Nabatiyeh dans le sud-LibanCrédits photos : Ines Gil .
Pendant que Washington pousse le Liban vers la souveraineté et le monopole des armes par l’État, la diplomatie de Macron apparaît plus que jamais marginalisée après des années de complaisance envers le Hezbollah et les mollahs iraniens.
Conférences internationales, visites à Beyrouth, envoyés spéciaux, gesticulation et grands discours sur l’amitié franco-libanaise, promesses de reconstruction et appels au « dialogue » : la diplomatie française (Védrine) n’a cessé de se présenter comme incontournable au Liban.
Résultat : Le Hezbollah est resté armé. L’influence iranienne s’est renforcée. Le Liban s’est effondré économiquement, politiquement et institutionnellement. Et surtout, la France a progressivement perdu son rôle historique au Proche-Orient.
Aujourd’hui, ce sont les États-Unis qui ouvrent des discussions directes entre Israël et le Liban. Washington prolonge le cessez-le-feu, organise des discussions sécuritaires au Pentagone et pousse vers un principe fondamental que Paris aurait dû défendre depuis longtemps : Le monopole des armes par l’État libanais. Autrement dit : la souveraineté réelle du Liban.
Car le vrai problème du Liban n’a jamais été uniquement économique ou institutionnel. Le cœur du problème était simple : aucun État ne peut survivre durablement lorsqu’une milice armée, financée et dirigée par une puissance étrangère, devient plus forte que l’État lui-même. C’est pourtant cette réalité que Macron a constamment refusé d’affronter.
Au nom de la « stabilité », la diplomatie française a préféré ménager le Hezbollah en distinguant la pseudo branche politique, représentée au parlement, de celle de la milice terroriste, préserver les équilibres avec les mollahs iraniens et maintenir l’illusion d’un compromis permanent avec ceux qui empêchaient justement le Liban de redevenir un État souverain.
Le plus frappant aujourd’hui est que même une partie importante de la classe politique libanaise — sunnite, chrétienne et druze — commence désormais à soutenir ouvertement cette logique d’État souverain et de désarmement progressif des milices.
Le message devient clair : le Liban ne veut plus être un champ de bataille pour les guerres des autres. Et pendant que Washington tente de construire un nouveau cadre régional, la France apparaît marginalisée, impuissante et discréditée. Le plus tragique est que la France avait pourtant tous les atouts historiques pour jouer ce rôle : son influence culturelle, son histoire avec le Liban, sa proximité avec une partie des élites libanaises, et sa capacité théorique à servir de pont régional… Mais Macron a bradé cet héritage.
À force de vouloir préserver le Hezbollah et ménager les mollahs, il a fini par utiliser sa propre rhétorique tout en perdant progressivement la confiance d’une grande partie des Libanais eux-mêmes.
Pendant neuf ans, la France a parlé… L’Iran avançait… Le Hezbollah consolidait son pouvoir… et Le Liban sombrait.
Échec et mat ! Aujourd’hui, d’autres prennent enfin l’initiative. Et cela constitue probablement le plus grand aveu d’échec de la diplomatie française au Liban depuis des décennies et la décapilotade totale pour Macron.
Faraj Alexandre Rifai
Pcc Juvénal de Lyon
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