Suppression du français première langue, de la philosophie au bénéfice de l’arabe, la polémique autour des changements annoncés dans l’école d’ Algérie révèle surtout une vieille ligne de fracture culturelle.
D’un côté, ceux qui voient, dans toute évolution vers davantage d’ouverture, une menace pour l’identité.
De l’autre, ceux qui défendent une école capable de conjuguer identité, pluralité linguistique, sciences et ouverture sur le monde. La réforme de l’école aurait pu donner lieu à un débat essentiellement pédagogique : quelles matières renforcer ? Quelle place accorder aux langues ?
Comment améliorer l’enseignement des sciences ? Et surtout, comment préparer les élèves aux exigences de l’université et du monde professionnel ? Mais une nouvelle fois, le débat tend à quitter le terrain pédagogique pour revenir à celui de l’affrontement idéologique. La sortie de Abderrezak Makri, ancien président du MSP et figure du courant islamiste, en fournit une nouvelle illustration.
Dans un texte virulent, il s’en prend aux «laïcs», qu’il qualifie de «serviteurs de la France», allant jusqu’à s’interroger sur les raisons de leur mobilisation et à demander si «la France leur a promis quelque chose».
« Au-delà de la défense de l’arabe ou de la critique de certaines orientations éducatives, c’est surtout le procédé qui interpelle. Une fois encore, le désaccord avec les courants démocratique et laïque est renvoyé à une supposée proximité avec l’étranger. La polémique sur les langues ou les programmes devient ainsi un nouveau prétexte pour mettre en cause le patriotisme de ceux qui défendent d’autres choix de société ».
Makri accuse cette mouvance de «détester» l’arabe et de chercher à «disperser» et à «diviser» les Algériens en rouvrant des questions identitaires qu’il considère comme tranchées.
Il va jusqu’à évoquer une volonté de «servir à nouveau les intérêts du colonialisme, de sa culture et de sa langue» en Algérie.
Cette lecture enferme le débat dans une opposition artificielle : l’identité d’un côté, l’ouverture de l’autre. Or, l’Algérie n’a pas à choisir entre les deux. C’est précisément cette logique que conteste Atmane Mazouz, président du Rassemblement de la culture et de la démocratie (RCD), dans un texte intitulé : «Quand l’accusation de trahison devient un substitut à l’argument». Sans citer directement l’ex-dirigeant du MSP, Mazouz répond à cette manière de transformer les désaccords politiques et culturels en accusations de déloyauté.
L’arabe , les langues et le piège identitaire
Il dénonce le recours systématique à «l’allégeance à l’étranger», à «la francisation», au «service des intérêts extérieurs» et à «l’atteinte à l’identité». Selon lui, lorsque certains ne parviennent pas à répondre à une idée, ils préfèrent «faire le procès des intentions» plutôt que de discuter les arguments.
Sur la France, son propos est particulièrement clair. «Défendre la laïcité ne signifie pas être francophone, défendre l’enseignement du français ne signifie pas être nostalgique du colonialisme et défendre la philosophie ne signifie pas servir un projet d’occidentalisation.»
«La France devient l’explication de tout», écrit-il, avant de rappeler que le passé colonial est une réalité historique qui doit être étudiée, mais qu’il ne peut devenir «une clé magique» permettant d’expliquer toutes les divergences politiques et culturelles, plus de six décennies après l’indépendance. Mazouz refuse également de faire de l’arabe un critère de patriotisme.
Sa défense, explique-t-il, doit passer par la construction d’une école capable d’en faire «une langue de science, de création et de connaissance», et non par sa transformation en «rempart destiné à attaquer tous ceux qui apprennent une autre langue».Il résume sa position par une formule qui tranche avec la logique des camps : «L’Algérien qui maîtrise l’arabe, le français, le tamazight et l’anglais n’est pas moins patriote que celui qui ne parle qu’une seule langue.» C’est là que se situe l’un des vrais enjeux de la polémique. «Les langues ne sont pas des camps politiques.» Elles sont des outils de connaissance, de communication et d’ouverture. Leur place dans l’école devrait donc être déterminée par des considérations pédagogiques, scientifiques et économiques, et non par la peur de voir dans toute ouverture une menace culturelle.
Les réalités du terrain
Mais au-delà de cette bataille idéologique, les enseignants du secteur mettent en avant des préoccupations beaucoup plus concrètes, directement liées aux conditions dans lesquelles les programmes doivent être appliqués. C’est notamment le cas de Mahmoud Riahi, ancien inspecteur de l’éducation nationale et ancien participant à l’élaboration des progressions pédagogiques en sciences physiques. Il souligne les difficultés auxquelles sont confrontés les enseignants de la matière, particulièrement lorsqu’il s’agit d’achever les programmes dans les délais impartis et dans de bonnes conditions. Selon lui, le problème ne date pas d’aujourd’hui.
Pour Riahi, la question aurait dû donc être abordée sous l’angle des réalités pédagogiques. Les professionnels du secteur attendaient notamment «une revalorisation des coefficients» des sciences physiques dans les filières concernées ainsi que «l’augmentation du volume horaire», compte tenu des contraintes d’enseignement et de l’importance de ces disciplines. Son constat renvoie finalement à une interrogation plus large : Une réforme de l’école peut-elle être pensée sans tenir compte de ceux qui doivent concrètement la mettre en œuvre ?
Car derrière les polémiques sur le français, l’arabe, la philosophie, il y a aussi une réalité quotidienne : des enseignants qui doivent transmettre les programmes, des élèves qui doivent les assimiler et des horaires qui doivent permettre de préparer correctement les examens. par Nabila Amir
Juvénal de Lyon
3,992 total views, 3 views today


qu’ils se libèrent du satrape Tesburnes, et après, ils pourront évoluer , mais pas sûr.
Tesburnes n’est rien d’autre qu’un roi du Maroc, déguisé en président.
Seul le Soufisme pourrait encore sauver les civilisations musulmanes. Lorsqu’elles se replient sur elles-mêmes elles sont destinées à connaître l’obscurantisme. Seule une société ouverte mais qui reste sur des bases solides peut évoluer les autres ne peuvent que régresser
Bonjour,
Et encore, le Soufisme c’est du flan .
Les musulmans les plus fanatiques ont très favorables au Soufisme : Ibn Hanbal, Ibn Tamiyya etc etc
Il n’y a rien à sauver dans cette idéologie monstrueuse: c’est triste, mais c’est comme ça …
Bonjour,
Nous savons tous que la terre est plate, même les soufis ! Puisqu’elle a été aplatie par Allah, con ! c’est le coran qui le dit !
C’est même confirmé en l’an 2000 par Bin Baaz, le Grand Mufti d’ Arabie, dans La Stampa, journal de Turin.
Bonjour,
:=)
Un musulman, soit un islamiste moderé, sera toujours pour moi un inculte volontaire, décérébré, au sens critique niveau zéro .abeti par les preceptes d’une secte haineuse, jalouse ,violente ,injuste .
RAB de toutes ces coranneries, qu’ils recommencent comme du temps du FIS, retapez-vous encore plus fort dans la gueule, je m’installe et commande le pop-corn…
Certainement pas ! On aurait tous les opposants qui afflueraient en France. Vous ne les trouvez pas assez nombreux ? On pourrait espérer qu’ils soient moins musulmans s’ils sont partis à cause du FIS, mais non lorsqu’ils arrivent ils se précipitent à la mosquée qui leur explique que la France c’est la colonisation et que ce pays est un ennemi à faire plier. Un jour peut être qu’un algérien intelligent deviendra de nouveau l’espoir du peuple algérien avec des idées évoluées mais c’est pas demain la veille.
Et faire de la physique ou de la médecine.
En langue arabe…. Bon courage.
Les livres sont en anglais en majorité
Entre autres, on enseigne les sciences islamiques au lycée algérien sont une matière scolaire structurée, définie officiellement, qui regroupe plusieurs domaines : la croyance, le droit religieux, le Coran, le Hadith, la vie du Prophète et les valeurs morales.
Ce n’est pas un catéchisme : c’est un enseignement codifié, avec un programme, des compétences, des textes à analyser et une logique éducative. (copilot)Et de plus, c’est obligatoire.
effectivement Kestier et ils voudraient que la diaspora algérienne en `france ait les mêmes programmes…
La SCIENCE islamique, rien que le mot m’amuse, aujourd’hui en faculté de medecine avancée d’Alger, l’urine de dromadaire en gélule et intra veineuse, il y en aura pour tout le monde .
Quand l’Algérie se réveillera-t-elle ? Islam dehors est le rêve de beaucoup… Y’a du boulot contre la sottise islamique ! J’ai fait un rêve….(Martin Luther-King).
Moi aussi, juillet 1830, belle année pour le dernier Roy de France qui allait devoir abdiquer pour le fils d’un adorateur du parpaing, régicide de surcroit et raccourci par imitation