
Le char rose de la honte
Pendant que Macron et der Leyen s’activent à recycler les jeunes Français en chair à canon pour défendre jusqu’au dernier Ukrainien les frontières orientales de l’Europe, des abrutis de cru normand, ceux-là, ont décidé de s’attaquer à un vrai symbole de sacrifice : le char Valois.
Ce Sherman de la 2e DB, historique et donc plus que respectable puisqu’il a participé à la libération d’Alençon en août 1944, gisait là, en forêt d’Écouves, depuis des décennies. Muet, rouillé, digne. Il portait sur sa carcasse le souvenir de soldats français et alliés qui n’avaient pas fait de la paix un hashtag à deux balles. Deux d’entre eux y sont morts, d’ailleurs. Détail que les artistes de la bombe aérosol ont visiblement jugé accessoire.
Dimanche soir, ils l’ont repeint en rose fluo. Intégralement. Avec des petits « Peace and Love« , comme si le char avait soudain décidé de virer au camion de licorne après avoir passé quatre-vingts ans à incarner la dure réalité de la guerre.
Imaginez ce gentils pacifistes contemporains, probablement élevés dans l’idée que l’Histoire commence avec TikTok et que 1939-1945 c’était une histoire pour amuser les enfants. Des types qui confondent courage avec violence et qui pensent qu’en taguant un monument aux morts on fait de l’art ou bien « on existe enfin »…
Le résultat ? Un tank de la Libération qui ressemble maintenant à une pièce montée du mariage de Ken et Barbie !
Pendant ce temps, à Paris et à Bruxelles, on prépare l’opinion à l’effort de guerre, on parle de conscription, on agite le spectre russe. Mais surtout, on ne rate jamais une occasion de rappeler que nos valeurs (celles de 1789, de la Résistance, etc.) sont universelles et sacrées. Sauf quand il s’agit de protéger les pierres et le fer qui incarnent concrètement ces valeurs.
Parce que souiller le char Valois, ce n’est pas seulement de la dégradation de bien public. C’est cracher sur la tombe de ceux qui sont allés se faire trouer la peau pour que des imbéciles puissent, soixante-dix ans plus tard, jouer les doux rêveurs en toute impunité. Peace and Love … disent-ils.
Ils ont raison sur un point : la paix, on la doit à des gens qui n’ont pas fait de la paix un slogan, mais un résultat chèrement payé.
Le rose fluo, ça partira. La bêtise, elle, semble solidement ancrée.
Jeanne La Pucelle
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