On appelle ça « ceinture et bretelles » à Matignon. Traduction pour les gueux que nous sommes: on vous serre la ceinture, et on garde les bretelles pour ne pas que le pantalon de l’État tombe.
D’après Le Parisien,« il a fallu durcir« . Le mot est lâché. Sébastien Lecornu a compris que son premier jet était trop mou pour passer devant les marchés. Alors il a durci. Comprenez: il a tapé plus fort sur les mêmes.
Les chiffres sont vertigineux et ils sont officiels:54 milliards d’effort pour 2027, dette à 3536 milliards, 117,5% du PIB. Sans ça, le déficit file à 6,5%. On n’est plus en gestion, on est en contrôle d’avarie.
La méthode Lecornu? Le grand classique du ballon d’essai qui finit en obus.
Il fuit la taxation de l’épargne salariale dans Les Echos pour tester, puis il crie au scandale, saisit la justice en article 40 pour « fuites contraires à l’intérêt de la nation ». Mise en scène grossière. Tout le monde sait que c’est Matignon qui allume les mèches.
Il écrit aux patrons pour leur dire « vous n’êtes pas des vaches à lait », tout en gardant la surtaxe IS à 7 milliards qui « diminuera » d’un montant qu’il ne précise même pas. Opération déminage, dit Le Monde. Opération enfumage, oui.
Et sur le fond, qui paye? Toujours les mêmes. Gel de la quasi-totalité des ministères, à l’exception des Armées (+6,4 milliards), année blanche pour le point d’indice des fonctionnaires, 2,5 milliards rabotés au Travail, 2 milliards sur les arrêts maladie, et pour les retraités, ce sera le boulot du Parlement, histoire de ne pas se mouiller.
Lecornu le dit lui-même au Figaro: « C’est une copie offensive sur la réduction de la dépense publique ».Il jure que ce n’est pas de l’austérité. Comme Macron jurait que la réforme des retraites n’était pas brutale.
Le pire?Même son camp n’y croit plus. Pierre Cazeneuve, Renaissance, résume: « Un budget par voie naturelle a peu de chance d’aboutir, ce sera plutôt au forceps, avec un 49.3 ou les ordonnances ». Autrement dit: on sait que ça va exploser, on prépare déjà la matraque constitutionnelle.
« Ceinture et bretelles », c’était le nom de code pour rassurer. Ça aurait dû s’appeler « garrot et béquilles ». On saigne le pays pour rassurer des marchés qui nous prêtent déjà à 4,5%, du jamais vu depuis 2008, et on prie pour que Marine Le Pen ne censure pas tout en octobre.
C’est ça, la stratégie Lecornu: serrer jusqu’à ce que ça craque, et appeler ça du courage.
Christine Tasin
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Je n’aime pas le Cornu et son air diabolique. Regardez-le bien lors des reportages télévisés, il ne regarde jamais ses interlocuteurs en face, mais de biais. Chaque fois qu’il s’exprime, je m’attends à voir des vapeurs de soufre s’échapper de ses naseaux. Il ne lui manque que des cornes. Je ne fais pas allusion à sa situation conjugale. Vade retro, Satanas, euh le Cornu. Ou Lecornu.