Darmanin : L’indépendance des juges n’est pas l’irresponsabilité – Paroles fortes ou vœu pieux ?

Dans la foulée du drame abominable de Lyhanna, 11 ans, enlevée et assassinée dans le Gers, Darmanin, ministre de la Justice, a tenu des propos inhabituels hier sur TF1. Il a présenté ses excuses au nom de la justice  à la famille et aux Français, reconnaissant que l’institution avait  failli (le mot est faible !!!)  dans le suivi des plaintes contre le principal suspect, Jérôme Barella, visé par plusieurs signalements et plaintes pour viol sur mineures,  dont une en 2022 classée et une en 2025 en cours !!!

Lyhanna est morte. Si la justice avait fait son travail, son assassin aurait été mis hors d’état de nuire. Darmanin ne peut pas dire le contraire....

L’institution judiciaire n’a pas su protéger cette petite fille , a-t-il déploré, se disant furieux et évoquant un immense échec. C’est le moins qu’il puisse dire !  Il a promis (des promesses, des promesses, toujours des promesses  ) une enquête administrative rapide, des sanctions éventuelles pour fautes professionnelles et martelé : L’indépendance des juges n’est pas l’irresponsabilité.  Ah bon ? Première nouvelle ! Quid des magistrats du « Mur des Cons » ????(voir illustration ci-dessus).

Darmanin lance ainsi (il ne relance pas, le débat n’a jamais été permis) un débat récurrent sur l’indépendance judiciaire. Mieux vaut tard que jamais, certes, mais les Français ont tous un goût amer dans la bouche ce matin.

Cette affaire remet en effet sur le devant de la scène une tension ancienne en France. L’indépendance de la magistrature est un principe constitutionnel fondamental, inscrit dans la séparation des pouvoirs. Elle protège les juges des pressions politiques ou médiatiques. Pourtant, depuis des décennies, des critiques récurrentes visent une partie de la magistrature accusée de privilégier une vision « sociologique » (on devrait dire « politique », non ? ) de la délinquance aux dépens  de la protection des victimes et de la société.

L’affaire du « mur des cons » au Syndicat de la magistrature (SM) en 2013 reste en effet emblématique : un trombinoscope de personnalités (politiques de droite, policiers, et même victimes  ) affiché dans les locaux du syndicat, révélant une culture militante chez certains magistrats. Le SM, très actif et souvent critiqué pour ses positions, incarne pour beaucoup cette vision d’une justice qui se veut contre-pouvoir plutôt que simple application de la loi. Des condamnations symboliques ont eu lieu, mais peu de changements structurels profonds si on compare les peines prononcées depuis des décennies. Celui qui se défend est condamné plus fortement que celui qui agresse, vole, viole… L’injustice semble trop souvent faire la loi dans trop de tribunaux. 

Des affaires à répétition (récidives de délinquants sexuels ou violents mal suivis, classements sans suite, peines jugées trop clémentes) nourrissent le sentiment que certains juges exercent leur pouvoir sans réelle reddition de comptes, derrière le paravent de l’indépendance, bref, usent et abusent de leur position pour « faire de la politique »…

Darmanin peut-il vraiment changer les choses comme il clame en avoir l’intention ?

Il annonce vouloir tirer toutes les conséquences et sanctionner les fautes. Mais la réalité institutionnelle est complexe :

Quid du statut des magistrats ? Les juges du siège (qui jugent) sont inamovibles. Les procureurs (sous l’autorité du garde des Sceaux) sont plus contrôlables, mais l’affaire Lyhanna met en lumière des dysfonctionnements dans le suivi des plaintes et la chaîne pénale.
Réformes possibles ? Le gouvernement peut agir par loi ordinaire sur la procédure pénale, la carte judiciaire, les moyens alloués, la formation, ou renforcer les évaluations et sanctions disciplinaires (via le Conseil supérieur de la magistrature). Des lois sur l’imprescriptibilité des viols sur mineurs ou le durcissement des peines ont déjà été évoquées par Darmanin.
Quid des limites constitutionnelles : modifier profondément l’indépendance (inamovibilité, statut) nécessiterait une réforme constitutionnelle, donc un accord large au Parlement ou un référendum. Politiquement risqué et long. Et compliqué avec tous les politiques et magistrats qui vont se lever contre…

Je ne doute pas que beaucoup de Français, exaspérés par des drames répétés, une justice de plus en plus à deux vitesses voient dans les déclarations du Jocrisse, petit toutou de Macron qu’on voit s’agiter depuis des lustres, quelles que soient ses fonctions, une réaction émotionnelle de circonstance pour calmer la colère publique. Darmanin, comme tant d’autres avant lui, promet des sanctions et des réformes après un fait divers choc. L’histoire montre que les annonces sont souvent suivies d’effets limités : surcharge des tribunaux, culture interne de la magistrature, corporatisme syndical, complexité des textes et, surtout refus des juges rouges de voir leurs pouvoirs limés…

L’émotion de Darmanin, réalité ou communication ? Probablement un mélange. Reconnaître publiquement un naufrage judiciaire est rare et marque un pas. Mais sans volonté politique soutenue, sans réforme de fond sur la responsabilité (évaluation réelle des magistrats, transparence des décisions, conséquences claires en cas de fautes graves), et sans moyens adaptés, cela risque de rester un énième coup d’épée dans l’eau.

Nous n’attendons pas des discours, nous ne sommes pas des enfants à qui on promet la lune pour les faire taire. Nous attendons  des résultats concrets : une justice vraiment protectrice des innocents, plus rapide, plus sévère avec les récidivistes dangereux, qui écoute moins les psys à deux balles et plus les victimes. L’affaire Lyhanna, tragiquement, rappelle que derrière les principes, il y a des vies brisées par les défaillances. Le temps jugera si les mots de Darmanin déboucheront sur des actes, mais vous avez tous compris que je n’y crois pas. Pourtant, comme j’aimerais avoir tort…

Christine Tasin

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17 Commentaires

  1. …ce pays est en totale decomposition , que tous les politiques affichent leurs appartenances aux « loges »…..dejà on y vera + clair…..depuis 1789 c’est un gouvernement FRANC MACON qui est aux commandes…..

  2. Il faut faire un grand ménage là dedans dissoudre le fameux syndicat qui ose afficher les familles de victimes sur le fameux mur, que les juges soient élus, ils y regarderaient à deux fois avant de relaxer
    Les démettre de leur fonction si leur décision a amener un drame comme celui de Lyhanna ou d’autres enfants avant et non pas les muter avec promotion comme à Outreau
    Cela doit cesser cette trop longue liste de victimes,

  3. Mon avis : Vœu pieux.
    C’est une situation qu’il ne saurait ignorer, étant dans l’aéropage gouvernemental depuis bientôt 10 ans. C’est encore du blablabla ; pour calmer des vélléités de révolte, il trouvera des responsables mais pas coupables, suivi de quelques mutations et aucune révocation, ou je me trompe fort.

  4. On subirait une loi Taubira, encore cette sorcière maléfique qui est passée en ouragan, pour détruire tout ce qu’elle a pu, avec la complicité de la gauchiasse.

  5. Bien heureux que le site refonctionne. Depuis hier, c’est rideau noir j’ai du mal a comprendre pourquoi car a la lecture des commentaires, il ne devait pas etre en panne pour tout le monde.bonne soirée.

  6. Voeu pieux ! Renverser TOUTE la table de A à Z en épargnant un peu les FDO !
    Après 2027, c’est mort !

  7. Il n’y a rien à en attendre, d’autant plus que la Constitution protège les juges à l’article 64. Seule une révolution patriotique pourra changer la donne. Le SM porte bien son nom, sado-maso.

  8. Enc….ie à la lr, élections prochaines obligent puisque leur merdier s’étale sous nos yeux quotidiennement.
    Il est temps de se RNisiser un peu devant la colère montante.
    Enfin pas trop quand même, marche blanche en vue et pas de politiques car tout ce bordel n’a évidemment ‘rien à voir avec la politique’.
    Les parents auraient-ils été ‘con-seillés’???

  9. Bonjour, pourquoi avoir limité l’interdiction de syndicalisme aux Armées ? Syndicalisme et engagement politique interdits purement et simplement dans tous les corps régaliens: Armées(déjà fait), Justice, Police, Enseignement public, Santé publique, Fonction publique et territoriale, etc… Et que les ministres redeviennent ou deviennent, c’est selon l’opinion de chacun, les vrais  »patrons » de leur ministère et non leurs sous-fifres déresponsabilisés, planqués et trop grassement rémunérés. Belle journée à tous.

    • Ce serait en effet le minimum, j’ai toujours été engagée politiquement jamais mes élèves n’ont pu deviner pendant mes cours ce que je pensais

  10. Du laxisme et des excuses, comme d’habitude. On fera mieux la prochaine fois. Des promesses, toujours des promesses qui n’engage que ceux qui y croient. Plus que marre de leurs mensonges.

  11. « Réaction émotionnelle » oui, par pure stratégie d’apaisement.
    La concomitance avec la tragédie de l’assassinat de Henry Nowak au Royaume-Uni il y a quelques jours et la formidable colère populaire qui s’ensuit depuis, dont personne ne parle chez nous ont probablement dicté aussi la réaction du président qui s’est dit « choque ». Vous y croyez vous ?
    L’Angleterre explose pour de bon :
    https://youtu.be/pD29Gn2-ZJs?is=TdDNlO48QV2_vFsw

    • Merci Bermudienne je n’ai pas trop suivi ce qui s’est passé depuis 2 jours en Angleterre et c’est un tort ! Merci à toi on va creuser