Je n’aurais pas écrit ce que je vais écrire ici voici quelques semaines à peine. Mais il faut maintenant regarder la réalité en face.
En cet instant, Trump après avoir hésité à ratifier le memorandum of understanding(protocole d’entente) négocié au Qatar par Steve Witkoff et Jared Kushner, et accepté par les Iraniens, vient de renvoyer une proposition d’accord plus ferme au régime iranien, qui ne l’acceptera vraisemblablement pas. Trump espère un effondrement du régime, et cet effondrement ne vient pas.
L’Iran est en situation de quasi-anéantissement économique et financier, mais de l’aide lui arrive de Chine et de Russie.
Trump voudrait un accord qu’il pourrait présenter comme un « bon accord », mais il est peu vraisemblable qu’il puisse y avoir effectivement un bon accord.
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Trump demande l’abandon de son programme nucléaire militaire par l’Iran, et dit l’avoir obtenu. Le régime iranien le contredit aussitôt.
Même si le régime iranien signait un accord ratifiant cet abandon, l’accord serait sans valeur. Le régime iranien ne respecte jamais les accords. Trump veut les 450 kilos d’uranium enrichi a 60 %, et il les obtiendra peut-être, mais obtiendra-t-il tout le reste de l’uranium enrichi ? Rien n’est moins sûr. Et la base de la montagne de la Pioche reste intacte.
Il était question dans le memorandum de prolonger le cessez-le-feu de soixante jours (ce qui le porterait à plus de cent jours) : le cas échéant, cela ne changerait strictement rien à la situation et ne ferait pas avancer quoi que ce soit, bien au contraire.
Il était aussi question dans le memorandum d’une réouverture du détroit d’Ormuz moyennant l’acceptation par Trump de certaines conditions du régime iranien (ce n’est pour l’heure pas obtenu) et de mettre fin partiellement au blocus. Cela pourrait débloquer une situation bloquée préjudiciable à l’économie mondiale, mais ce serait une concession majeure au régime iranien.
Il faut maintenant regarder la réalité en face, oui.
Sauf retournement de situation imprévisible et difficile à imaginer, le régime iranien devenu régime des Gardiens de la Révolution survivra sans doute, très diminué, mais debout.
Le peuple iranien devra dès lors vivre encore sous la menace de la répression, qui reste et restera omniprésente. Il ne restera rien des propos de Trump disant après les massacres de janvier que l’aide américaine allait arriver. Les Iraniens qui voulaient un changement de régime sont amers et désespérés, à juste titre. Les Iraniens vont vraisemblablement beaucoup souffrir.
Les Américains qui soutiennent encore la guerre sont en nombre décroissant, car ils voient ce qui se passe. Les conservateurs américains, et tout particulièrement les soutiens de Trump, veulent des opérations décisives et des victoires.
Les opérations qui trainent en longueur et ressemblent à des demi-victoires et à des demi-défaites ne les satisfont pas et ont tendance à les décevoir et à les démobiliser.
Avoir vu Trump passer d’un discours parlant de reddition inconditionnelle à un memorandum of understanding avec le régime iranien n’a rien pour les satisfaire.
Il est peu vraisemblable aussi qu’il puisse y avoir de nouvelles frappes, et s’il y en a, elles ne seront sans doute pas décisives.
Il y a présentement, cela doit être dit, un échec de Trump, et cela ne me plait pas du tout d’écrire ces mots. Vraiment pas du tout.
On peut porter au crédit de Trump le fait que les actifs militaires de l’Iran ont été très largement démolis, et que le régime iranien ne représente plus pour le moment une menace stratégique pour les pays de la région.
Le régime a encore, cela dit, suffisamment de moyens pour les frapper, et il est déjà en train de renforcer ces moyens.
Ce qui ne peut pas être porté au crédit de Trump, et qui est au cœur de la situation présente, a été la décision de Trump d’arrêter l’offensive prématurément et de passer à une phase de négociations qui n’en finit pas, et est menée en relation avec le Pakistan et le Qatar, deux pays musulmans.
Passer à une phase de négociations impliquait de permettre à l’ennemi de se réarmer et de se réorganiser. C’est ce qui s’est passé. Tous les penseurs de la guerre savent qu’il faut mener la guerre jusqu’au bout et sans répit lorsqu’on est en train de gagner, si on veut gagner, bien sûr.
Tous ceux qui connaissent les membres du régime iranien savent qu’il n’y a rien à négocier avec eux. Ce sont des criminels fanatiques et cruels. Ce sont des menteurs tortueux. Aucun d’eux n’est modéré. Ils ont l’art et la manière de faire trainer en longueur les négociations, lorsqu’il y en a, et d’obtenir qu’elles ne mènent nulle part. C’est ce qui se passe. Même s’ils devaient céder un peu tactiquement, ce serait en pensant à reprendre dès que possible ce qu’ils ont cédé.
Les commentateurs européens ironisent.
Ils disent que la guerre n’aurait jamais dû être menée, c’est faux : le régime iranien représentait un danger régional et mondial majeur.
Ils parlent du régime iranien d’une manière édulcorée : ils cautionnent ainsi un régime abject, monstrueux et aux buts génocidaires.
Ils disent que l’offensive a été « mal menée », c’est tout aussi faux : l’offensive a été très bien menée, jusqu’au moment où elle a été stoppée par Trump.
Ils disent que l’armée américaine n’avait pas prévu le blocage du détroit d’Ormuz : c’est faux, là encore. Ce qui n’avait pas été prévu par l’armée américaine est que Trump arrête l’offensive deux semaines avant son aboutissement, Ce qui a suivi a découlé de l’arrêt de l’offensive : le détroit d’Ormuz est devenu dangereux après l’arrêt de l’offensive.
Les gens de gauche aux Etats-Unis, donc les « Démocrates » et les journalistes de gauche, parlent comme les commentateurs européens, et ils sont dangereux, car ils propagent l’aveuglement.
Il se dit chez les gens de gauche aux Etats-Unis et en Europe que c’est Netanyahou qui a entrainé Trump dans une aventure qui ne pouvait que mener à un fiasco. C’est faux la encore, et c’est très dangereux car cela contribue à faire monter un discours anti-israélien et antisémite dans le pays. En Europe, le discours anti-israélien et antisémite prédomine depuis longtemps.
La vérité est que Netanyahou et Trump ont pensé et agi en synergie. Ils ont divergé quand Trump a choisi d’arrêter l’offensive, contre l’avis des stratèges militaires américains et des Israéliens. Netanyahou n’est pour rien dans ce qui se passe en ce moment.
La gauche israélienne entend faire porter la responsabilité de ce qui se passe à Netanyahou et utilise ce qui se dit chez les gens de gauche aux Etats-Unis et en Europe pour tenter de faire tomber Netanyahou et reprendre le pouvoir en Israël. Et au danger accru représenté par le fait que le régime iranien va sans doute survivre s’ajoute le danger incarné par la gauche et la droite opportuniste israéliennes. Il n’y a aucune raison de faire confiance à Naftali Bennett, Yair Lapid ou même Avigdor Lieberman. Binyamin Netanyahou est un stratège et un homme d’État d’une immense qualité que Trump a à moitié abandonné en rase campagne. Et je le dis : cela me consterne. Trump n’aurait jamais dû tenir les propos qu’il a tenus voici peu concernant Binyamin Netanyahou. Dire que Netanyahou fera ce qu’on lui dit de faire était une parole désobligeante et déplacée.
Les dirigeants européens au pouvoir sont quasiment tous partisans de l’apaisement et de la soumission, et le sont depuis le début de la guerre (ils ont tous dit que cette guerre n’était pas la leur, et ont tous montré qu’ils étaient prêts à se coucher devant le régime iranien). Ils souhaitent clairement la victoire de la gauche américaine aux élections de mi-mandat, car ils savent que la gauche américaine partage leurs positions. Ils sont consternants, cela ne change pas.
Je l’ai néanmoins déjà dit, et je le répète : hélas, la victoire de la gauche américaine aux élections de mi-mandat est désormais possible, et même probable.
Quand bien même le prix des carburants baissera aux Etats-Unis si le détroit d’Ormuz est à nouveau ouvert bientôt, ce qui n’est pas certain, l’effet d’une demi-victoire qui est aussi une demi-défaite aura un effet démobilisateur, et les sondages le montrent.
Si les Démocrates gagnent la Chambre des représentants, Trump ne pourra plus faire voter une seule loi. Il subira une procédure de destitution, et quand celle-ci échouera, il y en aura sans doute une deuxième. Nul ne sait ce que seront les prétextes inventés par les Démocrates, mais ce qui est certain est qu’ils inventeront des prétextes. Les deux dernières années de la présidence Trump risqueront d’être infernales. Si les Démocrates remportent aussi le Senat, Trump ne pourra plus procéder à une nomination quelle qu’elle soit.
Trump pourra utiliser les lois qui ont été votées depuis février 2025. Il gardera une marge de manœuvre en politique étrangère et un droit de veto sur les lois qui seront votées par les Démocrates s’ils obtiennent les deux chambres du Congrès, et celles-ci n’entreront donc pas en vigueur.
Malgré le prix des carburants, l’économie américaine se porte très bien, grâce aux décisions de Trump. Les investissements effectués portent leurs fruits et créent des emplois directs et des emplois induits, grâce aux décisions de Trump. Les Etats-Unis sont le principal producteur et le principal exportateur mondial de gaz et de pétrole, grâce aux décisions de Trump. L’invasion migratoire aux Etats-Unis est jugulée et la criminalité est en chute libre, grâce aux décisions de Trump. L’endiguement de la Chine a été mis en place et la liberté avance en Amérique latine et en Amérique centrale, grâce aux décisions de Trump.
Sauf miracle, je ne vois pas comment les accords d’Abraham approfondis et élargis, qui étaient l’un des buts de Trump pour son second mandat, pourraient voir le jour, mais cela n’efface pas le reste.
Le fiasco en Iran fait que l’Arabie Saoudite refusera sans doute de signer ces accords, le Qatar ne les signera, bien sûr, pas.
Binyamin Netanyahou risque de perdre le pouvoir et de devoir céder la place à des politiciens médiocres, ce à un moment où Israël est en danger. Et c’est préoccupant.
Il faut le dire aussi : les Démocrates comptent gagner la présidence en 2028, et s’appuyer pour cela sur les procédures de destitution et la diffamation intensive qui les accompagnera.
Et ce doit être souligné : leur victoire serait une catastrophe pour les Etats-Unis et pour le monde, car le Parti Démocrate est aujourd’hui un parti gauchiste anti-israélien, teinté fortement d’antisémitisme. Il est sous de nombreux aspects anti-américain, car porteur de tentations autoritaires et d’un appétit de destruction.
Les Démocrates veulent toucher aux institutions. Franklin Roosevelt l’avait fait en son temps, sans y parvenir. Les Démocrates d’aujourd’hui pourraient y parvenir si l’un d’eux arrive au pouvoir en 2028. Ils entendent élargir la Cour Supreme à des membres supplémentaires, choisis par eux bien entendu, de façon à la verrouiller très à gauche. Ils entendent abolir le système d’élection du président (suffrage uninominal indirect à un tour), système qui tempère la majorité par la représentativité : le président serait alors essentiellement choisi par l’État de New York et la Californie. Ils veulent rouvrir les frontières à des flux migratoires incontrôlés, naturaliser nombre d’immigrants, accélérer le changement de population qu’ils ont enclenché, et qui est d’ores et déjà en marche.
Si l’un d’eux arrive au pouvoir en 2028, il est quasiment certain que le régime iranien obtiendra l’arme atomique, pourra se sanctuariser et accroitre son soutien aux organisations terroristes islamiques anti-israéliennes et anti-occidentales.
Cela pourrait être la fin des Etats-Unis, et dès lors la fin du monde libre.
Il faut sauver la présidence Trump, ce qui signifie que la tâche urgente des conservateurs et des soutiens de Trump est de regarder plus loin que le fiasco en Iran, de souligner tout ce que Trump a accompli, de rappeler qu’il est (à l’inverse de ce que dit la propagande médiatique de gauche) un rempart contre le totalitarisme, l’arbitraire, la destruction de la Constitution, du système démocratique américain et de la Cour Suprême (ceux qui ont lu mes livres sur les Etats-Unis savent précisément de quoi je parle) et de souligner le danger extrême représenté par les démocrates.
Il faut éviter une victoire d’un candidat démocrate à la présidentielle. Elle s’accompagnerait d’une victoire des démocrates dans les deux chambres. Ce serait une catastrophe pour les Etats-Unis et pour le monde, oui.
Sauver la présidence Trump signifie sauver l’élection présidentielle de novembre 2028 et permettre que Trump ait un successeur digne de ce nom. C’est vital.
Je reviendrai sur le sujet. Il est bien trop peu abordé, et trop souvent passé sous silence. Les candidats potentiels ne valent pas mieux que Zohran Mamdani, maire de New York
© Guy Millière pour Dreuz.com. Toute reproduction interdite sans l’autorisation écrite de l’auteur.