Jour de colère divine

Illustration : Loth et sa femme quittant Sodome en flammes.

Pas content, le Père Éternel ! Pour des actes sexuels interdits, il détruit Sodome et Gomorrhe. Si cela devait se reproduire aujourd’hui, il ne resterait pas grand monde sur cette planète ! En latin, Jour de colère se dit Dies Irae. J’en ai parlé dans mon article précédent, rappelez-vous :

https://www.youtube.com/watch?v=svvFCraXVO4&list=RDsvvFCraXVO4&start_radio=1

Et j’avais écrit que l’on retrouvait cette mélodie dans nombre d’œuvres classiques, je vais en citer quelques unes, à commencer par la symphonie 103 de Haydn, Roulement de timbalesIl s’agit de l’avant-dernière des symphonies de Haydn et elle fait partie des douze symphonies londoniennes. Composée en 1795, elle fut créée à Londres le 2 mars de la même année. Comme beaucoup de ses symphonies « de maturité », l’œuvre commence par une lente introduction. Écoutez-bien ce motif :

À présent, la symphonie dans son intégralité, jouée sur des instruments modernes, à l’exception des trompettes, des cors (cuivres naturels) et des timbales, mais qui nous dira encore que les timbales ne peuvent pas chanter ?

https://www.youtube.com/watch?v=v07DUZyWexU&list=RDv07DUZyWexU&start_radio=1&t=105s

C’est en 1885 à la demande de Balakirev que Tchaïkovsky commence à écrire Manfred, symphonie en quatre scènes d’après le poème éponyme de Lord Byron. L’œuvre est créée à Moscou le 11 mars 1886 d’après le calendrier julien qui sera en usage jusqu’à la Révolution d’Octobre. Aujourd’hui c’est le calendrier grégorien qui est utilisé en Russie et si on se réfère à celui-ci la création de Manfred eut lieu le 23 mars.

Voici l’article de Wikipédia consacré à Manfred :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Symphonie_Manfred_(Tcha%C3%AFkovski)

Le finale de Manfred est noté Allegro con fuoco. Dans les toutes dernières mesures le personnage principal meurt et l’orgue arrive. Comme pour Haydn, écoutez-bien la mélodie qui suit et vous retrouverez le thème du Dies Irae (à partir de 1’58 ») :

À présent, la symphonie complète :

https://www.youtube.com/watch?v=S6Mn1UjggBY&list=RDS6Mn1UjggBY&start_radio=1

Vous n’aurez aucun mal à reconnaître le Dies Irae dans les trois œuvres qui vont suivre. Par ordre chronologique, on va aborder Berlioz, Liszt et Rachmaninov.

On commence avec le Songe d’une nuit de Sabbat, dernier volet de la Symphonie Fantastique. Ayant écrit sur la Fantastique il y a peu de temps, je vous propose seulement le dernier mouvement dans la version Bernstein de 1976 au théâtre des Champs-Élysées :

https://www.youtube.com/watch?v=cao6WyF-61s&list=RDcao6WyF-61s&start_radio=1

Créée en 1849, la Totentanz de Liszt est une paraphrase sur le Dies Irae, en voici la version pour piano et orchestre :

https://www.youtube.com/watch?v=ZrmaZGjWg1I&list=RDZrmaZGjWg1I&start_radio=1

Et maintenant, voyons ce que cela donne au piano seul, est-ce bien un humain qui joue ça ? En tout cas ce n’est pas de l’IA…et le piano est solide !

https://www.youtube.com/watch?v=UPv_CsTye5s&list=RDUPv_CsTye5s&start_radio=1

La Rhapsodie sur un thème de Paganini a été composée en 1934 et créée le 7 novembre 1934 à l’opéra lyrique de Baltimore. L’orchestre de Philadelphie était dirigé par Leopold Stokowski et la partie de piano était tenue par le compositeur lui-même ; le mouvement le plus émouvant de la partition intervient avec la variation 18, typique du romantisme de Rachmaninov :

https://www.youtube.com/watch?v=jJD3-eTyZ1s&list=RDjJD3-eTyZ1s&start_radio=1

La rhapsodie reprend le caprice numéro 24 de Paganini, lui-même comportant plusieurs variations :

https://www.youtube.com/watch?v=UcL0IsklM3M&list=RDUcL0IsklM3M&start_radio=1

L’œuvre de Rachmaninov comporte elle-même 24 variations. À la dixième variation le thème du Dies Irae est parfaitement reconnaissable et c’est même lui qui va servir dans la conclusion. Alors, pourquoi Rachmaninov a-t’il utilisé ce thème grégorien ? Certains pensent que c’est une sorte d’hommage à Paganini, considéré parfois comme « le violoniste du diable » :

https://www.youtube.com/watch?v=xIseGcrNsQs&list=RDxIseGcrNsQs&start_radio=1

LE DIES IRAE DANS LES REQUIEM :

On ne va pas forcément  retrouver le thème d’origine mais le Dies Irae fait partie intégrante de la messe de Requiem. En trois vidéos, voici un florilège de Dies Irae chez plusieurs compositeurs :

https://www.youtube.com/watch?v=SfJFt_LNuQY&list=RDSfJFt_LNuQY&start_radio=1

https://www.youtube.com/watch?v=51FLl80C7n8

https://www.youtube.com/watch?v=pnxpmEY7WBY

Filoxe

 

 

 

 

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2 Commentaires

  1. Quel inoubliable festival, encore une fois, mon cher Fiole ! Que ferions-nous sans toi ? Tu exhumes ce qu’on a oublié, tu nous fais vibrer, tu nous rends heureux. Merci. Un immense merci?