La grande féminisation…

Helen Andrews

16 octobre 2025

En 2019, jai lu un article sur Larry Summers et Harvard qui a bouleversé ma vision du monde. Lauteur, écrivant sous le pseudonyme de « J. Stone », affirmait que le jour où Larry Summers a démissionné de son poste de Président de lUniversité de Harvard a marqué un tournant dans notre culture. Toute l’ère du « woke » pourrait être extrapolée à partir de ce moment, à partir des détails de la manière dont Summers a été « annulé » et, surtout, de lidentité de ceux qui lont « annulé » : les femmes.

Je connaissais déjà les faits essentiels de laffaire Summers. Le 14 janvier 2005, lors dune conférence sur la « Diversification de la main-d’œuvre dans les sciences et lingénierie », Larry Summers a prononcé un discours qui était censé rester officieux. Il y a déclaré que la sous-représentation des femmes dans les sciences dures était en partie due à « une disponibilité différente des aptitudes au plus haut niveau » ainsi qu’à des différences de goût entre les hommes et les femmes « non attribuables à la socialisation ». Certaines femmes professeur présentes se sont senties offensées et ont transmis ses propos à un journaliste, au mépris de la règle de confidentialité.

Le scandale qui sensuivit conduisit à un vote de défiance de la part du corps professoral de Harvard et, finalement, à la démission de Summers.

Lessai soutenait que ce n’était pas seulement que les femmes avaient « annulé » le président de Harvard ; c’était quelles lavaient « annulé » dune manière très féminine. Elles ont fait appel à l’émotion plutôt qu’à des arguments logiques. « Quand il a commencé à parler des différences innées daptitudes entre les hommes et les femmes, je ne pouvais tout simplement plus respirer, car ce genre de préjugés me rend physiquement malade », a déclaré Nancy Hopkins, biologiste au MIT. Summers a publié une déclaration publique pour clarifier ses propos, puis une autre, puis une troisième, ses excuses se faisant chaque fois plus insistantes. Des experts se sont exprimés pour affirmer que tout ce que Summers avait dit sur les différences entre les sexes sinscrivait dans le courant scientifique dominant. Ces appels à la raison nont eu aucun effet sur lhystérie collective.

Cette « annulation » était féminine, affirmait lessai, car toutes les annulations sont féminines. La culture de lannulation est simplement ce que font les femmes dès quelles sont suffisamment nombreuses dans une organisation ou un domaine donné. Telle est la thèse de la Grande Féminisation, que le même auteur a ensuite développée dans un ouvrage: Tout ce que vous considérez comme de la « conscience sociale » nest quun épiphénomène de la féminisation démographique.

La puissance explicative de cette thèse simple était incroyable. Elle a véritablement permis de percer les secrets de l’époque dans laquelle nous vivons. La conscience sociale nest pas une nouvelle idéologie, une ramification du marxisme, ni le résultat dune désillusion post-Obama. Il sagit simplement de schémas de comportement féminins appliqués à des institutions où les femmes étaient peu nombreuses jusqu’à récemment. Comment ai-je pu ne pas le voir avant ?

Peut-être parce que, comme la plupart des gens, je considère la féminisation comme quelque chose qui sest produit dans le passé, avant ma naissance. Quand on pense aux femmes dans la profession juridique, par exemple, on pense à la première femme à avoir intégré une faculté de droit (1869), à la première femme à avoir plaidé devant la Cour suprême (1880) ou à la première femme juge à la Cour suprême (1981).

Un tournant bien plus important a été le moment où les Facultés de droit sont devenues majoritairement féminines, ce qui sest produit en 2016, ou lorsque les associés des cabinets davocats sont devenus majoritairement des femmes, ce qui sest produit en 2023. Lorsque Sandra Day OConnor a été nommée à la Cour suprême, seulement 5 % des juges étaient des femmes. Aujourdhui, les femmes représentent 33 % des juges aux États-Unis et 63 % des juges nommés par le président Joe Biden.

« Le personnel du New York Times est devenu majoritairement féminin en 2018. »

La même trajectoire sobserve dans de nombreuses professions : une génération pionnière de femmes dans les années 1960 et 1970 ; une représentation féminine croissante tout au long des années 1980 et 1990 ; et larrivée enfin de la parité entre les sexes, du moins dans les cohortes plus jeunes, dans les années 2010 ou 2020. En 1974, seuls 10 % des journalistes du New York Times étaient des femmes. Le personnel du New York Times est devenu majoritairement féminin en 2018 et aujourdhui, la part des femmes est de 55 %.

Les Facultés de médecine sont devenues majoritairement féminines en 2019. Les femmes sont devenues majoritaires parmi la main-d’œuvre diplômée de lenseignement supérieur à l’échelle nationale en 2019. Les femmes sont devenues majoritaires parmi les enseignants universitaires en 2023. Les femmes ne sont pas encore majoritaires parmi les cadres de l’industrie aux États-Unis, mais elles pourraient le devenir bientôt, puisquelles représentent désormais 46 %. Le timing est donc parfait. Le mouvement « woke » a vu le jour à peu près au moment où de nombreuses institutions importantes sont passées, sur le plan démographique, dune majorité masculine à une majorité féminine.

Le fond correspond également. Tout ce que lon entend par « woke » implique de privilégier le féminin par rapport au masculin : lempathie plutôt que la rationalité, la sécurité plutôt que le risque, la cohésion plutôt que la compétition. Dautres auteurs qui ont proposé leur propre version de la thèse de la « Grande Féminisation », tels que Noah Carl ou Bo Winegard et Cory Clark, qui se sont penchés sur les effets de la féminisation dans le milieu universitaire, présentent des données denquête montrant des différences entre les sexes en matière de valeurs politiques. Une enquête, par exemple, a révélé que 71 % des hommes estimaient que la protection de la liberté dexpression était plus importante que la préservation dune société cohésive, tandis que 59 % des femmes affirmaient le contraire.

Les différences les plus pertinentes ne concernent pas les individus, mais les groupes. Daprès mon expérience, les individus sont uniques et lon rencontre chaque jour des cas atypiques qui défient les stéréotypes, mais les groupes dhommes et de femmes présentent des différences constantes. Ce qui est logique, si lon y réfléchit dun point de vue statistique. Une femme choisie au hasard peut être plus grande quun homme choisi au hasard, mais un groupe de dix femmes choisies au hasard a très peu de chances davoir une taille moyenne supérieure à celle dun groupe de dix hommes. Plus le groupe de personnes est grand, plus il est susceptible de se conformer aux moyennes statistiques.

La dynamique de groupe chez les femmes favorise le consensus et la coopération. Les hommes se donnent mutuellement des ordres, tandis que les femmes ne peuvent que suggérer et persuader. Toute critique ou opinion négative, si elle doit absolument être exprimée, doit être noyée sous une avalanche de commentaires élogieux et de flatteries. Le résultat dune discussion importe moins que le fait quune discussion ait eu lieu et que tout le monde y ait participé. La différence la plus marquante entre les sexes en matière de dynamique de groupe réside dans lattitude face au conflit. En bref, les hommes mènent le conflit ouvertement tandis que les femmes sapent ou ostracisent leurs ennemis en secret.

Bari Weiss, dans sa lettre de démission adressée au New York Times, a décrit comment ses collègues la qualifiaient (dans des messages internes sur Slack) de raciste, de nazie, et de fanatique et, cest là la partie la plus féminine, « les collègues perçus comme amicaux à mon égard étaient harcelés par leurs collègues ». Weiss a un jour demandé à une collègue de la rubrique Opinion du Times de prendre un café avec elle. Cette journaliste, une femme métisse qui écrivait fréquemment sur les questions raciales, a refusé de la rencontrer. Il sagissait là, évidemment, dun manquement aux normes élémentaires de professionnalisme. C’était aussi très féminin.

Les hommes ont tendance à mieux compartimenter que les femmes, et le « wokisme » était à bien des égards un échec à compartimenter de la société. Traditionnellement, un médecin pouvait avoir des opinions sur les questions politiques du moment, mais il considérait comme son devoir professionnel de laisser ces opinions en dehors de la salle dexamen. Maintenant que la médecine sest féminisée, les médecins portent des badges et des épinglettes exprimant leurs opinions sur des sujets controversés, tels que les droits des homosexuels à Gaza. Ils vont même jusqu’à mettre la crédibilité de leur profession au service de modes politiques, comme lorsque des médecins ont déclaré que les manifestations Black Lives Matter pouvaient se poursuivre en violation des mesures de confinement liées au Covid, car le racisme constituait une urgence de santé publique.

Un livre qui ma aidé à assembler les pièces du puzzle est Warriors and Worriers: The Survival of the Sexes,du Professeur de psychologie Joyce Benenson. Elle émet lhypothèse que les hommes ont développé des dynamiques de groupe optimisées pour la guerre, tandis que les femmes ont développé des dynamiques de groupe optimisées pour protéger leur progéniture. Ces habitudes, forgées dans la nuit des temps, expliquent pourquoi les chercheurs dun laboratoire de psychologie moderne, dans une étude citée par Benenson, ont observé quun groupe dhommes à qui lon confiait une tâche « se disputaient la parole, exprimaient bruyamment leur désaccord », puis « communiquaient joyeusement une solution à lexpérimentateur ». Un groupe de femmes à qui lon confie la même tâche « sinformera poliment des antécédents personnels et des relations de chacune… en saccompagnant de nombreux contacts visuels, de sourires et dun tour de parole », et accordera « peu dattention à la tâche que lexpérimentateur a présentée ».

Le but de la guerre est de régler les différends entre deux tribus, mais cela ne fonctionne que si la paix est rétablie une fois le différend réglé. Les hommes ont donc mis au point des méthodes pour se réconcilier avec leurs adversaires et apprendre à vivre en paix avec ceux contre qui ils se battaient la veille. Les femmes, même chez les primates, sont plus lentes à se réconcilier que les hommes. Cela sexplique par le fait que les conflits entre femmes se déroulaient traditionnellement au sein de la tribu autour de ressources rares, et devaient être résolus non pas par un conflit ouvert, mais par une compétition cachée avec des rivales, sans issue claire.

Toutes ces observations correspondaient à mes observations sur le « wokisme », mais bientôt, lexcitation joyeuse de découvrir une nouvelle théorie a fini par céder la place à un sentiment dangoisse. Si le « wokisme » est vraiment le résultat de la Grande Féminisation, alors lexplosion de folie de 2020 n’était quun petit avant-goût de ce que lavenir nous réserve. Imaginez ce qui se passera lorsque les hommes restants auront atteint l’âge de quitter ces professions qui façonnent la société et que les générations plus jeunes, plus féminisées, prendront pleinement le contrôle.

La menace que représente le « wokisme » peut être plus ou moins importante selon le secteur dactivité. Il est regrettable que les Facultés danglais soient désormais toutes féminisées, mais cela na pas dincidence sur la vie quotidienne de la plupart des gens. Dautres domaines sont plus importants. Vous n’êtes peut-être pas journaliste, mais vous vivez dans un pays où ce qui est écrit dans le New York Times détermine ce qui est publiquement accepté comme la vérité. Si le Times devient un lieu où le consensus au sein du groupe peut étouffer des faits impopulaires (plus encore quil ne le fait déjà), cela affecte chaque citoyen.

« L’État de droit ne survivra pas à une profession juridique devenue majoritairement féminine. »

Le domaine qui meffraie le plus est le droit. Nous dépendons tous dun système juridique qui fonctionne, et, pour parler franchement, l’État de droit ne survivra pas si la profession juridique devient majoritairement féminine. L’État de droit ne consiste pas seulement à mettre des règles par écrit. Cela signifie les respecter même lorsquelles aboutissent à un résultat qui vous touche au cœur ou qui va à lencontre de votre intuition en ce qui concerne, selon vous, la partie la plus sympathique.

Un système juridique « féminisé » pourrait s’apparenter aux tribunaux chargés d’examiner les affaires d’agressions sexuelles sur les campus universitaires, créés en 2011 sous la présidence d’Obama. Ces procédures étaient régies par des règles écrites et, techniquement, on pouvait donc dire quelles fonctionnaient dans le respect de l’État de droit. Mais elles ne disposaient pas de nombreuses garanties que notre système juridique considère comme sacrées, telles que le droit de confronter son accusateur, le droit de savoir de quel crime on est accusé, et le principe fondamental selon lequel la culpabilité doit dépendre de circonstances objectives connues des deux parties, et non de la façon dont une partie perçoit un acte rétrospectivement. Ces protections ont été abolies parce que les personnes qui ont établi ces règles sympathisaient avec les accusateurs, qui étaient pour la plupart des femmes, et non avec les accusés, qui étaient pour la plupart des hommes.

Ces deux approches du droit se sont vivement affrontées lors des audiences de confirmation de Brett Kavanaugh. La position masculine était que, si Christine Blasey Ford ne peut fournir aucune preuve concrète quelle et Kavanaugh se sont jamais trouvés ensemble dans la même pièce, ses accusations de viol ne peuvent pas être autorisées à ruiner sa vie. La position féminine était que sa réaction émotionnelle évidente constituait en soi une forme de crédibilité que la commission sénatoriale devait respecter.

Si la profession juridique devient majoritairement féminine, je mattends à voir se généraliser lesprit qui a présidé aux tribunaux du Titre IX et aux audiences de Kavanaugh. Les juges contourneront les règles pour les groupes favorisés et les appliqueront rigoureusement aux groupes défavorisés, comme cest déjà le cas dans une mesure inquiétante. On pouvait croire, en 1970, que larrivée massive des femmes dans la profession juridique naurait quun effet mineur. Cette croyance nest plus tenable. Les changements seront massifs.

Curieusement, les deux bords du spectre politique saccordent sur la nature de ces changements. Le seul désaccord porte sur la question de savoir sils seront une bonne chose ou une mauvaise chose. Dahlia Lithwick ouvre son livre Lady Justice: Women, the Law, and the Battle to Save America par une scène à la Cour suprême en 2016, lors des plaidoiries sur une loi texane relative à lavortement. Les trois juges femmes, Ginsburg, Sotomayor et Kagan, « ont ignoré les limites de temps officielles, parlant avec exubérance par-dessus leurs collègues masculins ». Lithwick a salué cela comme « une explosion de « girl power » judiciaire refoulé » qui « a permis à lAmérique dentrevoir ce quune véritable parité entre les sexes, ou une quasi-parité, aurait pu signifier pour les futures femmes au sein des puissantes institutions juridiques américaines ».

Lithwick salue lattitude irrévérencieuse des femmes face aux formalités de la loi, qui, après tout, trouvent leur origine dans une époque doppression et de suprématie blanche. « Le système juridique américain était fondamentalement une machine conçue pour privilégier les hommes blancs propriétaires », écrit Lithwick. « Mais cest le seul système en place, et on fait avec ce quon a. » On peut sattendre à ce que ceux qui considèrent la loi comme une relique patriarcale la traitent de manière instrumentale. Si cette philosophie venait à prévaloir dans lensemble de notre système juridique, alors les apparences resteraient les mêmes, mais une révolution aurait eu lieu.

La Grande Féminisation est véritablement sans précédent. Dautres civilisations ont accordé le droit de vote aux femmes, leur ont octroyé des droits de propriété ou les ont laissées hériter des trônes dempires. Aucune civilisation dans lhistoire de lhumanité na jamais tenté de laisser les femmes contrôler autant dinstitutions vitales de notre société, des partis politiques aux universités en passant par nos plus grandes entreprises. Même là où les femmes noccupent pas les postes les plus élevés, elles donnent le ton au sein de ces organisations, à tel point quun PDG masculin doit opérer dans les limites fixées par sa vice-présidente des ressources humaines. Nous supposons que ces institutions continueront de fonctionner dans ces circonstances tout à fait nouvelles. Mais sur quoi repose cette hypothèse ?

Le problème nest pas que les femmes aient moins de talent que les hommes, ni même que les modes dinteraction féminins soient inférieurs dun point de vue objectif. Le problème est que les modes dinteraction féminins ne sont pas bien adaptés à la réalisation des objectifs de nombreuses institutions majeures. On peut avoir un milieu universitaire à majorité féminine, mais il sera (comme le sont déjà les départements à majorité féminine dans les universités daujourdhui) orienté vers dautres objectifs que le débat ouvert et la quête sans entraves de la vérité. Et si votre milieu universitaire ne recherche pas la vérité, à quoi sert-il ? Si vos journalistes ne sont pas des individualistes rebelles qui nont pas peur de saliéner les gens, à quoi servent-ils ? Si une entreprise perd son esprit daventure et devient une bureaucratie féminisée et repliée sur elle-même, ne va-t-elle pas stagner ?

Si la Grande Féminisation représente une menace pour la civilisation, la question est de savoir si nous pouvons y faire quelque chose. La réponse dépend de la raison pour laquelle vous pensez quelle sest produite en premier lieu. Beaucoup de gens pensent que la Grande Féminisation est un phénomène naturel. Les femmes ont enfin eu la chance de rivaliser avec les hommes, et il sest avéré quelles étaient tout simplement meilleures. Cest pourquoi il y a tant de femmes dans nos salles de rédaction, à la tête de nos partis politiques et à la direction de nos entreprises.

Ross Douthat a décrit ce raisonnement lors dune interview accordée cette année à Jonathan Keeperman, alias « L0m3z », un éditeur de droite qui a contribué à populariser le terme « the longhouse » (la maison communautaire) comme métaphore de la féminisation. « Les hommes se plaignent que les femmes les oppriment. La maison communautaire nest-elle pas simplement une longue complainte masculine face à leur incapacité à rivaliser comme il se doit ? » a demandé Douthat.« Peut-être devriez-vous prendre votre mal en patience et vous mesurer réellement sur le terrain qui est le nôtre dans lAmérique du XXIe siècle ? »

Cest ce que les féministes pensent quil sest passé, mais elles ont tort. La féminisation nest pas le résultat naturel dune surperformance des femmes par rapport aux hommes. Cest le résultat artificiel dune ingénierie sociale, et si nous retirons notre main de la balance, elle seffondrera en lespace dune génération.

La main la plus évidente sur la balance est la loi anti-discrimination. Il est illégal demployer trop peu de femmes dans votre entreprise. Si les femmes sont sous-représentées, en particulier dans vos postes de direction, cest un procès en perspective. En conséquence, les employeurs donnent aux femmes des emplois et des promotions quelles nauraient pas obtenus autrement, simplement pour maintenir leur proportion.

Il est logique quils agissent ainsi, car les conséquences dun manquement peuvent être désastreuses. Texaco, Goldman Sachs, Novartis et Coca-Cola font partie des entreprises qui ont versé des indemnités de plusieurs centaines de millions de dollars à la suite de poursuites judiciaires alléguant des préjugés à lencontre des femmes en matière de recrutement et de promotion. Aucun dirigeant ne souhaite être celui qui aura coûté 200 millions de dollars à son entreprise dans le cadre dun procès pour discrimination sexuelle.

« La législation anti-discrimination exige que chaque lieu de travail soit féminisé. »

Une affaire historique de 1991 a conclu que les affiches de pin-up accrochées aux murs dun chantier naval constituaient un environnement hostile pour les femmes, et ce principe sest élargi pour englober de nombreuses formes de comportement masculin. Des dizaines dentreprises de la Silicon Valley ont fait lobjet de poursuites judiciaires pour « culture de fraternité » ou « culture toxique de la fraternité », et un cabinet davocats spécialisé dans ce type daffaires se vante davoir obtenu des règlements allant de 450’000 à 8 millions de dollars.

Les femmes peuvent poursuivre leurs patrons en justice pour avoir créé un environnement de travail qui ressemble à une fraternité, mais les hommes ne peuvent pas faire de même lorsque leur lieu de travail s’apparente à une école maternelle Montessori. Naturellement, les employeurs préfèrent opter pour un environnement de travail plus « doux ». Ainsi, si les femmes s’épanouissent davantage dans le monde du travail moderne, est-ce vraiment parce qu’elles surpassent les hommes ? Ou est-ce parce que les règles ont été modifiées en leur faveur ?

On peut tirer de nombreuses conclusions de la façon dont la féminisation tend à saccentuer au fil du temps. Une fois que les institutions atteignent une répartition 50-50, elles ont tendance à dépasser la parité entre les sexes et à devenir de plus en plus féminines. Depuis 2016, les facultés de droit ont vu leur proportion de femmes augmenter légèrement chaque année ; en 2024, elles comptaient 56 % de femmes. La psychologie, autrefois un domaine à prédominance masculine, est désormais majoritairement féminine, 75 % des doctorats en psychologie étant décernés à des femmes. Les institutions semblent avoir un point de basculement, au-delà duquel elles deviennent de plus en plus féminisées.

Cela ne ressemble pas à des femmes surpassant les hommes. Cela ressemble plutôt à des femmes qui chassent les hommes en imposant des normes féminines à des institutions autrefois masculines. Quel homme voudrait travailler dans un domaine où ses traits de caractère ne sont pas les bienvenus ? Quel étudiant diplômé qui se respecte poursuivrait une carrière dans le milieu universitaire alors que ses pairs lostraciseront pour avoir exprimé ses désaccords trop sans détour ou défendu une opinion controversée ?

En septembre, jai prononcé un discours lors de la conférence sur le conservatisme national dans le même esprit que lessai ci-dessus. Jappréhendais de présenter la thèse de la Grande Féminisation dans un forum aussi public. Il est encore controversé, même dans les cercles conservateurs, de dire quil y a trop de femmes dans un domaine donné ou que les femmes, en grand nombre, peuvent transformer les institutions au point de les rendre méconnaissables, de manière à ce quelles cessent de bien fonctionner. Je me suis assuré dexprimer mon argumentation de la manière la plus neutre possible. À ma grande surprise, la réaction a été extraordinaire. En quelques semaines, la vidéo du discours avait été visionnée plus de 100’000 fois sur YouTube et était devenue lun des discours les plus visionnés de lhistoire de la Conférence sur le Conservatisme National.

Il est bon que les gens soient réceptifs à cet argument, car la fenêtre dopportunité qui nous permet dagir face à la Grande Féminisation est en train de se refermer. Il existe des indicateurs avancés et des indicateurs retardés de la féminisation, et nous nous trouvons actuellement à un stade intermédiaire où les Facultés de droit sont majoritairement féminines, mais où la Magistrature fédérale reste majoritairement masculine. Dans quelques décennies, le glissement démographique aura atteint son aboutissement naturel. Beaucoup pensent que le « wokisme » est révolu, balayé par le changement dambiance, mais si le « wokisme » est le résultat de la féminisation démographique, alors il ne disparaîtra jamais tant que la démographie restera inchangée.

En tant que femme moi-même, je suis reconnaissante des opportunités que jai eues de poursuivre une carrière dans l’écriture et l’édition. Heureusement, je ne pense pas que résoudre le problème de la féminisation exige de fermer des portes aux femmes. Nous devons simplement rétablir des règles équitables. À lheure actuelle, nous avons un système prétendument méritocratique dans lequel il est illégal que les femmes perdent. Rendons le recrutement méritocratique dans les faits et pas seulement en apparence, et nous verrons comment cela se passe. Rendons à nouveau légale une culture dentreprise masculine. Supprimons le droit de veto de la responsable des ressources humaines. Je pense que les gens seront surpris de découvrir à quel point notre féminisation actuelle est attribuable à des changements institutionnels tels que lavènement des ressources humaines, qui ont été provoqués par des changements juridiques et que ces mêmes changements juridiques peuvent inverser.

Car, après tout, je ne suis pas seulement une femme. Je suis aussi quelquun qui a beaucoup dopinions controversées, et qui aura du mal à s’épanouir si la société devient plus réfractaire aux conflits et axée sur le consensus. Je suis mère de garçons, qui ne pourront jamais réaliser leur plein potentiel sils doivent grandir dans un monde féminisé. Je dépends, nous dépendons tous, dinstitutions telles que le système juridique, la recherche scientifique et la politique démocratique qui soutiennent le mode de vie américain, et nous souffrirons tous si elles cessent daccomplir les tâches pour lesquelles elles ont été conçues.

Helen Andrews est lauteure de Boomers : The Men and Women Who Promised Freedom and Delivered Disaster.

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3 Commentaires

  1. Le Dr schwander se couvre de ridicule. A ce stade il faut consulter un confrère psychiatre.
    A propos, il est docteur en médecine, ou il a un doctorat de yo-yo obtenu à Paris 15???

  2. sois belle et tais toi.(je plaisante)quoique,faisant parti des anciens,honnetement ça nous arrangeait bien…Monsieur,je ne sais pas si vous lisez les commentaires,mais dans l’expérience de Milgram,est ce que des femmes ont participée a celle ci.Comment expliquer que certaines femmes(groupies),soit complètement hystériques devant des vedettes ou des acteurs,alors que les hommes sont plus discrets (et un bon point un).Il est vrai que jeunes nous étions tous amoureux de vedettes,mais nous étions raisonnables nous mesdames(et encore un bon point,je taquine,et je plaisante).Quoique

  3. Sans vouloir vous vexer, cela devient une véritable obsession de dénigrer les femmes! Sans elles vous ne seriez pas à même d’écrire aujourd’hui, alors arrêtons un peu ces études à la con qui opposent les deux sexes en se jettant les assiettes à la figure. Bonne journée