Philippe de Villiers, le choix de la raison

Depuis quelques jours, une campagne effrénée, menée par LFAPDV et relayée par nombre de ses sympathisants, presse Philippe de Villiers de se prononcer sur une éventuelle candidature à la présidence de la République.

Mais Philippe demeure silencieux.

Silence qui intrigue, silence qui déconcerte… et qui, peut-être, en dit davantage que bien des déclarations.

Car ceux qui connaissent l’homme savent qu’il n’est ni de ceux qui se laissent emporter par le tumulte, ni de ceux qui confondent l’enthousiasme d’une foule avec les exigences de l’Histoire. Homme de culture, de réflexion et de caractère, doté d’un esprit d’analyse qui dépasse largement les frontières de son propre camp, Philippe de Villiers sait mesurer le poids d’une décision et, surtout, ses conséquences.

S’il devait finalement renoncer à se présenter, ce ne serait donc ni par faiblesse, ni par renoncement à ses convictions.

Ce serait, au contraire, parce qu’il aurait compris une réalité politique élémentaire : une candidature supplémentaire à droite pourrait transformer une espérance en désillusion et une victoire possible en catastrophe électorale.

Car que pèseraient les convictions, les talents, les enthousiasmes et les mérites de chacun si, au soir du premier tour, l’éparpillement des voix empêchait la droite nationale et patriotique d’accéder au second tour ?

Et si, à cette dispersion, venaient s’ajouter d’autres candidatures, notamment celle de Sarah ou d’Éric, le risque deviendrait encore plus grand.

Alors, il ne faudrait plus rêver : il faudrait regarder les chiffres en face.

La multiplication des candidatures pourrait ouvrir la voie à un second tour que personne, parmi ceux qui aiment réellement la France, ne souhaite voir advenir.

Est-ce vraiment cela que veulent ceux qui réclament, à cor et à cri, la candidature de Philippe de Villiers ?

Je leur pose cette question sans polémique, mais avec gravité.

Car aimer Philippe de Villiers, admirer son courage, sa culture, sa vision de la France et son immense talent, ne signifie pas nécessairement souhaiter qu’il se présente à tout prix.

Il est parfois des fidélités qui consistent à applaudir un homme.

Et il en est d’autres, plus exigeantes, qui consistent à comprendre ses silences.

Pour ma part, je suis un partisan inconditionnel de Philippe de Villiers. C’est précisément parce que je lui reconnais intelligence, lucidité et hauteur de vue que je peux comprendre qu’il puisse choisir de ne pas être candidat.

Je souhaite plus que jamais qu’une seule voix puisse porter au plus haut les aspirations de la droite nationale et patriotique.

Car, au bout du compte, l’Histoire ne retiendra pas combien nous étions à avoir raison séparément.

Elle retiendra si nous avons su, le moment venu, nous rassembler pour faire gagner la France.

Et à ceux qui, par principe, par dépit ou par fidélité mal comprise, refuseraient ensuite de soutenir le candidat arrivé au second tour, je poserai simplement cette question :

Que ferons-nous si notre division contribue à faire élire celui que nous voulions précisément empêcher de l’emporter ?

Il sera alors trop tard pour regretter.

Trop tard pour verser des larmes de crocodile.

Trop tard pour expliquer que nous n’avions pas voulu cela.

En politique comme dans l’Histoire, certaines erreurs ne se corrigent pas. Elles se paient durant des années.

Alors, avant de réclamer une candidature de plus, posons-nous la seule question qui vaille :

Voulons-nous avoir raison chacun de notre côté… ou voulons-nous gagner ensemble ?

Pour ma part, mon choix est fait.

J’aime Philippe de Villiers.

Et c’est justement parce que je l’aime et que je crois en sa lucidité que je souhaite qu’il demeure, s’il le juge nécessaire, au-dessus de la mêlée.

Car parfois, le plus grand service qu’un homme puisse rendre à la cause qu’il défend n’est pas de conduire la bataille… mais de permettre à ceux qui doivent la gagner de ne pas se battre entre eux.

    José CASTANO

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