Égypte : lourde condamnation pour un chrétien accusé de « blasphème »

Égypte : lourde condamnation pour un chrétien accusé de « blasphème »

Persecution .org

Le 3 janvier dernier, le chrétien égyptien Augustinos Samaan a été condamné à cinq ans de travaux forcés après avoir été reconnu coupable de « mépris de la religion » et d’« utilisation abusive des médias sociaux ».

Samaan possède une chaîne YouTube sur laquelle il publie des vidéos d’apologétique comparant le christianisme et l’islam. C’est en raison de ces contenus qu’il a été arrêté le 1er octobre 2025. Sa détention provisoire a été prolongée par tranches de 15 jours jusqu’à ce que le tribunal prononce sa peine en janvier, sans que sa défense ait jamais eu accès à son dossier.

Le tribunal l’a reconnu coupable en vertu de l’article 98(f) du Code pénal égyptien. Ce texte punit « les pensées extrémistes visant à inciter à la sédition et à la division, ou à mépriser et à envisager l’une des religions sacrées ou les sectes qui y sont rattachées, ou à porter atteinte à l’unité nationale ou à la paix sociale ». Samaan a ainsi écopé de la peine maximale prévue par cet article. Désormais représenté par un avocat de l’organisation ADF International, il a interjeté appel de sa condamnation le 24 avril dernier.

Une application arbitraire de la loi

Depuis août 2025, des dizaines d’autres Égyptiens appartenant à des minorités religieuses ont été emprisonnés pour leurs contenus en ligne jugés « blasphématoires », illustrant une tendance alarmante à l’abandon de l’égalité de protection devant la loi en Égypte.

La formulation particulièrement vague de l’article 98(f) confère au gouvernement égyptien un pouvoir discrétionnaire excessif pour réprimer l’expression des religions minoritaires. Pourtant, l’Égypte a ratifié en 1982 le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP). Ce traité l’oblige théoriquement à protéger :

  • La liberté d’expression ;
  • La liberté de pensée, de conscience et de religion ;
  • Le droit à une protection égale et effective contre la discrimination fondée sur la religion.

Toutefois, les autorités égyptiennes ont assorti ce pacte d’une réserve de taille, précisant qu’elles n’en devenaient parties qu’à condition que ses dispositions ne soient pas contraires à la charia.

Bien que des examens menés en 2010 et 2014 par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies aient exprimé de vives inquiétudes quant au sort des minorités religieuses, le gouvernement égyptien continue d’affirmer qu’il prend des initiatives pour protéger la liberté religieuse de tous. Dans les faits, les lois sur le blasphème, telles que l’article 98(f), discriminent systématiquement les chrétiens.

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Ils ont égorgé sept des agriculteurs : « Lorsque vous rencontrez les mécréants, frappez-les au cou » (Coran 47:4)

Historiquement, la perception de la jizya a pris fin au milieu du XIXe siècle dans l’Empire ottoman et en Égypte, sous la pression occidentale. Cependant, les groupes djihadistes souhaitent la rétablir, de pair avec le califat.

AFP

Samedi, des assaillants ont rassemblé sept agriculteurs dans le village de Kuwawu, dans l’État de Borno, et leur ont tranché la gorge, a déclaré la milice anti-djihadiste.

Ils ont accusé des militants de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), une faction dissidente rivale du groupe djihadiste Boko Haram, basé à Borno.

« Les sept agriculteurs ont tous été massacrés par les insurgés de l’ISWAP et leurs corps ont été retrouvés et enterrés hier », a déclaré à l’AFP Babakura Kolo, un combattant de la milice.

Les agriculteurs s’étaient rendus au village depuis la ville de garnison voisine de Monguno pour préparer leurs champs aux semailles, a déclaré Ibrahim Liman, un milicien.

Plus tôt dans la même journée, quatre agriculteurs avaient été tués dans leurs fermes à l’extérieur de Kross Kauwa dans la région du lac Tchad, à environ 50 kilomètres (30 miles) de Monguno.

Le milicien Musa Ari a accusé l’ISWAP d’être responsable de leur mort.

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