Kassovitz serait-il devenu « facho » en défendant Bolloré ?

S’il n’était de dieu que l’ultragauche, Mathieu Kassovitz serait son prophète cinématographique.

Pourtant – et je vais faire hurler les chevaliers du clavier en affirmant ce qui suit, les mêmes qui n’ont sans doute jamais vu La Règle du jeu, de Jean Renoir, pas plus que La Fin du jour, de Julien Duvivier, mais me balanceront que je n’y connais rien en la matière ! –, Kassovitz, il faut bien lui reconnaître, sait tenir une caméra, pas toujours au service du meilleur, certes. Mais enfin, il sait filmer et seuls ceux qui n’y connaissent rien prétendront le contraire. Son premier film, même si déjà très idéologique, le démontrait : Métisse.

Hélas, il a grimpé trop vite le mont Célèbre – un peu moins haut que celui de l’Olympe, mais assez pour lui provoquer l’ivresse divine des hauteurs – avec son film La Haine, où tout n’est pas à jeter – allez, braillez encore un coup ça fera sortir vos glaires ! Un film qui rencontra le succès après sa présentation à Cannes en 1995, devenu depuis un phénomène de société. Le film était-il un plaidoyer pour les cités ? Oui et non, puisqu’il n’escamotait pas la délinquance, les destructions gratuites, etc., et ne crachait pas sur tous les flics, ce que fera pourtant plus tard son réalisateur. Il n’empêche, il sombrait souvent dans la caricature, faisant la part belle à la diversité, notamment à travers trois personnages : Hubert – un Noir chrétien –, Saïd – le beur – et Vince – le juif. Bien entendu, pour la caricature inévitable, les skins – dont l’un d’eux joué par le réalisateur en personne – étaient forcément mauvais et peureux, et Le Menhir se faisait à l’occasion insulter, Kassovitz ignorant sans doute que Jean-Marie Le Pen avait eu du personnel issu de la diversité, lequel s’en trouvait très bien, comme me le confia son chauffeur maghrébin un soir que nous quittions, Henri Dubost et moi, la propriété de Montretout après un entretien passionnant avec cette figure de notre  Histoire contemporaine. Mais c’est ainsi lorsqu’on est atteint de la malhonnêteté pathologique de gauche. Et chez Kassovitz, il y a de la pathologie, il suffit de l’écouter parler.

Kassovitz, selon moi, s’enfonça ensuite dans des expérimentations désastreuses, dont son film Assassin(s), qui surfait alors sur la vague de l’ultraviolence au cinéma, initiée jadis par Kubrick et son Orange Mécanique – interprétation très libre du roman exceptionnel d’Anthony Burgess –  ou encore La Horde sauvage, de Sam Peckinpah.

Quant à son passage à Hollywood, ce fut un désastre, avec Gothika et Babylon A.D. Il faut avoir les reins solides pour manier de tels budgets et Kassovitz ne les avait pas, c’est encore mon avis. Résultat : deux mauvais films.

Bon acteur – voire très bon, dans Regarde les hommes tomber et Un héros très discret, tous deux de Jacques Audiard, ou Munich, de Steven Spielberg, excellent dans la série d’Éric Rochant, Le Bureau des légendes –, il sut tirer son épingle du jeu, malgré ses fiascos en tant que réalisateur, dont L’Ordre et la morale ne fut pas des moindres, consacré aux événements de la grotte d’Ouvéa, toujours emprisonné dans un biais idéologique qui s’arrangeait volontiers avec la vérité historique, dommage. On pourra le voir bientôt à l’écran dans la superproduction consacrée au général de Gaulle – La Bataille de Gaulle, d’Antonin Baudry – où il interprète le rôle de l’amiral François Darlan.

Puis il y a l’homme Kassovitz, un gauchiste proche du fanatisme, qui traita avec une désinvolture odieuse le chagrin d’une veuve, ayant perdu son mari lynché par des racailles dans son bus, à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) : Philippe Monguillot. Kassovitz avait ainsi qualifié ce crime de « fait divers », ajoutant, sans aucune empathie pour ladite veuve en face de lui dans une émission de télé : « Ce sont des choses qui arrivent. »

https://www.valeursactuelles.com/regions/nouvelle-aquitaine/pyrenees-atlantiques/bayonne/societe/pour-matthieu-kassovitz-la-mort-de-philippe-monguillot-est-un-fait-divers

Kassovitz multiplie ainsi depuis des années les déclarations outrancières, dont celle-ci, qui révèle sa détestation obsessionnelle de la France réelle, traitant les Français de souche de « fins de race » : « Il n’y a plus de Français de souche, ça n’existe plus. Et j’espère qu’on va continuer à se mélanger », dit-il encore, affirmant que trente ans après La Haine rien n’a changé. Si, « cher » Mathieu : depuis ton film, l’islam nous accable et répand des traînées de sang dans son sillage. Depuis ton film, le communautarisme – et pas seulement musulman ! – envahit notre espace, empêchant les Français, sinon de souche, au moins de culture historiquement chrétienne, de vivre comme ils l’entendent, tantôt qualifiés de racistes, tantôt d’antisémites – ça m’est arrivé à la suite d’un malheureux article où je me désolidarisais des visions messianiques de certains dirigeants israéliens, fustigeant par ailleurs les authentiques antisémites nostalgiques du nain autrichien  ! –, subissant un viol permanent de leur identité charnelle.

Il y eut aussi cette sortie, pour laquelle Kassovitz finit par s’excuser timidement : « On ne peut plus avoir un contact normal avec les policiers. Depuis Charles Pasqua la police est devenue notre ennemie. » Au moins a-t-il soutenu les Gilets jaunes, contrairement aux couards qui craignaient pour leur carrière.

https://www.facebook.com/cavousf5/videos/-30-ans-apr%C3%A8s-la-haine-on-peut-dire-que-rien-na-chang%C3%A9-sur-le-probl%C3%A8me-de-racism/647793234913993/

Donc, c’est ce même Kassovitz qui prend fait et cause pour Vincent Bolloré. Serait-il bipolaire ou juste opportuniste, sachant ce que sa carrière doit à Canal Plus, entre la production de certains de ses films et sa participation à des séries maison ? Au moins est-il honnête – une fois n’est pas coutume ! – en rétablissant la vérité écornée par ses amis gauchistes : « En tant que cinéaste, pour l’instant, je pense qu’aucun cinéaste n’a été censuré pour financer ses films par Canal +. Je pense que Canal + fait bien son boulot, pour l’instant. On devra gueuler quand Canal + ne fera pas bien son boulot, mais pour l’instant ils le font très bien », a-t-il déclaré.

https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/aucun-cineaste-na-ete-censure-pour-financer-ses-films-par-canal-estime-mathieu-kassovitz-apres-la-tribune-anti-bollore-21-05-2026-HIMORSK6Y5DIZA3A4SYW64L3BE.php

Au fait, à tous les détracteurs de Bolloré, qu’ils aillent proposer un mauvais scénario à un studio américain, ou que leur film soit un échec au box-office et l’on verra s’ils ont la même liberté de créer – enfin, ce qu’ils appellent « créer » !

La France, avec son exception culturelle, est devenue un tribunal d’exception s’agissant de la création, passée au tamis idéologique gauchiste pour nous proposer des navets abscons et indigestes, dépourvus de talent, qui plombent précisément la création.

Donc, une fois n’est pas coutume, je suis bien d’accord avec Kassovitz, dont je pense que son naufrage idéologique l’a empêché d’être un grand cinéaste. Ce qu’il aurait pu devenir.

Pour ma part, j’ai cessé d’aller au cinéma pour me goinfrer des films français – mon dernier fut le long-métrage de Danièle Thomson, Cézanne et moi, en 2016, c’est-à-dire il y a dix ans ! –, et je préfère me payer du grand spectacle comme savent encore le faire les studios de Hollywood. Au moins, à défaut de me faire insulter en ma qualité de Blanc catholique, je me détends…

Charles Demassieux

Ripostelaique.com

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