PISA 2022, paru en décembre 2023, avait été un séisme. Et PISA 2025, qui vient de tomber, confirme: la France s’effondre.Pendant ce temps l’Estonie, ce petit pays sans grands moyens caracole. Classé sixième…
En sciences, la France est à 500 points, stable depuis 2006, mais l’Estonie est à 527 points, 1er pays européen. En maths, l’Estonie est 1er européen, 2e en compréhension de l’écrit, la France 17e et 13e. Et le pire: un élève français a désormais 36 points de retard en maths sur un Estonien, 37 en lecture, 39 en sciences – soit presque deux années scolaires de perdues.
Un pays de 1,3 million d’habitants, plus pauvre que la France en 1991, sans ressources naturelles, humilie toute l’Europe de l’Ouest. Comment ?
Il n’y a pas un secret. Il y en a 5. Et ils sont exactement l’inverse de ce qu’on fait en France.
1 L’autonomie totale – le tabou français
C’est la clé. Sur une échelle d’autonomie de 0 à 5 de l’OCDE, la France a 2, l’Estonie 4,1, la meilleure note au monde.
En Estonie, le ministère se contente de fixer les grands objectifs et le financement. Pour le reste, c’est carte blanche: les directeurs recrutent, licencient, gèrent leur budget, choisissent leurs méthodes. Les établissements prennent 76% des décisions qui les concernent, contre 33% en France. Pas d’inspecteur qui vient vérifier si tu as bien fait la page 42. Les inspections n’ont lieu que sur plainte.
Résultat: un prof d’histoire peut emmener sa classe au musée et rattraper le cours de sciences plus tard. Personne ne lui tombera dessus.
En France, on a fait l’inverse: toujours plus de programmes nationaux, de circulaires, de contrôle.
2 En Estonie, le prof est un maître, pas un fonctionnaire déclassé.Tous les profs ont un master obligatoire. Ils sont formés en continu – 20% se forment au numérique chaque année. Ils choisissent eux-mêmes leur matériel pédagogique le plus adapté.
Et surtout: la société les respecte. « En Estonie, l’éducation est considérée comme un bien précieux, les familles sont prêtes à investir », dit l’OCDE. C’est une croyance culturelle depuis le XVIIe siècle, où l’éducation était vue comme vecteur d’émancipation sous l’occupation suédoise puis russe.
En Estonie, on a 11% d’élèves dans le privé, parce que le public satisfait tout le monde.
En France, on fuit vers le privé qui récupère environ 18% des élèves et encore, parce que le privé n’a le droit d’ouvrir de nouvelles classes que si on en ouvre dans le public en même temps…
3 En Estonie, l’évaluation pour progresser, pas pour noter.
Jusqu’en 4e année, pas de notes chiffrées. Les profs évaluent par compétences, avec un retour verbal systématique: où tu en es, où tu as progressé, où tu dois travailler. L’évaluation est formative, pas punitive.
Ils ont développé des « tests diagnostiques » informatisés pour détecter les lacunes précises de chaque élève, pas pour le classer.
Le numérique comme outil, pas comme gadget
En 1997, pays ruiné, l’Estonie lance « le saut du tigre »: équiper toutes les écoles en ordinateurs. L’Etat paie 50% la première année. Quatre ans plus tard, toutes les écoles sont connectées à Internet, même les crèches codent avec des petits robots.
Mais attention: le numérique n’est jamais un but en soi, c’est un outil d’apprentissage en complément du traditionnel. Ils ont même recruté des profs spécialisés tech pour aider les autres profs. Pendant le Covid, ils sont passés en distanciel en 2 jours.
4 L’égalité absolue
C’est le point que l’OCDE souligne le plus: en Estonie, le contexte socio-économique a l’impact le plus faible sur la performance. L’école est gratuite, sans frais cachés, pas de ségrégation par niveau, tout le monde reste ensemble. Seuls 4,2% d’élèves sont en difficulté, contre 12,6% en France.
Et ils dépensent moins que nous: 34.000 dollars par élève contre 45.000 en France, mais mieux utilisés.
5 Conclusion: la confiance contre la bureaucratie
L’Estonie a réussi parce qu’elle a fait confiance. Confiance aux directeurs, confiance aux profs, confiance aux élèves…. Elle a décentralisé quand la France a centralisé. Elle a valorisé le prof quand la France l’a prolétarisé.
Comme le dit le chef de projet PISA finlandais: « L’Estonie est aujourd’hui là où la Finlande était il y a 15 ans ». La Finlande s’est effondrée parce qu’elle a perdu sa croyance éducative. L’Estonie l’a gardée.
La droite au pouvoir en France n’a pas fait mieux que la gauche.
D’ailleurs Haby était très à gauche …
2/2
Depuis, les petits finlandais sont devenus des petits princes capricieux (noté pour 2009, début de la chute de la Finlande), se rajoute une moindre sélectivité, l’obligation scolaire est passée de 16 à 18 ans il y a peu ==> obligation pour les lycées d’accepter plus facilement les élèves ! Donc la chute de la « croyance éducative » a des aspects non-dits !
Effectivement, en Finlande les écoles étaient -sont- relativement autonomes (gestion communale complète, liberté des méthodes, du choix des enseignants, les édiles responsables devant leurs mandants).
La gestion se faisaient à moyens constants, l’aide pour une école en difficulté se prenait sur les autres, attention à ne pas gaspiller…
Autre causes des difficultés finlandaises actuelles, l’immigration et le développement du numérique mal contrôlé.
1/2
J’ai quelques nuances avec cette analyse, mais je vais expliquer partie de ce que je sais du cas finlandais.
==> J’avais étudié le cas finlandais en 2000.
Faut dire que le MEN qui avait envoyé une mission en Finlande -comme les ministères de bien des pays- pour comprendre sa réussite, avait pondu un rapport édulcorant presque toutes les raisons qui expliquaient de la réussite finlandaise (seules le non-redoublement des élèves et la remédiation dans les premières classes avaient droit de cité) ==> je suis allé chercher des infos ailleurs…
A suivre.
Pour réussir, il suffit de faire tout le contraire de la France. Pas compliqué.
Les Estoniens sont très proches des Finlandais (excellents résultats eux aussi). Presque la même langue.
Non, les Finlandais ont dégringolé !
En 2000, ils étaient 4ème en math, 1ére en compréhension écrite lecture, 3ème en sciences.
En 2025 elle est 12ème en math, sciences et compréhension de l’écrit !
La baisse de la Finlande s’est amorcée en 2009, j’avais alors relevé que les deux pays ou la classe était la plus difficile à suivre étaient la France et… la Finlande (les petits finlandais étaient devenus des petits princes capricieux flattés par leur gloire européenne si ce n’est mondiale).
Reste que la Finlande n’est pas dans les pâquerettes comme la France.
Autre que le comportement des élèves, la sélection à l’issue de l’école de base (fin à 15/16 ans) a été réduite par une scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans au lieu de 15/16, donc pression moindre pour la pour la suite des études, obligation pour les établissements de recevoir les élèves.
Se posent les problèmes de l’immigration (encore) et du numérique non contrôlé !
Les élèves estoniens passent de nombreux tests nationaux. Ils sont socialisés à l’idée que l’intelligence se développe par le travail. Les attendus sont élevés, mais les enseignants ont la liberté de choisir comment y parvenir. Voici ce que me dit copilot et que je trouve complémentaire.
On peut pas comparer, en Estonie c’est comme en France autrefois dans les années 60. En France maintenant ils veulent détruire l’éducation pour faire plaisir à l’ue de la hyène nazi qui veut faire de la France une fabrique de crétins pour pouvoir les manipuler plus tard quand ils seront adultes. Et puis les petits estonien ils passent combien de temps sur leur portable à faire des jeux, sûrement beaucoup moins que les petits français. Et les cours des écoles en Estonie n’est peut-être pas les champs de bataille que l’ont voit en France à cause de la diversité. Il est grand temps de remettre de l’ordre.
Même avec un pays centralisé les choses peuvent bien marcher je me rappelle l’E.N. des années 60. Pour moi le problème fondamental est l’importation de millions de haineux à qui nos crétins politiques et des administrations dont les rectorats et directeurs d’établissements cèdent tout au nom d’une supposée assimilation, alors que c’est l’inverse dans les faits, cette attitude conduit à imposer aux de souche de s’assimiler aux coutumes et moeurs de tribus et d’ethnies qui ne devraient être interdits chez nous.
Tout ceci a conduit inévitablement à une frayeur chez tous les profs de banlieue qui ne peuvent plus rappeler à l’ordre pour tenir une classe de peur de se faire égorger, on a vu comme tout le rectorat de Versailles avait pris fait et cause contre Samuel Paty.
C’est une soumission et une lâcheté générales qui se sont emparées de toutes nos administrations régaliennes, et les migratoires de bonne aloi non haineux qui sont tout heureux d’avoir fui leur pays de merde et s’ébaudissent d’une liberté de penser sont tout autant pénalisés.
Il faudrait aussi comparer l’origine des élèves dans ces deux pays.
Très juste, Argo !
Il y aurait beaucoup de Russes mais nés en Estonie. 30 % de “représentants de nombreuses nationalités (principalement slaves)”
→ Russes, Ukrainiens, Biélorusses, mais aussi d’autres minorités. (copilot)