Le cas Barbara Lefebvre est en effet emblématique du 2 poids 2 mesures. Un prof puni pour avoir, dans sa vie privée, sur son temps libre, fait de la radio, écrit des articles, répondu à des interviews… toutes choses que des milliers de profs ont fait et font à longueur d’année depuis des décennies ! Sans aucun problème.
J’ai été professeur pendant quelques décennies et en même temps j’ai toujours fait de la politique dans ma vie privée, réunions, candidatures électorales, distribution de tracts… cela ne m’a jamais été reproché, quels que soient le parti ou la cause pour lesquels j’aie pu agir… Pour le PS, pour Chevènement, pour Dupont-Aignan, pour Philippot…
Jamais une remarque, jamais un procès (en tout cas pour ces raisons politiques.
Alors quoi ? Qu’a donc fait Barbara Lefebvre de si scandaleux, de si monstrueux ? Qui a-t-elle tué ? Qui a-t-elle volé ? De qui a-t-elle médit au point que le gouvernement dans son entièreté exige une punition… sans rapport avec les faits.
C’est en effet l’histoire d’une prof punie non pas pour son enseignement, mais pour ses opinions. Apparemment Barbara est/était un excellent prof, elle n’a pas été mise dehors pour sa façon de faire son métier… pas du tout.
Professeur d’histoire-géo, essayiste, chroniqueur aux Grandes Gueules sur RMC depuis 2019, elle vient donc d’être exclue temporairement 6 mois sans salaire par le Ministère en personne.
6 mois !!! Et sans salaire !!! Sans avertir, sans prévenir… au bout de 7 ans ! Ça sent juste un peu le règlement de compte politique, non ?
Le motif officiel? Ne pas avoir demandé d’autorisation de cumul pour faire de la radio.
Son explication, qui, à mon sens, tient la route : Mes avocats leur ont expliqué que je n’avais pas à le faire car l’activité de chroniqueur relève de la production des œuvres de l’esprit et n’exige aucune demande d’autorisation de cumul.
Jusqu’à preuve du contraire, le Code général de la fonction publique est clair : la production d’œuvres de l’esprit est libre. Pas besoin d’autorisation. Des centaines de profs écrivent dans la presse, publient des livres chez Plon ou ailleurs, interviennent à la télé… sans jamais être inquiétés.
Mais pour une Barbara Lefebvre, le rectorat de Versailles a fait une exception (diantre ! qu’a donc fait de si unique, de si extraordinaire la bougresse ? ). Le rectorat s’est soudainement intéressé à son cas après une polémique sur les réseaux sociaux lancée en février 2025, qui a conduit à des menaces contre elle et son établissement, nécessitant une protection policière. Kezaco ? Elle reçoit des menaces, elle est sous protection policière et… c’est elle qui est mise à pied ??? On savait déjà qu’on marchait sur la tête dans ce pays, mais là ça dépasse tout ce qu’on peut imaginer !
Le rectorat lui-même reconnaît que ses activités d’enseignement n’étaient pas en cause, reconnaissant qu’elle était « une excellente enseignante qui donnait toute satisfaction ». Ben quoi alors ? Alors il fallait, selon elle, « remettre dans le troupeau la brebis galeuse« . La fameuse polémique sur les Gens du voyage aurait été ressortie du placard.
Encore une histoire de 2 poids-2 mesures non ?
De quel droit l’administration interdit-elle une activité politique ou médiatique privée quand elle tolère depuis des décennies des profs secrétaires syndicaux à la FSU, SUD, CGT, déchargés à temps partiel ou çà temps plein, qui passent leur temps à faire de la politique sur les plateaux?
Des profs élus LFI, EELV, PS, maires, députés, conseillers régionaux ?
Des profs chroniqueurs chez France Inter, Mediapart, qui tiennent des propos ultra-politisés tous les jours sans jamais être convoqués en commission disciplinaire?
Barbara Lefebvre elle, publie dans Causeur, FigaroVox, Valeurs Actuelles, Front Populaire… Elle est classée à droite, chez les conservateurs… Ça serait pas là que le bât blesse au pays de Voltaire qui doit se retourner dans sa tombe ?
Comme elle le dit elle-même: « Nous vivons dans un pays où la liberté d’expression est à géométrie variable, l’indignation sélective ».
Le Tribunal Administratif est saisi pour suspendre une sanction disproportionnée. Car au fond, la question n’est pas juridique. Elle est politique: a-t-on encore le droit d’être prof et de droite dans l’Éducation Nationale d’une Belloubet, d’une Belkacem, d’un Pap Ndiaye et de leurs successeurs ?
La réponse du ministère semble claire : non.
C’est un tournant politique très important dont on voit d’autres exemples avec d’autres. Le régime se durcit et semble décidé à taper fort sur ceux qui ne sont pas de son camp, même contre de simples profs, de simples syndicalistes, de simples intervenants à la télé… D’ailleurs les loups se bouffent même entre eux, le torchon brûle par exemple entre Attal (encore un ex-ministre de l’Educ Naze) mais c’est une autre histoire !) et Macron…
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