Le 4 juillet 2026 est le 250e anniversaire de la Déclaration d’Indépendance des États-Unis d’Amérique.
L e 4 juillet 1776, l’indépendance du pays a été proclamée et ce fut un acte révolutionnaire. La révolution américaine a effectivement commencé. Elle s’est achevée avec la promulgation de la république, celle de la Constitution et celle du Bill of Rights, déclaration des droits.
Le texte de la Déclaration d’indépendance, rédigé par Thomas Jefferson, et approuvé par les pères fondateurs à l’unanimité, est un texte essentiel et immortel. Elle affirme le droit d’un peuple à disposer de lui-même et à se séparer d’une autorité qui ne respecte pas les droits fondamentaux des membres de ce peuple. Elle affirme que ces droits sont essentiels, inaliénables, ne peuvent être confisqués par un gouvernement, car ils ont été donnés aux êtres humains par leur Créateur. Elle affirme aussi qu’un gouvernement n’est légitime que s’il respecte ces droits. Elle a incité des hommes épris de liberté et de respect des droits humains à soutenir la révolution américaine et des hommes tels que le marquis de Lafayette et le général polonais Casimir Pulaski à venir combattre au côté du général George Washington. Elle a été, en 1776, un texte dont il faut mesurer jusqu’à ce jour le sens et la portée.
Elle a conduit à la Constitution des Etats-Unis, qui est toujours en vigueur et qui fait des Etats-Unis la plus ancienne république constitutionnelle du monde. Depuis sa promulgation, l’ensemble des pays d’Europe ont connu des turbulences, des changements de régime, des dictatures parfois criminelles, pas les Etats-Unis. Ceux-ci ont connu une guerre civile motivée par la volonté du gouvernement fédéral d’abolir l’esclavage, qui a été effectivement aboli quand la guerre a pris fin. Le combat pour que l’égalité de droit pleine et entière existe sur tout le territoire s’est poursuivi jusqu’au début des années 1960, mais cette égalité pleine et entière, qui était affirmée dès la Déclaration d’indépendance, était violée dans les États du Sud où l’esclavage était appelé hypocritement « institution particulière », a été ensuite contournée par les mêmes États du Sud ou annihilée dans les faits, pendant des décennies, par l’action de groupes démocrates du Sud tels que le Ku Klux Klan, mais le texte de la Déclaration d’indépendance l’affirmait d’emblée.
La Constitution met en place un équilibre des pouvoirs et place les droits en position de transcendance par les pouvoirs donnés à la Cour Suprême, qui est la gardienne du respect du droit et de la Constitution, et la gardienne aussi du Bill of Rights, lui-même en vigueur depuis qu’il a été promulgué, et aucune loi n’a jamais été votée aux Etats-Unis qui porte atteinte au Bill of Rights. Celui-ci garantit la liberté de parole et d’opinion (sans limites, ce qui n’est pas le cas dans la Déclaration française des droits de l’homme, légicentriste), la liberté religieuse, le droit de manifester, la garantie des droits de propriété, la présomption d’innocence, et l’affirmation de ce qu’une condamnation ne peut être prononcée qu’« au-delà de tout doute raisonnable ».
Les Etats-Unis, dès leur fondation, sont devenus un repère d’espoir pour des centaines de millions d’êtres humains sur terre, et le rêve américain est né et vit jusqu’à ce jour. Des êtres opprimés, persécutés, réduits à la misère ont franchi l’Atlantique ou le Pacifique pour recommencer leur vie. La Déclaration d’indépendance définit la « poursuite du bonheur » comme un droit naturel et fondamental.
Un siècle après la promulgation de la Constitution, la population du pays s’était multipliée par dix, le territoire s’étendait de l’Atlantique au Pacifique, la démocratie et la liberté d’entreprendre régnaient. Les Etats-Unis allaient bientôt devenir ce qu’ils sont toujours aujourd’hui, la première puissance économique, politique, géopolitique et militaire du monde, et surtout la première puissance démocratique du monde et la première puissance de ce qu’il faudrait toujours appeler le monde libre, la « puissance de la liberté », comme l’a écrit mon ami Yves Roucaute.
Les Etats-Unis se sont préoccupés de leur propre construction, et le dix-neuvième siècle américain a été celui de la « conquête de l’Ouest » et de l’esprit de la frontière, l’esprit des défricheurs, et les Etats-Unis se sont surtout défiés des puissances européennes (d’où la doctrine Monroe, destinée à maintenir à distance les colonialistes européens en train d’être chassés d’Amérique latine) et peu préoccupés du reste du monde. Cela a changé en 1898 quand les Etats-Unis ont soutenu la volonté de libération de la population cubaine face au colonialisme espagnol, et Cuba est devenu un pays libre, jusqu’en 1959.
Ils ont eu depuis essentiellement ensuite deux politiques étrangères, selon les présidents, une politique isolationniste qui consiste à dire que les Etats-Unis s’occupent de leur liberté et de leur prospérité, et pas du reste du monde, et une politique messianique, qui donne aux Etats-Unis le rôle éthique de défenseur de la liberté sur la planète (l’esprit de prédation a toujours été considéré aux Etats-Unis comme unamerican, non américain, et les Etats-Unis n’ont jamais pratiqué la prédation, contrairement à ce que disent les marxistes). Les deux politiques étrangères continuent à exister et existent au sein de l’administration Trump, l’une est incarnée par J.D. Vance, l’autre par Marco Rubio.
Les Etats-Unis se sont engagés dans les deux guerres mondiales au nom de politiques messianiques. Woodrow Wilson est entré dans la Première Guerre Mondiale au nom de la liberté, de la démocratie et du droit des peuple à disposer d’eux-mêmes. Le traité de Versailles n’a pas répondu à ses attentes et a montré l’immoralité des dirigeants européens, et les Etats-Unis se sont tournés vers l’isolationnisme. Franklin Roosevelt est entré en guerre au nom des mêmes principes. Il appartenait à la gauche américaine de l’époque et avait des illusions sur Staline, ce qui fait que seule une moitié de l’Europe a été libérée. Son successeur, Harry Truman avait des illusions sur les communistes chinois, ce qui a été un immense avantage pour Mao et une immense tragédie pour la Chine.
La guerre froide a été une guerre mondiale menée autrement, et, après une guerre menée dans le cadre de la doctrine de l’endiguement, en Corée, après une guerre qui a échoué en raison de la nocivité et du défaitisme actif de la gauche américaine au Vietnam, elle a été gagnée par Ronald Reagan, qui a été, en son temps, le plus grand libérateur que la terre ait porté, puisqu’il a fait tomber l’empire soviétique, libéré l’Europe centrale, fait tomber l’apartheid en Afrique du Sud et l’essentiel des dictatures en Amérique latine. J’ai connu Ronald Reagan, c’était un grand homme, et un homme simple et bon. J’ai traduit en français ses Écrits personnels, que mon ami Martin Anderson, son principal conseiller à la Maison Blanche, avait décidé de publier en anglais.
La guerre contre le terrorisme islamique a été menée par George Walker Bush, qui l’a, pour l’essentiel gagnée, quand bien même il n’a pu faire tomber le régime islamique iranien. George Walker Bush pensait que le monde musulman pouvait devenir démocratique. Il s’est trompé, comme les néo-conservateurs, et après avoir gagné la guerre en Afghanistan et en Irak, il n’a pas obtenu la paix.
Donald Trump sous son premier mandat, après les désastreuses années Obama, a, lui, fait avancer considérablement la paix et a conduit le régime islamique iranien tout au bord de la chute. Ce régime abject a été sauvé par l’administration Biden. Sous son second mandat, il a agi pour faire avancer la paix à nouveau. Il n’y est pas parvenu en Ukraine à cause des dirigeants européens, qui n’ont cessé de lui être hostiles et qui ne se comportent plus en alliés des Etats-Unis, mais en traîtres. Il n’y est pas parvenu au Proche-Orient, et a commis des erreurs dans la guerre contre le régime iranien, mais son mandat n’est pas achevé, et il peut encore rectifier ses erreurs, j’espère qu’il le fera. Donald Trump est lui aussi fondamentalement un grand homme. Je l’ai rencontré lui aussi, chez lui, lors d’un diner à Mar-a-Lago, en compagnie de Chris Ruddy, le CEO de Newsmax.
Donald Trump est un patriote et aime profondément son pays. Ce n’est pas le cas de la gauche américaine qui est, depuis 1960, gangrenée par une extrême gauche haineuse qui tient désormais le parti démocrate (Obama en était issu et en reste le chef de file) et tient aussi, hélas, une bonne partie des universités et des médias américains. Cette gauche gangrenée est le principal danger qui pèse aujourd’hui sur les Etats-Unis. Elle est destructrice et odieuse. Elle est antisémite, dans un pays ou les pères fondateurs étaient profondément philosémites et ou les premiers arrivants en Amérique en 1620 ont récité en touchant terre à Plymouth un psaume hébraïque, Mizmor Letodah, et cette gauche gangrenée est une abjection. Son ombre pèse sur ce 250e anniversaire et empêche que la fête soit complète.
La Déclaration d’indépendance, la Constitution, le Bill of Rights, sont des biens infiniment précieux. Les citoyens américains ont entre leurs mains un héritage inestimable. J’en ai conscience, et c’est ce qui m’a guidé vers les Etats-Unis, et en devenant citoyen américain, en renonçant à toute autre allégeance, j’ai su que j’étais désormais un des héritiers et que j’avais à préserver l’héritage.
Ce sont ces biens infiniment précieux qui ont fait des Etats-Unis un pays de grandeur, un pays magnifique, un pays sans lequel la liberté sur terre pourrait mourir et serait sans doute déjà morte. Ce sont ces biens infiniment précieux que les citoyens américains dignes de ce nom ont célébré le 4 juillet 2026.
Ce sont ces biens infiniment précieux qu’il faut défendre face à la gauche américaine, qui n’est plus ce qu’elle était encore au temps de John Kennedy, et est devenue un ennemi intérieur.
Ce sont ces biens infiniment précieux qu’il faut défendre face aux dirigeants européens au pouvoir aujourd’hui, qui ne sont plus des défenseurs de la civilisation occidentale, mais ses destructeurs sur le sol européen où elle est pourtant née (c’est ce qui explique leur mépris pour les grands présidents américains et leur engouement pour les pires présidents américains), et quand je regarde l’Europe, quand j’y reviens, quand je reviens en France, j’ai le cœur serré. L’Europe et la France glissent vers l’agonie. Je veux encore espérer un sursaut. Le temps est désormais compté. Il est très tard. Il risque d’être bientôt trop tard.
© Guy Millière pour Dreuz.com. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.
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