La Russie frappera-t-elle la première alors que l’OTAN se prépare à la guerre ?

Stanislav Krapivnik est un ancien officier de l’armée américaine originaire du Donbass, qui y est depuis retourné. Krapivnik évoque l’escalade et la préparation à la guerre en Europe, ainsi que les raisons pour lesquelles la Russie pourrait décider de frapper la première.

« Tu sais, j’étais dans l’émission du soir avec Soloviov et il disait : « Oui, tu vois, ils savent que l’armée russe va percer…

KIEV, c’est une grande ville, environ 2 millions et demi d’habitants  en temps normal et la population a gonflé parce que beaucoup d’hommes se sont réfugiés à Kiev. La ville était un peu devenue une sorte de réserve naturelle pour la population masculine en Ukraine et maintenant cette réserve est en train d’être récoltée et il y a quelque chose qu’on a remarqué.◄

C’est sorti l y a un peu plus d’un mois.

KIEV, ODESSA, MIKOLVE et d’autres villes se sont soudain trouvées entourées de ceintures de ligne défensive.

Donc on parle de barbelés ; de dents de dragon ; de fossés antichars ; de champs de mines sous des postes de blocage….

Extraits de la transcription

[…]

15 minutes et 48 secondes

KIV, c’est une grande ville, environ 2 millions et demi d’habitants en temps normal et la population a gonflé parce que beaucoup d’hommes se sont réfugiés à Kiv. La ville était un peu devenue une sorte de réserve naturelle pour la population masculine en Ukraine et maintenant cette réserve est en train d’être récoltée et il y a quelque chose qu’on a remarqué. C’est sorti un peu il y a un peu plus d’un mois. KIV, Odessa, Mikolve et d’autres villes se sont soudain trouvées entourées de ceintures de ligne défensive.

Je ne sais plus si on en avait déjà parlé ou pas, je me souviens plus. Donc on parle de barbelet, de dent de dragon, de fossé antichar, de champ de mine sous de postes de blocage…

Tu sais, j’étais dans l’émission du soir avec Soloviov et il disait « Oui, tu vois, ils savent que l’armée russe va percer. »

Bon, l’armée russe est en train de percer, c’est vrai. Mais le point essentiel, c’est que quoi qu’il arrive, le rythme d’avance reste lent à cause  des drones. Même en cas de percée, on parle de moins de 10 km par jour au mieux, ce qui laisse largement le tempsbà n’importe quelle ville de mettre en place ses défenses.

Ensuite, ces défenses sans supervision ne servent pas à grand-chose.

Enfin, pas totalement à rien, mais disons qu’elles deviennent surtout une vraie galère pour l’ennemi qui approche.
Pendant qu’ils essayent de déminer, de combler les trous et d’enlever les dents de dragon, on leur tire dessus.

L’Ukraine n’a pas ce genre de main d’œuvre.

Alors, pourquoi feraient-ils ça ? Et bien, comme je l’ai dit, KIV, ces villes, ce sont comme des réserves naturelles pour les hommes et maintenant on les récolte.

Ce que vous voyez là, KI enfin l’Ukraine, c’est un immense camp de concentration à ciel ouvert,  mais c’est un immense camp de concentration à ciel ouvert avec plein d’endroits où se cacher.

La machine à viande ukrainienne a épuisé les hommes dans les petites villes, les villes moyennes, les villages. Il n’y a pratiquement plus d’hommes. La population masculine est vidée. La plupart sont dans les tombes.

Alors, que fait-on maintenant ? On commence à regarder autour. Et où sont les grandes réserves ? À Kif, à Odessa, dans des villes comme celle-là.

Le problème c’est que l’Ukraine est un camp de concentration, un camp de concentration à ciel ouvert mais immense et les hommes ont commencé à fuir les villes.

Donc ce ne sont pas des lignes de défense, ce sont des camps de concentration, des ghetaux à l’intérieur du grand camp de concentration.

Vous savez, essayez donc de traverser un champ quand il y a des mines quelque part. Plus du fil barbelé concertina, plus des dents de dragon. Essayez d’y aller à pied quand une fois il y a du fil Concertina puis un champ de mine à franchir. Forcément, ça limite vos mouvements.

Vous ne pouvez pas rouler sur les routes parce que tout est sous surveillance avec des postes de garde partout. Ils vont vous dire « Payez pour nous s’il vous plaît. » Ou mieux encore, il faudra sortir des lias de billets si vous voulez passer. Voilà, c’est ça la réalité.

Alors ce que l’Ukraine a fait, le gouvernement ukrainien, c’est qu’il a en quelque sorte refermé l’enclos autour des zones naturelles et maintenant il récolte. Voilà la situation actuelle. Je ne sais pas, enfin à moitié seulement.

Et bien encore une fois, comme vous le voyez, l’Ukraine est frappée beaucoup plus durement et dans cette guerre,  chaque fois qu’il y a une escalade, y compris du côté de l’OTAN, la RIPoste vise généralement l’Ukraine.

Mais maintenant que la pression monte aussi pour frapper quelque chose en Europe, selon vous, enfin, que pensez-vous que la Russie pourrait envisager ? parce qu’on a vu un article récemment, je ne me souviens plus où, peut-être dans le Washington Post mais apparemment c’était autour de Kaliningrad ce qui n’aurait pas vraiment de sens.

Cela dit, il y a clairement en Russie des gens qui poussent maintenant pour rétablir la dissuasion en frappant un pays européen membre de l’OTAN. Mais quelle serait la logique là-dedans ?

Autrement dit, frapper l’adversaire assez fort pour le faire reculer dans la guerre en Ukraine, mais pas au point de déclencher une guerre nucléaire. Et même si c’était le cas, si la situation échappait à tout contrôle et qu’on en arrivait à une guerre directe et totale, à quoi ressemblerait un tel conflit selon vous ? Désolé, c’est une double question. Non, pas de problème.

Et bien, d’abord les Chinois et j’ai beaucoup d’espoir pour ce type d’équipement, les Chinois ont montré lors de leur dernier grand défilé militaire trois unités de neutralisation de drone. Ce sont des dispositifs à impulsion électromagnétique basé sur les

micro-ondes avec de grandes antennes et de gros radars pour repérer les cibles.
L’antenne, c’est un seul gros bloc, un peu comme les anciens radars de la Seconde Guerre mondiale, mais miniaturisé pour tenir sur un seul camion, un camion de taille moyenne d’environ 2 tonnes et demi alimenté par 15 kW avec une portée d’environ 5 km.

C’est une arme de suppression de zone.

Très bien. Le problème c’est que dès qu’ils comprennent d’où vient ce laser parce que contrairement à l’espace dans l’air si le laser est assez puissant on peut carrément le voir. Et bien une fois qu’ils auront repéré la source, il y aura 30 40 drones qui fonceront dessus et ils arriveront sur une large zone en hauteur comme en largeur.

Voilà le vrai souci. Les systèmes laser antidrone ne peuvent traiter qu’une seule cible à la fois, même si ça ne prend qu’une demi-seonde ou une seconde pour détruire une cible. Puis encore une ou deux secondes pour se réorienter vers la suivante et une ou deux 3 secondes de plus pour recharger assez d’énergie depuis le générateur avant de tirer à nouveau.

Même dans le meilleur des cas, si vous abattez un drone toutes les 10 secondes et qu’il y en a 

à 140 ou 220 km à l’heure depuis seulement quelques kilomètres, c’est fini pour vous.

C’est aussi simple que ça. Et encore une fois, on en revient à ce drone à 5000 dollars qui vient de détruire un équipement à 10 millions ou à 3 millions. Donc pour l’instant, tous nos systèmes sont avant tout conçus pour traiter une seule cible à la fois.

Ce qu’il faut, c’est un équipement capable de suppression de zone. Et c’est exactement ce que les Chinois ont démontré et testé sur le terrain.

L’ont-ils testé au combat ? Bien sûr que non. On a encore rien vu de tel sur le champ de bataille russe. Et où pourrait-il le tester autrement ?

beaucoup d’espoir parce que si vous assemblez suffisamment de ces unités, surtout quand vous avez une supériorité d’artillerie comme la Russie face à l’Union européenne dans son ensemble et à l’Ukraine en particulier, alors là vous pourriez réintroduire au moins partiellement la guerre de manœuvre. Ces possibilités existent.

Alors, c’est une question très importante.

À quoi ressemblerait cette guerre ? Si cet équipement arrive, disons d’ici la fin de l’été, la guerre pourrait avoir un tout autre visage évidemment parce que là, on ouvrirait au moins une partie du front à une guerre de manœuvre rapide. Et ça, d’ailleurs le travail des opérateurs de drone beaucoup plus compliqué.

Ils sont bien plus efficaces quand le front reste à peu près stable. Même s’il y a une petite percée russe ou ukrainienne, les opérateurs de drone peuvent gérer parce que c’est de l’infanterie et que ça ne bouge pas très vite. Mais là, avec des frappes rapides, encore une fois, je peux pas parler à la place de Vladimir Vladimirovic. N’ai pas été invité à ses réunions et même si je l’étais, je pourrais rien dire à cause de la censure militaire.

Mais de mon point de vue, qu’est-ce que j’ai fait moi ?

Vous savez les 16 drones qui ont détruit tout le quartier ? Vous avez vu ma vidéo de Sarabelsk ? C’est pas seulement ces deux immeubles, ils ont tout rasé autour. Ils ont détruit un lycée artistique ou peut-être un centre d’art pour collégiens juste en face. Ils ont
aussi détruit une maison privée de l’autre côté de la rue et un restaurant juste à côté.

Ils en ont raté quelques-uns mais pas beaucoup. Vous savez, l’un des cratères laissés par un de ces drones faisait 4 m de large et 2 m de profondeur.

On est descendu dedans. Enfin, un des gars est descendu. Il a mesuré. Et bien tous ces drones venaient d’Italie avec des autocollants made in Italie.

On pourrait penser que les Italiens seraient un peu plus malins au moins qu’ils enlèveraient leur noms pour pouvoir nier. C’est typiquement le genre de chose qu’on devrait montrer à l’ONU.

Et messieurs à l’écran, voici Harry Rnick qui arrive en ce moment même à l’usine où ses armes de terreur ont été fabriquées. Regardez bien. Voilà une façon de faire.

Je le ferai. Oui, évidemment à ce stade, ce moment est passé parce que c’est quelque chose qu’il aurait fallu utiliser assez rapidement.

Il y a un autre endroit où ça aurait beaucoup de sens. Enfin, en fait, deux autres endroits.

On peut frapper les Britanniques, par exemple à Chypre, parce que c’est pas vraiment un territoire de l’OTAN et ce n’est pas non plus sur les îles principales du Royaume-Uni.

Sinon, moi personnellement, je prendrais un pétrolier battant pavillon russe et je le ferais tomber en panne quelque part au nord-ouest du Royaume-Uni avec à bord un détachement complet de marine équipé de manpads, de systèmes antiaériens et d’au moins une mitrailleuse lourde.

Et un peu plus loin derrière, il y aurait un sous-marin d’attaque. Et quand les britanniques arriveraient en courant pour essayer d’aborder et de pirater le navire, on leur donnerait un seul avertissement, puis on ouvrirait le fer.

Abattez l’hélicoptère, éliminer l’équipage. Et si c’est des bateaux, les patrouilleurs commencent à tirer sur le pétrolier, le sous-marin les coule tous les deux. Là, vous venez de provoquer un incident majeur pour les Britanniques dans des eaux neutres.

Vous avez fait des prisonniers comme des pirates.

Alors qu’est-ce qu’on fait ? On les juge et on les exécute ou vous voulez en discuter ? Parce qu’au passage, ce sont bien des pirates. Ils s’en prennent à un navire neutre dans des eaux neutres. Il s’emparent d’un bâtiment étranger sous pavillon étranger. C’est de la piraterie.

Ou bien vous préférez qu’on déclare la guerre tout de suite. Et dans ce cas, on pourrait commencer à bombarder Londres comme on bombarde Gaza. Voilà la situation dans laquelle les britanniques se sont mis. Et tant que rien de tout ça ne se produit, ils ne sont pas assez lucides pour prendre cette guerre au sérieux.

Pour eux, tout ça c’est un jeu.

Et bien, on dirait qu’on se dirige un peu dans cette direction parce que le discours semble avoir changé maintenant.

J’ai vu cette interview de Poutine où il ne parlait pas seulement d’être tout prêt d’en finir avec le Donbas, mais il a aussi mentionné la Novorcia, ce qui inclurait alors Nikolayev et Odessa.

J’ai trouvé ça intéressant et aussi Carkive.
Oui. Kiven Prigogin. Oui, ça aussi. Et Paul Taava.

Mais il y a aussi Maria Zakarova qui a déclaré que ces farceurs russes avaient enfin révélé que l’Estonie était impliquée dans les attaques contre Saint-Pétersbourg.

Ce qui rend ça intéressant, c’est que une fois que cette information est rendue publique, merci. Et bien d’un côté, on crée un argument pour expliquer pourquoi il serait légitime, par exemple, de frapper l’Estonie.

Mais une fois que c’est rendu public, ça met aussi beaucoup de pression sur le gouvernement. C‘est-à-dire que si vous reconnaissez que les Estoniens ont attaqué la Russie, il devient très difficile de ne pas monter d’un cran dans l’escalade.

Enfin, ils nous ont attaqué, vous l’admettez, et ensuite vous ne faites rien. Dans ce cas, il vaudrait presque mieux faire comme si vous aviez pas été attaqué, comme s’il y avait aucune preuve. Donc tout ça évidemment, je ne veux pas trop interpréter mais on a quand même l’impression que quelque chose est en train de bouger, qu’ils sont prêts à adopter une position plus ferme au moins vis-à-vis des Européens.

Je me demandais si vous aviez la même impression.

Oui, absolument. parce que ça ne peut pas continuer comme ça. Écoutez, je l’ai déjà dit dans votre émission et dans d’autres aussi. On se dirige soit vers une guerre conventionnelle, soit vers une guerre nucléaire. Il y a pas d’entre deux. La question avec une guerre conventionnelle, c’est de savoir quelle part de l’Europe est prête à mourir lentement.

Si on bascule dans une guerre nucléaire, alors là, toute l’Europe mourra très vite. C’est bien ça le vrai sujet. La Norvège, enfin pardon pas la Norvège, la Finlande n’est pas encore sur la liste nucléaire parce que les bombes nucléaires américaines, ce sont littéralement des bombes à gravité, n’y ont pas encore été envoyées mais elles le seront. Et dès que l’économie mondiale s’effondrera à nouveau jusqu’aux aisselles de l’Europe, la Finlande sera en bonne voie pour devenir elle aussi une cible nucléaire. pour que ce soit pour une première frappe ou pour une frappe de représaille.

Je suppose que les Finlandais ne veulent pas redevenir l’axel de l’Europe, ce qu’ils sont en train de redevenir très vite comme il l’était avant que l’Empire russe ne les prenne sous sa coupe.

Sous l’Empire russe, les Finlandais ont reçu une éducation. On leur a donné des écoles.

Helsinki a été construite à partir d’un petit village de pêcheurs qui sentait mauvais.
Et pour la première fois depuis peut-être 1000 ans, les Finlandais administraient vraiment la Finlande tout en faisant partie des classes supérieures russes.

À l’époque, c’était l’Esselle de l’Europe, probablement en compétition seulement avec je ne sais pas l’Albanie ou ce genre de région. La Finlande était vraiment l’aisselle de l’Europe.

Puis elle a grandi, elle s’est enrichie surtout pendant la guerre froide en restant neutre. Son économie s’est liée à celle de la Russie et ça a continué surtout après la Gling.

Ils ont décidé de se suicider économiquement, ce qu’ils ont d’ailleurs réussi à faire. Ils sont là lentement pendus à une corde en train de s’étrangler petit à petit. Ils préfèrent le faire lentement, plus douloureusement, j’imagine. Ils ont ce côté masochiste.

Mais maintenant, ils se sont dit « Bon, apparemment, c’est pas suffisant.

Allons-y, devenons des cibles nucléaires. » Et bien, que voulez-vous ? On ne peut pas réparer la stupidité. Parfois, la stupidité se répare toute seule en se tuant. Mais visiblement, on ne peut pas la réparer.

Certains ont essayé de parler rationnellement avec les Finlandais, mais ils sont déterminé. Ils veulent mourir et ils veulent le faire de façon spectaculaire.

Ce sont les mêmes qui essayent d’installer des bases américaines juste de l’autre côté de la frontière russe. Les mêmes qui ont laissé passer des drones ukrainiens.

[…]
Ce sont littéralement des brutes dégénérées. Enfin, Stubb  a même l’air d’en être un.  Des brutes dégénérés respirant par la bouche, issu de l’aristocratie européenne.
Beaucoup trop de sang pur, si vous voyez ce que je veux dire. Et voilà les gens qu’on a aujourd’hui à la tête de l’Europe. Franchement, si les peuples ne
 les renversent pas, c’est qu’ils doivent aimer ça. Sinon, il les aurait déjà renversés.

Enfin bon, laissez-moi poser une dernière question quand même parce que la façon dont vous présentez les choses, on a presque l’impression que pour vous la guerre est devenue inévitable, qu’elle soit nucléaire ou conventionnelle.

Mais on a aussi le sentiment que la Russie aujourd’hui pense que les Européens se préparent à la guerre en grande partie parce que c’est  exactement ce que disent et font les dirigeants européens notamment en matière d’armement.

Alors, comment voyez-vous la possibilité que la Russie frappe la première ? Si vous pensez que la guerre est inévitable, pourquoi attendre de recevoir le premier coup ? J’ai vu pendant cette interview avec Poutine qu’il faisait référence à l’opération Barbarosa.

C’est une comparaison intéressante avec la situation actuelle. Je me demandais simplement est-ce que vous pensez qu’il est possible que la Russie se convainque que la guerre approche et qu’elle décide en quelque sorte d’en prendre l’initiative, de choisir quand elle commence et comment elle sera menée ?

Tu sais à propos de Barbarosa, Staline s’est fait une énorme illusion.

Il pensait que la guerre pouvait être évitée. Il croyait que les britanniques cherchaient à provoquer le conflit et dans une certaine mesure, c’était vrai. Mais la guerre, elle n’était pas évitable. Hitler y était résolu. À ce moment-là, Staline, par exemple, a refusé d’écouter ses généraux. 6x jours avant l’invasion, ils étaient venus le voir en disant : « Autorisez-nous à mobiliser au moins partiellement ».s

Il a répondu : « Aucun mouvement parce que selon lui, cela donnerait aux britanniques un prétexte pour déclencher un affrontement avec les Allemands.

Pas vraiment la décision la plus avisée, évidemment. » La veille vers 4h du matin, le 22 juin,

 quand l’opération Barbarosa a commencé, environ 12 heures plus tôt, un communiste polonais avait traversé la vistule à la nage pour venir prévenir
 et il s’est retrouvé embarqué par des types du renseignement militaire et à 4h du matin, ils étaient encore en train de l’interroger.

Donc quand il te dit qu’ils sont sur le point d’attaquer, et bien en réalité ils ont déjà attaqué. Tu vois, c’est une situation un peu différente.

Ensuite, pourquoi encaisser une attaque ou laisser l’ennemi frapper le premier ?

Il y a des raisons de le faire. D’abord, si tu es vraiment convaincu que tu peux encaisser ce coup et riposter, deux choses peuvent se produire.

Premièrement, l’ennemi risque d’être sous le choc quand il donne tout ce qu’il a et que toi tu réponds simplement « D’accord ».

C’est exactement ce qu’on a vu avec l’Iran. Les Américains ont frappé de toutes leurs forces et quand la poussière est retombée, les Iraniens irent encore en retour en disant « C’est tout ce que vous avez ? »

Sérieusement ? Et là, les Américains regardent leurs entrepôts et se disent « Mince, c’est tout ce qu’on a. On a quasiment plus rien. »

Et en plus, ils ne peuvent rien fabriquer parce que franchement leur économie est à plat. L’industrie au mieux, c’est celle d’une puissance de second rang avec des composants qui viennent d’autres pays.

Donc oui, ça peut être une raison d’attendre et de laisser l’ennemi frapper en premier parce qu’ils savent qu’ils peuvent encaisser le coup et le retourner.

Et puis ça suscite aussi de la sympathie, surtout si les pays déjà un peu favorables deviennent plus faciles à convaincre ou plus enclin à venir en aide en se plaçant sur un terrain moral.

Ce que les Iraniens ont d’ailleurs fait à plusieurs reprises.

Ils étaient positionnés juste à l’extérieur de Donetsk, enfin un peu en dehors de Louansk, mais déjà sur les marges ouest de Donetsk. Il y aurait eu un génocide massif. C’est pour ça que la Russie a invoqué l’article 51, le droit de protection.

Et d’ailleurs pour les Allemands, si vous ne comprenez pas, et les Italiens, les Hongrois, les Finlandais, pour que ce soit clair, il existe un article distinct dans la charte des Nations- Unies qui autorise les membres permanents du Conseil de sécurité à venir anéantir vos pays s’il y a

nazisme ou une résurgence du nazisme chez vous.

Allez lire la charte. contient.

Oui, il y a aussi ce moment-là. Si MERkS veut vraiment y aller et enfiler son uniforme gris, alors on peut très bien commencer à démolir l’Allemagne. Tout à fait légalement. Oui, tout à fait légalement. D’ailleurs, selon la charte, l’Allemagne est maintenant signataire en

tant que membre de l’ONU. Donc voilà, c’est un point à noté. Pourquoi on observerait un tel coup ? Pour l’Europe,  je dirais qu’une frappe sur l’Italie par exemple ou une embuscade en haute mer contre les pirates britanniques, ce soit une escalade intéressante avec encore un certain contrôle possible.

Quant à la Russie qui frapperait la Pologne, oui, c’est à peu près aussi probable que la Russie qui irait sur la Lune dans les deux prochains jours.

Pourquoi on voudrait faire ça ? On a déjà tout ce qu’il nous faut là maintenant. Ou mieux encore, c’est aussi probable que la Russie annexe l’Europe de l’Ouest. Pourquoi ? Pourquoi on voudrait jamais faire ça ?

La Pologne, tu vois, qui s’interpose entre le gobelin narco et la destruction de ses relations avec ses soutiens et ses voisins. C’est presque trop beau.

Pourquoi on voudrait se mettre en travers de ça ? Écoute, qui propose une chose pareille. Ce sont exactement ceux qui ont peur que la Pologne est déviée de sa trajectoire, qu’elle ne suivent plus la partition. Elle joue une nouvelle partition et c’est une partition nationaliste.

Et cette nouvelle partition, on ne l’aime pas parce que tout à coup la Pologne a dit Merck, c’est un nazi de trop.

[…]

 

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