
Dans un monde globalisé, les prisons deviennent le reflet inattendu des politiques migratoires et sécuritaires des dernières décennies. Deux exemples récents illustrent ce phénomène pour le moins curieux : des pays occidentaux surchargés externalisent carrément leurs détenus vers des États plus « disponibles ».
D’un côté, Trump et le président du Salvador Nayib Bukele ont conclu un accord permettant d’envoyer des criminels (notamment des membres de gangs déportés, souvent vénézuéliens ou d’autres nationalités) dans les prisons salvadoriennes ultra-sécurisées comme le CECOT. Bukele, connu pour sa répression musclée contre les gangs, y voit une opportunité économique et politique, tandis que les États-Unis déchargent une partie de leur pression carcérale.
De l’autre côté de l’Atlantique, la Suède – longtemps citée en exemple de modèle social ouvert – va envoyer, à partir d’août 2026, des centaines de détenus (jusqu’à 600) en Estonie. Les prisons suédoises sont surpeuplées, tandis que celles estoniennes disposent de beaucoup de places vacantes. Un accord de cinq ans, validé par les parlements, prévoit que les prisonniers suédois (hommes adultes considérés à faible risque) purgeront leur peine à Tartu, sans permissions locales.
Bizarre, n’est-il pas ? Les pays qui ont accueilli massivement des migrants et immigrés ces dernières années affichent souvent les taux d’occupation carcérale les plus élevés en Europe : surpopulation en France, Belgique, Suède, etc., avec une part significative de détenus étrangers dans plusieurs États. À l’inverse, certains pays d’Europe de l’Est, moins impactés par ces flux, ont de la marge.
Certes, au début, nous avons applaudi à l’idée de Trump, ponctuellement ce bricolage est une solution. Mais la suite ? Quelles conséquences au long terme si le transfert de malfrats prend des proportions énormes ?
Au long cours, louer des cellules à l’étranger pose forcément des questions de fond :
| – Réinsertion : un détenu suédois réinséré après des années en Estonie ? Les syndicats pénitentiaires suédois expriment déjà des doutes. – Coûts et souveraineté : la Suède paiera cher (environ 8 500 € par mois et par détenu), mais moins qu’en interne. À long terme, est-ce viable ? – Racines du problème : Criminalité liée à l’immigration incontrôlée, gangs, échecs d’intégration ? Les statistiques européennes montrent une surreprésentation des non-nationaux dans les prisons de plusieurs pays occidentaux. |
Envoyer les criminels ailleurs peut soulager temporairement, comme le Danemark l’avait envisagé avec le Kosovo. Mais cela ne résout rien sur le fond. Les prisons pleines ne sont pas une fatalité : elles signalent souvent une perte de contrôle aux frontières et un laxisme antérieur dans la gestion de l’ordre public.
Et si les pays occidentaux remettaient en œuvre les bonnes vieilles frontières et arrêtaient d’accepter dans leurs pays toutes les misères (et délinquances, sexuelles, drogues, vols, violences) de la terre ?
Contrôle strict des entrées, expulsion systématique des délinquants étrangers, politique d’assimilation exigeante. L’exportation de détenus risque de n’être qu’un palliatif coûteux et temporaire. Sur des décennies, sans reprise en main de la souveraineté migratoire et sécuritaire, le modèle risque de craquer.
La Suède, pionnière du progressisme, est en train de durcir son discours. D’autres suivront-ils ? L’époque des solutions cosmétiques semble toucher à sa fin.
Christine Tasin
4 total views, 4 views today

Soyez le premier à commenter