LE SOLDAT D’ISRAËL RAN GVILI Z »L
Tant de dépouilles de soldats morts durant leur service militaire, lors des guerres, des conflits armés, ou simplement accidentés, n’ont jamais déclenché un branle-bas aussi excentrique, comme c’est pour le cas des soldats israéliens. La majorité des chefs militaires, des dirigeants d’États, ont rapidement résolu le problème, en érigeant des monuments aux morts…le soldat inconnu etc… surtout lors de la contrainte d’enterrements dans des fosses communes.
Pour le juif, la dépouille d’un soldat mort sur le champ de bataille, ou lors d’un attentat/accident, c’est toute une autre histoire.
Dans la religion juive, les soldats morts en défendant le peuple d’Israël sont considérés avec un grand respect. Ils sont souvent perçus comme étant morts en sanctifiant le nom de Dieu, en protégeant leurs frères. Bien que le judaïsme privilégie la vie, le sacrifice pour la patrie est honoré, et le soldat est réputé avoir une âme s’élevant directement auprès de Dieu.
Les aspects clé de la religion juive concernant un soldat mort :
- Sanctification de la vie : Le judaïsme valorise la vie avant tout, mais la défense d’Israël est un impératif.
- Honneur et respect : Un soldat tué en opération est perçu comme ayant accompli une mission sacrée, protégeant le peuple et la terre d’Israël.
- Rites funéraires : Les rites funéraires sont essentiels pour accompagner l’âme qui retourne vers Dieu.
- Kaddish et deuil : La famille récite le Kaddish pour l’élévation de l’âme du soldat.
- Importance du corps : La tradition juive insiste sur l’enterrement complet, ce qui explique l’importance cruciale de retrouver le corps des soldats disparus pour leur offrir une sépulture digne de ce nom.
Le soldat est honoré non pas comme un « martyr » au sens classique, mais comme quelqu’un qui a donné sa vie pour la survie et la sécurité du peuple juif.
Ce n’est pas sans raison qu’un certain écrivain arabe avait salué Israël pour sa considération, pour l’honneur qu’Israël accorde à ses fils et ses filles sous le drapeau, sous une grimace d’envie…
Mais aussi que dit la religion juive sur la dépouille d’un juif, de tout juif ?
La dépouille mortelle est traitée avec le plus grand respect, considérée comme sacrée car elle a abrité une âme divine. Le corps doit être inhumé rapidement (idéalement dans les 24h), en pleine terre, après une toilette rituelle (tahara) et vêtu d’un linceul blanc simple (takhrikhin) pour marquer l’égalité de tous dans la mort.
Voici les points clés concernant la dépouille dans le judaïsme :
- Respect absolu : Le corps est la propriété de Dieu. La crémation est formellement interdite et considérée comme une profanation.
- Toilette rituelle (Tahara) : Des membres de la Hevra Kadisha (société de gardiens) purifient le corps, le lavent et le nettoient, souvent en utilisant un bain rituel (mikvé).
- Linceul blanc (Takhrikhin : Le défunt est habillé d’habits blancs simples en lin ou coton, sans bijoux ni marque de richesse, symbolisant la pureté et l’égalité.
- Veillée (Shmira) : Le corps n’est jamais laissé seul entre le décès et l’enterrement. Des personnes veillent et récitent des psaumes.
- Inhumation : Le corps est enterré dans un cercueil en bois, qui doit être le plus simple possible et idéalement percé pour permettre un retour rapide à la terre.
- Interdictions : Il est interdit de pratiquer des autopsies (sauf obligation légale) ou de visiter le corps pour des raisons esthétiques (embaumement).
La dépouille est traitée avec déférence car, selon la tradition, l’âme continue de planer autour du corps jusqu’à l’enterrement.
Mais aussi, selon le prophète Ezekiel, la résurrection… d’où le besoin du corps complet pour le temps de la résurrection lors de la venue du Messie.
Le prophète Ezéchiel nous livre dans l’Ancien Testament une de ses nombreuses visions, celle saisissante d’ossements ramenés à la vie, une anticipation de la résurrection du Christ riche d’enseignements…
Dans un passage des plus étranges du Livre d’Ezéchiel, le prophète se trouve transporté par la main du Seigneur au milieu d’une vallée remplie d’ossements desséchés. Alors Dieu interroge Ezéchiel : « Fils d’homme, ces ossements peuvent-ils revivre ? « Ce à quoi le prophète répondit : « Seigneur Dieu, c’est toi qui le sais ! » La puissance divine indiqua alors à l’homme de Dieu de prophétiser ainsi sur ces ossements : « Ossements desséchés, écoutez la parole du Seigneur : Ainsi parle le Seigneur Dieu à ces ossements : Je vais faire entrer en vous l’esprit, et vous vivrez. Je vais mettre sur vous des nerfs, vous couvrir de chair, et vous revêtir de peau ; je vous donnerai l’esprit, et vous vivrez. Alors vous saurez que Je suis le Seigneur. » (Ez 37, 3-6). Alors que le prophète répétait ces paroles, une scène incroyable se produisit : un bruit et une violente secousse précédèrent le rapprochement des ossements qui se couvrirent de nerfs et de chair avant de retrouver leur peau…

Francisco Collantes (1599-1656), La vision de la vallée des ossements desséchés
C’est pour toutes ces raisons que le juif réclame la restitution des corps… et c’est aussi la cause principale derrière cette course infernale pour ramener les otages vivants ou morts pour être enterrés en terre d’Israël, selon le rituel biblique.
Aujourd’hui, le peuple juif d’Israël se sent enfin libéré de son saint devoir en ramenant la dépouille du dernier héros d’Israël, Ran Gvili, que Dieu ait son âme.
Et que le Messie ne tarde pas à venir pour sauver l’humanité entière.
par Thérèse Zrihen-Dvir
10 total views, 10 views today


Soyez le premier à commenter