Hier, mardi 8 septembre 2026, l’OCDE a publié les résultats de l’enquête Pisa 2025. La France n’avait jamais connu une telle débâcle.
Les scores des élèves de 15 ans sont les plus bas jamais enregistrés dans les trois domaines évalués : 458 points en mathématiques (–16 par rapport à 2022), 456 en compréhension de l’écrit (–18) et 483 en sciences (–4).
Des résultats parmi les plus bas jamais mesurés depuis le lancement de Pisa en 2000, nettement inférieurs à ceux de 2015.
La France se maintient laborieusement dans la moyenne de l’OCDE. Mais cette moyenne elle-même est tombée à son niveau le plus bas.
Pendant ce temps, Singapour, les provinces chinoises, Taïwan, le Japon et la Corée du Sud caracolent en tête.
L’Europe, elle, s’enfonce. Nous n’avons même plus l’excuse d’être isolés dans le naufrage : nous y sommes collectivement, et la France y plonge avec une constance particulière.
Ce n’est pas un accident de parcours. C’est le résultat d’une génération scolaire. Les élèves testés en 2025 sont entrés en CP en 2015. En dix ans à peine, leurs compétences se sont érodées dans les trois matières (maths, français, sciences)
36% de nos enfants seraient en grande difficulté en maths !
Et quand nos enfants étaient au moins 15% à être très performants il y a 3 ans, ils ne sont plus que 5%
La part des élèves en grande difficulté en mathématiques (sous le niveau 2) est passée de 16,6 % en 2003 à 36 % en 2025. Dans le même temps, la part des élèves très performants (niveaux 5 et 6) s’est effondrée : de 15,1 % en 2003 à 5 % aujourd’hui, alors que la moyenne de l’OCDE reste à 8 %.
On parle beaucoup des plus faibles., histoire de nous faire croire que ce serait parce qu’on aurait trop d’élèves très faibles qui feraient baisser le niveau (un coup de l’immigration, peut-être ? ) Mais le plus grand problème, plus qu’interpellant c’est qu’on parle trop peu de la disparition des meilleurs. Or c’est là que se joue l’avenir. La France a longtemps été une nation de mathématiciens. Pascal, Laplace, Lagrange, Cauchy, Fourier, Grothendieck… Les classes préparatoires, Polytechnique, l’ENS ont formé des générations d’élites scientifiques.
Ce vivier se rétrécit dangereusement. Le nucléaire, la défense, la cybersécurité, les biotechnologies, l’intelligence artificielle : tous ces secteurs exigent des profils de très haut niveau. Quand le plafond s’effondre en même temps que le plancher, ce n’est plus seulement un problème scolaire. C’est un risque de souveraineté.
Les causes ? Elles n’ont rien de mystérieux.
Les manuels français exposent trop peu les élèves à des énoncés complexes et à des raisonnements à étapes. On a organisé le système autour du plancher, en oubliant le plafond. Le bac, avec son taux de réussite passé de 65 % en 1984 à plus de 96 % en 2025, est devenu le symbole de cet égalitarisme qui produit l’égalité des malchances et la perte de nos jeunes des familles populaires/moyennes qui n’ont pas nécessairement les ressources financières ou intellectuelles pour compenser le désastre, que dis-je le vide sidéral de l’école.
Certes, quelques établissements d’excellence résistent encore, souvent dans les grandes villes et souvent privés. Les autres élèves, même motivés mais mal préparés, même avec la soif de savoir, découvrent trop tard le retard accumulé.
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a reconnu que les résultats sont préoccupants mais pas une surprise (l’est résigné, le bonhomme, on dirait… à moins que ce ne soit un contentement caché pour avoir accompli exactement ce que lui a demandé Macron ?
Il évoque l’espoir de revenir « dans la tête du classement » en 2033 « si l’on mène de front la pédagogie et l’autonomie des établissements ».Il se paye notre tête et il envoie nos gosses à l’abattoir (c’est pour que les migrants qui déferlent sur notre sol ne se sentent pas d’un niveau inférieur ? ). Comme si la pédagogie (on dirait du Meirieux, cette catastrophe ) et la liberté de faire ce qu’on veut dans chaque établissement étaient une solution !!! D’ailleurs, les annonces ne suffisent plus. Depuis vingt ans, chaque nouvelle édition de Pisa confirme la même trajectoire descendante. Les réformes se succèdent, les rythmes scolaires vont et viennent, le niveau continue de baisser.
Je crois que, il y a 10 ans, j’avais pointé nombre de dérives, d’insuffisances, de fautes et politiques et pédagogiques dans cet article :
Pas besoin de chercher midi à 14 h. Ce petit article ne pointe qu’une petite partie des dérives, erreurs etc. Mais si, partout en France tout cela était corrigé, disparaissait, la France, en 2 ans, serait à nouveau en tête dans les classements PISA, j’en mets ma main au feu.
En attendant… Waterloo, morne plaine. Le cor au fond des bois ne sonne plus la charge. Il sonne le recul. Tant que l’exigence restera suspecte, tant que l’on préférera le nivellement à l’élévation, tant que l’on formera des générations à éviter la difficulté plutôt qu’à la surmonter, la France continuera de perdre ce qui a fait sa force intellectuelle. Un pays qui laisse disparaître ses meilleurs élèves en mathématiques n’est pas seulement en train de baisser dans un classement. Il est en train de renoncer à une part de son identité et de son avenir.
Il est encore temps de reconstruire. Mais il faut cesser de se mentir. Et il est plus que temps de jeter aux oubliettes des élections et de l’histoire tous ceux qui, depuis 20 ans au moins sont aux manettes en France (et dans la plupart des pays européens) et dans l’UE
Ça sent la révolution, comme en 1788… Est-ce la seule solution qui nous reste ?
Christine Tasin
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Ma fille entre en CE2, elle ne connait pas ses tables de multiplication, peine à faire des additions, alors que je lui ai montré depuis deux ans le tableau des mille, centaine, dizaine, unité. Mais apparemment, quand elle fait des contrôles en classe, elle réussit. Alors elle fait preuve de mauvaise volonté à la maison.
Pour se rendre compte du niveau, essayer de dialoguer avec des jeunes qui ne s’expriment que par borborygmes ou par onomatopées .