulement insensibilisés – par l’étourdissement avant la saignée, faisant donc de la viande de la jîfa, de la charogne, illicite en islam.
Les grandes mosquées sont accusées d’être complices d’une « mafia du halal ». « La réalité c’est que les industriels ne veulent pas que des contrôleurs soient présents quotidiennement dans leur abattoir pour garantir le bon respect de la norme : pour eux, ce serait comme avoir José Bové dans une usine OGM de Monsanto », critique Fateh Kimouche, qui réfute « le terme de rigorisme (le) concernant ».
Haram… Jusqu’à preuve du contraire
Les représentants officiels de l’islam qui craignent d’être définitivement décrédibilisés vis-à-vis de leur base, vont donc s’aligner sur cette ligne plus dure. En 2016, le Conseil français du culte musulman (CFCM) signe la « charte halal » selon laquelle une viande halal doit avoir été abattue sans aucune forme d’étourdissement. Une charte qui n’est, à ce jour, toutefois pas respectée à la lettre par les industriels et leurs certificateurs. « Nos abattoirs pratiquent l’étourdissement et l’électronarcose sur les volailles pour concilier le respect du culte et le bien-être animal », assure Dylan Chevalier du Groupe LDC, troisième acteur du secteur avec sa marque Reghalal. Même chose pour Isla Délice, le numéro un en grande distribution, certifié halal par la Mosquée de Lyon.
Quant à la « licéité de la nourriture des Gens du livre », contenue dans le Coran, elle n’est même pas mentionnée dans la charte du CFCM de 2016, regrette le haut fonctionnaire Didier Leschi, pour qui « cette facilité alimentaire aurait pu être promue comme une pratique de fraternité par les responsables cultuels ».
Mais quelles que soient les raisons intimes, spirituelles ou politiques qui poussent à consommer halal, le résultat converge vers une même logique. « Au fil du temps, pour des raisons de concurrences marchandes et symboliques, une vision plus dure du halal s’est imposée, sans perspective d’ouverture », résume Didier Leschi. Le basculement est là : alors que dans la jurisprudence islamique classique, tout est licite sauf ce qui est explicitement interdit, aujourd’hui, la logique du halal – qui déborde bien au-delà de la boucherie, tend à s’inverser : tout est potentiellement haram… en attente d’une certification halal.
Addendum : Second article sur le sujet paru sur Boulevard Voltaire ce jour :
Menu halal : à Soissons, des familles scandalisées par la « capitulation » d’une école privée catholique à Soissons

Au collège privé catholique Saint-Paul de Soissons, on se prépare déjà à la fin de l’année scolaire. Avant de se quitter pour les vacances d’été, l’équipe des professeurs d’EPS encadrant l’association sportive prévoit, le 17 juin, une journée « festive ». Au programme : randonnée d’environ 10 kilomètres le matin et activités sportives au collège l’après-midi. Mais au déjeuner, les enfants pourront choisir entre des saucisses et des merguez… halal. Ce « détail » jette une ombre sur l’initiative pour Marie, qui a confié son désarroi à Boulevard Voltaire.
Cette mère de famille, dont la fille est scolarisée depuis bientôt un an dans cet établissement catholique de l’Aisne, nous avoue être tombée de haut lorsqu’elle a reçu le courriel annonçant ce programme. Elle a exprimé auprès de la direction la « consternation » que lui inspire le fait de voir un établissement catholique proposer du halal dans ses menus : la réponse reçue, « laconique », ne l’a pas convaincue : « Nous veillerons, comme de coutume, à ce que chacun ait la liberté de déjeuner classiquement », lui a-t-on simplement précisé. De fait, le choix est laissé aux enfants entre une saucisse, donc du porc, et ces fameuses merguez halal.
Mais voilà : pas certaine qu’à douze ans, on « puisse faire la différence entre une merguez halal et une saucisse classique », Marie, qui se défend de toute « attaque contre les pratiquants de l’islam », dénonce un refus de s’adapter à l’art de vivre « à la française », qu’elle craint de voir progressivement disparaître. « C’est toujours plus, et on est obligés de tout accepter. »
Elle souligne « la capitulation des dirigeants des écoles catholiques, des évêques et des instances diocésaines qui ont la responsabilité de l’enseignement catholique français ».
Un refus de financer le culte musulman
Si ce n’est pas la première fois que les menus halal au sein du groupe scolaire dérangent certains parents d’élèves, leurs responsables, à en croire les témoignages recueillis, ne semblent pas avoir fait grand cas des protestations exprimées.
Marion nous raconte à son tour comment sa démarche avait été balayée d’un revers de manche lorsqu’elle s’était plainte que sa fille, scolarisée au lycée, se soit vu distribuer un sandwich halal à l’occasion d’une sortie scolaire l’année dernière, alors même qu’aucune annonce sur un tel menu n’avait été faite aux parents. Une erreur malencontreuse, s’était justifiée la direction, alors que l’adolescente assurait avoir constaté la même inscription « halal » sur plusieurs autres sandwichs de ses amis non musulmans.
L’épisode avait failli pousser Marion à retirer sa fille du lycée, tant l’idée de contribuer indirectement au financement du culte musulman via l’abattage rituel dont est issue la viande halal lui semblait inacceptable.
Car derrière le menu, l’enjeu de la participation à l’industrie du halal a de quoi déranger certains parents d’élèves. À chaque cérémonie d’abattage rituel, des organismes musulmans prélèvent une taxe de plusieurs centimes d’euro par kilo de viande, comme le relevait, en 2013, le député LR Yves Nicolin, à l’occasion d’une question au gouvernement. L’établissement scolaire a-t-il connaissance de ces procédures ? Sollicitée par Boulevard Voltaire, la direction nous a fait savoir qu’elle ne souhaitait pas répondre à nos questions.
Toujours est-il que, pour Marion comme pour Marie, le fait que ce type de situations, qui se répètent discrètement dans de nombreuses écoles privées catholiques, ne choque que peu de gens « est déjà révélateur ».
Dans un sondage envoyé aux parents pour indiquer le choix du menu en prévision du 17 juin, la mention « halal » a tout simplement disparu, remarque Marie. « J’ai l’impression qu’on ne voit pas l’ouragan qui va arriver », s’inquiète-t-elle encore, craignant que les revendications religieuses aillent toujours plus loin.
« Si dans une école qui s’appelle Saint-Paul, Saint-Rémy ou l’Enfant Jésus, on commence à manger halal, moi, j’ai raté une étape », lance-t-elle.
« Quelle différence avec le public ? »
Devant ces révélations, qui font écho au témoignage de l’une de leurs amies confrontée à la même situation dans l’école primaire du même ensemble éducatif, ces mères de famille ne cachent pas s’être posé, un temps, la question du public. Lorsque Marion avait dû, pour des raisons pratiques, y inscrire l’un de ses enfants, cette fois bien avertie, elle avait interrogé la direction sur la présence éventuelle de menus halal à la cantine. Réponse : « Non Madame, nous sommes laïques. »
Pour celles qui avaient choisi l’enseignement privé catholique avant tout pour les valeurs qu’il était censé transmettre, la question devient aujourd’hui : « À quoi bon ? » source https://www.bvoltaire.fr/menu-halal-a-soissons-des-familles-scandalisees-par-la-capitulation-du-prive-catholique/
Juvénal de Lyon
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Quel est le gros con qui a autorisé ça. Encore un gratte papier qui a baissé son froc devant l’islam au non du vivre ensemble et de l’intégration heureuse qui fonctionne que dans un seul sens, à savoir que les français blancs et chrétiens s’intègrent à la religion musulmane pour faire plaisir à nos envahisseurs qui ne peuvent pas nous blairer. On est dirigé que par des traîtres . La souffrance animale est uniquement dans la religion satanique et c’est pas la nôtre. On les fou dehors quand.
Petit a petit l’oiseau fait son nid, tous les jours la charia gagne quelques points insidieusement, mais le francon à vision courte n’en a cure, il pense déjà vacances d’été, après le foot, la climatisation, la bagnole électrique…
Tous les Français, sans l’étiquetage ni l’information obligatoire du mode d’abattage par nos boucheries traditionnelles, payent contre leur gré l’impôt HALAL aux mosquées qui encaissent le coût de la certification au bénéfice du culte musulman. Et Hafiz dénonce en plus l’organisation des banquets du « CANON FRANÇAIS »!!! Gonflé le gars.!!!