Jet ski, canicule et indignation sélective : le grand écart d’Olivier Faure

Pendant que la France creuse joyeusement sa dette à des niveaux dignes d’un État en faillite technique, que les incendies brûlent faute de Canadairs en nombre suffisant, que l’on envoie des chars à Zelensky pendant que les services publics craquent, et que la gestion  migratoire continue d’inspirer les plus grands spécialistes du déni, Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a trouvé « le » scandale de l’été.

Emmanuel Macron fait du jet ski. Enfer et damnation !

Oui. Vous avez bien lu. Le chef de l’État, photographié sur un scooter des mers à Brégançon, sous le titre de Paris Match « dernier été aux commandes« , a osé s’amuser pendant la canicule. Et Faure de s’étrangler sur X :  Pendant la canicule, quand la France brûle, quand une partie des Français n’a pas pu partir en vacances, le président s’amuse en jet ski à Brégançon. C’est ça le message ? C’est très réussi. 

Bravo. L’indignation est nette, précise, chirurgicale. Elle cible l’essentiel : le loisir estival du président. Pas la dette publique qui dépasse allègrement les 3 000 milliards. Pas le manque chronique de moyens pour lutter contre les feux. Pas les cadeaux militaires à l’Ukraine pendant que l’on explique aux Français qu’il faut « faire des efforts. » Pas non plus les déplacements présidentiels en avion toute l’année pour se faire voir, discuter, poser, ou simplement exister médiatiquement. Non. Le jet ski. En août.

On admirera au passage la constance de la critique. et, surtout, sa pertinence. Toute l’année, les élus de gauche (et d’ailleurs) ont l’occasion de dénoncer les choix, les dépenses, les priorités, les absences, les postures. Ils préfèrent souvent attendre l’été, la photo, le titre de magazine, pour découvrir subitement que le président s’amuse . Comme si gouverner le reste de l’année était une activité purement théorique, sans conséquences, et que le vrai problème apparaissait seulement quand le soleil tape et que le scooter des mers sort de l’eau.

Et puis il y a le détail délicieux : sur la même une de Paris Match, Raphaël Glucksmann embrasse Léa Salamé dans l’eau corse. Silence radio du côté de Faure. Normal. Glucksmann pourrait un jour passer par une primaire socialiste. On ne va pas gâcher les futures alliances pour une simple baignade amoureuse. Le jet ski de Macron, en revanche, c’est une affaire d’État.

 

 

Au fond, cette polémique en dit bien plus long sur l’opposition que sur Macront Quand on n’a plus grand-chose à proposer sur le fond (dette, sécurité, immigration, industrie, énergie…), on se rabat sur le style. On fustige le loisir, on s’indigne de la photo, on parle de message.

Pendant ce temps, le pays continue de s’endetter, de brûler, d’accueillir, et d’envoyer du matériel militaire. Mais au moins, on aura dénoncé le jet ski.

C’est très réussi, en effet.

Christine Tasin

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1 Commentaire

  1. Les gauchistes alors là.!!!!! Quelque part Mitterrand, qui garde toujours une bonne image, a une lourde responsabilité, dans la folie immigrationniste.