Russie-Ukraine : où en sont-ils ?

Apparemment, l’Ukraine n’est pas encore en plein effondrement militaire, même si la situation reste très difficile et que la pression russe s’intensifie sur certains axes.

Ci-dessous un point factuel, à partir des rares sources fiables sur ce sujet. basé sur les sources ouvertes les plus récentes (rapports américains tirés de l’Institute for the Study of War )

 Situation générale sur le front
La guerre reste une guerre d’usure. Les gains territoriaux russes semblent plutôt limités (quelques kilomètres carrés par mois en moyenne) et coûteux. 

Selon le général Andriï Biletsky (3e corps d’armée ukrainien), cette opération aurait mis en échec le plan russe d’encerclement de la « ceinture de forteresses »  (Sloviansk-Kramatorsk-Druzhkivka-Kostiantynivka) par une pince nord. Les forces ukrainiennes ont dégagé ou libéré environ 75-85 km² et plusieurs localités dans cette zone. Des blogueurs militaires prorusses ont eux-mêmes reconnu des reculs russes dans ce secteur.

Sur le reste du front (Kharkiv, Koupïansk, Pokrovsk, Orikhiv, etc.), les combats sont intenses (plus de 200 engagements quotidiens récemment), mais sans rupture majeure des lignes ukrainiennes.

Point chaud : Dobropillia
C’est l’axe le plus tendu. La Russie a concentré trois armées combinées (8e, 41e et 51e) plus des unités d’appui (dont environ un tiers des équipages drones d’élite du centre Roubikon) et transfère de quoi pouvoir lancer  des assauts mécanisés cet automne.

Les forces russes tentent donc de s’approcher de la ville de Dobropillia (nœud logistique important) et d’exercer une pression depuis le sud pour tenter d’envelopper la ceinture de forteresses. Des sources pro-russes parlent d’ »encerclement opérationnel »  ou de « poche » qui se resserrerait. Les sources ukrainiennes indiquent, elles, (c’est de bonne guerre, si on ose le dire) plutôt une situation difficile, avec des infiltrations et des combats intenses autour de Bilytske, Serhiivka, etc., . La Russie prépare clairement une poussée mécanisée pour octobre, en profitant de la météo d’automne.

 Frappe sur le pont de Zatoka (région d’Odessa)
La Russie a de nouveau frappé le pont ferroviaire/routier de Zatoka (également appelé Bilhorod-Dnistrovskyi), lien critique vers les ports danubiens ukrainiens et la Roumanie. Selon Ukrzaliznytsia (chemins de fer ukrainiens), les dégâts limitent fortement le transport de grain vers ces ports ; des milliers de wagons sont bloqués et le délai de transit pourrait atteindre plusieurs semaines si le pont n’est pas réparé rapidement.

Ce type de frappes sur les infrastructures logistiques du sud (ponts, ports, centres de distribution) est récurrent depuis des mois. Cela complique les exportations et l’approvisionnement, mais ne coupe pas totalement les voies alternatives (via la Moldavie ou les passages terrestres occidentaux).

Autres éléments
– Reprises de frappes de drones et missiles russes sur Kiev et d’autres villes.
– L’Ukraine continue ses propres frappes en profondeur sur le territoire russe (raffineries, bases, systèmes de défense aérienne).
Sur le plan budgétaire et humain, l’Ukraine fait face à de réelles difficultés (déficit, usure des effectifs, dépendance à l’aide occidentale). Scott Ritter et d’autres commentateurs insistent lourdement sur ces points pour parler d’effondrement . 

En résumé
La Russie progresse lentement, concentre ses efforts sur Dobropillia et frappe systématiquement la logistique ukrainienne. L’Ukraine tient globalement et semble conserver sa capacité de résistance. La guerre reste longue, usante et indécise à court terme.

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4 Commentaires

  1. Désigner l’outil de propagande le plus grotesque, l’isw de la famille Kagan-Nuland comme source fiable, je ne l’aurais jamais cru possible, mais bon, allez savoir….

    • Bonjour : L’ISW est l’une des rares structures à produire un suivi quotidien aussi détaillé, structuré et cartographié des lignes de front. Pour celui qui veut vraiment s’informer, c’est une base de travail topographique précieuse pour situer les mouvements de troupes et analyser l’évolution du terrain, difficilement accessible ailleurs avec autant de régularité. Très franchement : sur les médias type BFM, jamais une carte ou de précisions, que de l’incantation servile

    • Suite : ce n’est pas en regardant un « débat » de plateau avec 4 types qui n’ont jamais mis les pieds en Ukraine qu’on va apprendre quoi que ce soit